Japon et Fermine ne riment pas, dommage?
C'est sans aucun préjugé, ni idées préconçues que je me suis jeté dans ce livre, que nous devions lire en lecture cursive. Ces haïkus si intenses et pourtant si courts, cette culture japonaise, ces paysages admirables, la pudeur de ce peuple, non, vraiment cet orientalisme me fascine. Mais je peux lui dire malheureusement adieu avec Maxence Fermine!
On peut selon certains parler de prose poétique, amour, beauté, idylle, artiste tout y est, sinon le fond! L'originalité est pour le moins discutable, j'ai vu en parallèle , chez Soseki, le peintre de la nouvelle de M. Yourcenar "Comment Wang-Fô fut sauvé" mais en plus fade.
L'histoire de notre cher Yuko apparait posée sommairement dans un pays, qui n'est ici cité que pour ses monts enneigés et la poésie que lui-même renvoie. Je ne trouve pas cette adéquation, entre le personnage principal et son milieu d'évolution ; cela fait donc de cette narration, une narration égarée.
Et j'accuse également l'auteur d'employer ce style blanc, certainement volontaire, dont la simplicité pourrait l'élever au rang de pureté si ce n'est que cette simplicité s'enfonce peu à peu, dans une lourdeur ennuyante et pesante et dans une originalité outrageuse, outrageuse, oui, car ce style blanc n'a vraiment rien d'original!
Le pauvre Yuko, s'il n'est que très jeune, subit à son gré la superficialité que lui insuffle le romancier. Les réactions d'un artiste, d'un "poète" sont prévisibles et parfois abusives. Neige berce à la fois dans l'exagération, trompe son lecteur, et de la poésie il n'en connaît que les vices, ceux de n'avoir parfois malheureusement aucun contenu. Oui Neige porte bien son nom, il fond quand la lecture est achevée et laisse en nous la désagréable impression d'avoir été floué et nous sommes trempés de colère.