C'est toujours un régal de lire une nouvelle pièce de Shakespeare tant l'écriture du dramaturge se révèle à chaque fois d'une richesse et d'une profusion de vocabulaire inégalable. Chaque tournure de phrase, chaque réplique délecte le lecteur par la fluidité de son rythme et de sa constitution.
C'est encore le cas avec Othello, drame en cinq actes, dont le thème principal est la jalousie, "monstre aux yeux verts" dompté et manipulé par le perfide Iago, l'enseigne d'Othello. Certes on pourra s'étonner voir se moquer un tant soit peu de la crédibilité, de la naïveté et surtout de l'aveuglement de bon nombre des personnages tombant dans les pièges du conseiller ; malgré tout l'ensemble reste efficace et cela ne détruit pas pour autant une intrigue qui se tient bien.
Othello n'atteint sans doute pas la qualité d'un Hamlet ou d'un Mac Beth mais reste pour autant une pièce de théâtre très réussie qui aborde d'autres thèmes que la jalousie, comme les rapports homme/femme au sein de couples en possession d'un certain pouvoir (Othello/Desdémone mais aussi Iago/Emilia), les jugements quant à la couleur de peau (Brabantio vis à vis d'Othello notamment) et les intrigues au sein d'une cour.
C'est écrit divinement, c'est fluide et ce n'est nullement dépassé en terme de thématiques et de sujets abordés. Aucune raison d'hésiter à se plonger à nouveau dans l'univers Shakespearien, un monde où beaucoup de gens meurent, manipulent et déblatèrent magnifiquement dans un tourbillon de quiproquo et de fatalité funeste.