Il n'y a pas de victoire dans une guerre. Il n'y a que des enfances amputées.
Petit Pays n'est pas un livre sur la guerre. C'est un livre sur ce que la guerre dérobe. Et ce qu'elle dérobe en premier, ce sont toujours les enfances. Gaël Faye ne cherche jamais à nous écraser sous l'horreur. Mais sa belle plume n'en rend pas moins les choses plus cruelles : il nous laisse regarder un paradis se fendre lentement, nous, lecteurs, à travers les yeux de l'innocence. J'aime énormément sa façon d'écrire. Il y a quelque chose de très doux dans sa langue, presque musical, qui rend en fait l'effondrement encore plus insupportable.
J'y ai appris beaucoup des trucs sur l'histoire du Rwanda et du Burundi, mais surtout sur la façon dont une idéologie finit toujours par contaminer les repas de famille, les cours d'école, les amitiés et jusqu'au regard que l'on porte sur son voisin. Les livres d'histoire racontent les guerres. Les romans, eux, racontent ce qu'elles font aux êtres humains.
Hâte, à présent, de lire Jacaranda, dont le début m'a totalement happée, au même titre que celui-ci.