Je commence assez bien à cerner le style de Françoise Bourdin. Pourtant, ce n'est que mon deuxième livre. La question, c'est de savoir si c'est justement une qualité ou un défaut.
Nom de jeune fille propose des personnages bien campés qu'on adore ou déteste dès la première page. Au risque de les voir un peu simplistes. Les hommes sont cyniques et volages. Les femmes, douces et fragiles. Les mamans, affectueuses et dévouées. Alors que dans la vie de tous les jours, tout n'est pas si binaire.
Là où la romancière, trop rare par ailleurs dans les médias, excelle également, c'est dans la description de son environnement. Rouen, enfin ses restaurants surtout, n'auront plus de secrets pour le lecteur. A la fin, elle nous fait découvrir une Bretagne battue par les vents, la pluie, bien inhospitalière.
La lecture reste agréable car elle sait nous retenir jusqu'au bout. Comme elle a écrit pour la télé, elle en connaît les codes sans doute. Cela dit, j'aimerais bien la voir aborder d'autres registres que le domaine sentimental. Comme ça pour voir.
En bonus, on a un bon aperçu de l'ambiance dans les hôpitaux aujourd'hui : conflits entre médecins, rivalités, histoires de cœur. On y parle pas que de la santé des malades ou de la baisse des budgets. Est-ce le fruit de son imagination ou du personnel qu'elle a dû interroger pour préparer son livre ? Je ne saurais le dire. Je n'ai pas compris non plus pourquoi les docteurs fumaient tous. Pour des cardiologues, c'est un peu bizarre non ?