Tout commence le 6 octobre 1973, jour de Kippour. Une enfant de sept ou huit ans regarde la télévision en famille. La guerre éclate entre Israël et ses voisins arabes. Confusion totale dans la tête de la petite : « Mais voyons, c’est impossible, les Arabes, c’est nous. » Cette phrase naïve et déchirante pourrait résumer à elle seule le livre : elle pose la question lancinante de l’appartenance quand on est juif d’origine libyenne et algérienne par le père, ashkénaze par la mère, et que l’Histoire vous a balloté de Tripoli à Oran puis à Paris.
Au cœur du récit, deux figures féminines magnifiques et parallèles :
Bouba, la grand-mère paternelle, juive arabe, analphabète, arrivée en France en 1962 ;
Oum Kalsoum la diva égyptienne, chanteuse et musicienne.
La ressemblance physique entre les deux femmes devient le fil rouge sensible du livre.
À partir de ses deux branches, paternelle et maternelle, qui composent son identité, Agnès Desartheentremêle les époques et les trajectoires. Elle partage l’exil, la perte et la transmission fragile d’une langue que l’on ne parle plus tout à fait.
Agnès Desarthe nous offre un récit délicat et profondément intime qui explore les liens invisibles qui relient les générations, les langues et les cultures.