Yann Moix aime Yann Moix, c'est indéniable.
Rappelons pour poser le personnage qu'il a été "répéré" par BHL (ce qui n'est pas un bon signal) à une époque où il maniait plus le pinceau que la plume, se fendant de quelques caricature exemptes de talent, mais pas de message politiques douteux. Rappelons également que ses prix littéraires, dont il est si fier et dont le reste du monde se fout éperdument, sont le fait de son appartenance à l'écurie Grasset et non à ses qualité propres.
Alors, son écriture a ses qualités: le breton a un style un peu poussiéreux, un préciosité vaine qui tient plus du costard usé qu'un RH de la Défense arbore dans la ligne une du métro afin de prouver à la face du monde que lui, est important quand bien même il reste un petit chef passant sa frustration sur ses subordonnés que du génie individuel. Mais, pour le reste, l'intégralité de l’Oeuvre est médiocre; Moix n'existe en tant qu'auteur que pour vomir sur le monde qui l'entoure, et accessoirement sur lui même, nous offrant le spectacle pathétique d'un égocentrique sans pudeur qui avoue constamment à quel point il se déteste parce qu'il ne peut pas baiser.
Il suffit de le voir écumer les plateau télé: cet homme s'aime trop et surtout aime trop déprécier l'autre. Moix n'est pas ici de par sa brillance, mais pour envoyer des tacles glissés, dans un style qui le place légèrement au dessus du PAF, ce qui ne signifie pas grand chose au regard du niveau des opposants.
Avec Orléans, et les 3 tomes suivants le bouquin dont il est question, Moix peut enfin assouvir son fantasme le plus profond: parler de lui, sans filtres, sans procédés littéraires lui imposant de se distancier de son sujet favori, à savoir lui, Yann Moix, sa vie son œuvre, ses frustrations personnelles et finalement s réussite dans le monde pourri de Saint Germain les Prés. Comme tout mauvais écrivain, Moix pense que les on en quelque chose à foutre de sa vie présentée de la manière la plus brute qui soit parce que lui est important, lui a des choses à dire. Non Yann, les gens t'écoutent soit par conformisme, soit plus basiquement pour se foutre de ta sale gueule.
Orléans est le plus minable de ces ouvrages, car il parle d'une période bien précise de la vie de l'auteur: son enfance.
C'est assez fascinant parce que cet amas désordonné de papier aurait pu être le compte rendu de la longue thérapie que Moix aurait manifestement du faire: il n'est question que de la (supposée) cruauté dont sa famille dans son entièreté aurait fait preuve envers lui. Supposée, car il parait que Moix, même dans sa version primaire était déjà un très vilain personnage.
C'est pathétique; nous avons donc un homme d'une cinquantaine d'année venant régler ses comptes comme s'il n'avait pas pu dépasser un supposé traumatisme qui date de 40 ans. Et là, on est pas sur l'élégance intime de Kafka dans les Lettres au Père, ou le picaresque d'un Gary de la Promesse de l'Aube, ou de la poésir desperée d'un Murakami dans Bleu Presque Transparnt pour citer de véritables immenses écrivain. Non, Moix, en médiocre qu'il est, n'écrit que pour détruire ses fantômes, sans le moindre recul, sans la moindre ironie, la moindre poésie ni finalement la moindre sensibilité. Tout pour ton Ego, et dieu sait, Yann, que le tien est vaste.
Je me demande juste qui est le genre d'individu pouvant sincèrement apprécier les différents comptes rendus de séances lacanienne que nous propose Moix depuis son premier essai.....