Cela pourrait être Détour d'Ulmer. A ceci près que le personnage de ce roman n'est pas exempt de tout reproche, loin s'en faut. Mais quand même, faut avouer qu'il n'a pas de bol. Quant à savoir si on va le regretter pour lui...
Notre anti-héros assez minable se confesse alors qu'il est condamné à mort, dans sa cellule de la prison de St-Quentin. Son histoire est alambiquée, et d'ailleurs le jury l'a condamné sans la moindre hésitation.
Dans la mouvance du noir de cette époque, On ne me croira pas est un récit comme hollywood les affectionnait à l'époque. Il y a d'ailleurs un film (They won't believe me, 1947), manifestement dans la foulée du roman, à moins que celui-ci ne soit une novellisation du scénario (peu probable, Gordon McDonell n'étant pas crédité au scénario).
Dans l'ensemble l'écriture de Gordon McDonell est sans fioriture. C'est un récit à la première personne, délivré par le prévenu pour tenter de convaincre de son innocence. Pas de style ampoulé, prévient-il, il n'a pas le temps. C'est bien pratique. Mais de toute façon, ce genre de récit n'est jamais autant réussi que lorsqu'il est dépouillé.
Ajoutons à l'efficacité de l'écriture un scénario bien ficelé, et on se retrouve avec un roman bien plaisant. Ce fut l'un des derniers de la très éphémère série blême de chez gallimard, dont le niveau en terme de qualité est assez haut.