Dans les remerciements, à la fin bouquin, l'auteur indique qu'on lui a forcé la main pour lui donner envie d'écrire, qu'il avait envie d'arrêter à mi-parcours. Ben, il a bien fait d'écouter son entourage.
Octobre, c'est un duo de policiers ne s'appréciant guère au départ. Thulin est une mère célibataire ayant son caractère. Hess est un flic envoyé par Interpol. On sait qu'il a un lourd passé derrière lui qui sera expliqué vers la fin. Sveistrup tente, dans un premier temps, de nous le faire passer pour un incompétent. Les incompétents seraient plutôt leurs supérieurs plus attachés à défendre l'image de la police.
Sans vouloir les défendre, c'est un sacré sac de nœuds que Thulin et Hess vont devoir démêler. Un tueur qui mutile ses victimes, toutes des mères de famille ayant eu maille à partir avec les services sociaux. Derrière lui, il laissera systématiquement un bonhomme fabriqué avec des marrons. Tout l'enjeu sera de deviner s'il y a un lien entre les victimes et pourquoi un bonhomme de marrons.
A travers ce tueur, Sveistrup analyse les dysfonctionnements de la société danoise : viols d'enfants, mères indignes, misère sociale, faillite des services sociaux, fonctionnaires (police, mairie) plus intéressés par une éventuelle promotion que par faire ce pour quoi ils sont payés, banlieues délabrées. Tout ça sur près de sept cents pages sans jamais perdre en efficacité. Apparemment, il vient de la télé. Ça se voit.
Maintenant, il faut qu'il continue. Il ne peut pas laisser Hess et Thulin chacun de leur côté retrouver leur vie d'avant. Au boulot. Il y a sûrement encore plein de psychopathes danois à mettre sous les verrous.