Un livre volontairement tortueux, ce qui est à la fois selon moi sa Force et sa Faiblesse.
Sa Force car le concept n'est pas fondamentalement original ni crédible et il doit tout miser sur l'ambiance et son narrateur. C'est fait avec application... Un peu trop d'application même et c'est sa plus grande Faiblesse. A mesure que le décalage s'installe entre le narrateur (qui ne sait pas) et la personne qui lit (qui a compris des choses), l'ennui prend de l'ampleur. Les salles X direction Machin avec statue Bidule ça va bien deux minutes. Par ailleurs, impossible de se représenter le Palais (les chiffres en toutes lettres c'est vraiment pénible ; j'ai personnellement tout de suite abandonné l'idée de me faire une carte mentale) et d'apprécier à la longue le caractère formel du narrateur. Sans compter que lire qu'un personnage est en train de lire et avoir systématiquement le contenu de sa lecture in-extenso... C'est pas passionant. Son avancée dans la compréhension de la situation se fait par à-coups un peu grossiers. Mais j'admets que le narrateur reste touchant à bien des égards, après tout c'est une victime qui se défend comme elle le peut, voire drôle quand il écrit des messages. Ce qui me gêne le plus cependant c'est qu'il nous manque tout un pan : comment l'imaginaire du narrateur s'est-il reconstruit ? Toute la période transitoire est passée sous silence. Tu me diras, ça permet d'éviter les questions qui fâchent comme pourquoi une partie du vocabulaire est restée et l'autre non.
Pour finir je ne sais pas si c'est dans le texte d'origine (j'ai lu en français) mais avoir les précisions de dialogue (genre "Il fronce les sourcils") dans le tiret c'est vraiment très perturbant et agaçant, ça coupe la lecture parce que le signal est vraiment pas clair.