Mémoire d'un lâche façon puzzle.
Trouvé par hasard en occas chez un petit libraire de Clermont, ce livre ne doit mon achat qu'à sa couverture très 70's et son prix.
Sous couvert d'un thème assez bateau mais a priori déjà bien vendeur à l'époque, à savoir une invasion africaine sur les cotes anglaises, Christopher Priest nous dépeint le parcours de survie d'un homme banal à travers une Angleterre ravagée par une guerre civile.
Mais ici, pas de grand héros au cœur pur ni de bataille épique au dénouement heureux, juste l'égoïsme et la peur d'un personnage principal ni bon, ni mauvais, juste bêtement humain et lâche comme on le serait probablement tous en pareil cas. Et c'est là, la principale force du roman, une histoire banale sur la pauvreté d'âme d'un mec tout aussi banal exposé à des situations qui le submergent totalement et le forceront à prendre des décisions amorales les rares fois ou il ne sera pas simple spectateur de sa propre vie.
En ce qui concerne la structure de l'histoire, chaque chapitre concerne une période différente de la vie du héros, mais rien ou presque ne nous permet de nous situer dans le temps et dans le reste des actions. On ouvre alors le roman comme une boite de puzzle, en passant d'une pièce à l'autre sans réel lien entre elles, et on voit petit à petit l'image prendre forme. C'est assez déroutant, surtout au début mais cette structure apporte réellement quelque chose a l'œuvre (qui serait surement bien fade sans ce stratagème).
Loin d'être un chez d'œuvre, le rat blanc est tout de même un bon bouquin récréatif qui change des éternels héros pleins de bonne volonté, par contre pour le pamphlet anti-racisme ou le docu-fiction sur une guerre civile au pays de la gelée on repassera.