Sauvage est à la fois un roman policier, un thriller, (un brin d'horreur ?) mais surtout une histoire de famille (dont on perd un peu la temporalité par moment) et évidemment une ode à la superbe région qu'est l'Alaska.
Sans vous mentir, j'ai eu dur de me mettre dans le livre, le style de narration à la première personne ainsi que les transitions abruptes entre les temporalités et les différents personnages discutant, rendent la lecture un peu éprouvante à certains moments.
Les 100 premières pages sont longues, parfois ennuyeuses, il ne se passe rien sinon que d'avoir le point de vue d'une sauvageonne sur sa vie, sa famille et ses habitudes extrêmement bizarres, qui en plus lui confèrent un don étrange, dérangeant, surnaturel, mais qui met surtout mal à l'aise.
Etre obligé de suivre toute l'histoire selon le point de vue de Tracy rend l'accroche aux personnages particulièrement dure, Tracy est intenable, puéril, sanguine (si je puis me permettre) et très difficilement aimable. En plus de ça, la description/vision qu'elle a de la plupart des autres personnages est à plus de 60% négatives, ce qui les rend tout aussi difficilement appréciable au fil du livre. Ils sont humains je sais, mais la vision de Tracy rend beaucoup de choses insupportables.
Les différents évènements marquants nous tombent dessus sans préavis, obligeant parfois à une courte pause afin de s'assurer qu'on a bien lu ce qu'on pense. De plus, les derniers 150 pages sont très rapides en termes de rythmes et d'évènements, on ne respire plus, mais surtout, on ne comprend pas tout ce qu'il se passe.
A la fin du livre, plusieurs mystères sont laissés en suspens, on comprend bien que c'est à nous d'interpréter et que Tracy n'a certainement pas l'intelligence pour comprendre ces mystères mais cela reste frustrant d'être laissé dans le vide comme ça.
Outre cette narration un peu compliqué à déchiffrer, le livre nous fait par contre ressentir l'Alaska, on ressent plus que tout le côté sauvage, immense et magnifique de cette région du monde, même si on redemanderait plus par moment pour oublier ce côté bizarre de Tracy.
Le côté des chiens me semble un peu mal exploité également, on ressent à peine pendant une dizaine de page l'amour pour les canidés, qui pourtant occupe 75% du paysage du livre. Dommage, je pense qu'ils auraient pu occuper une place bien plus grande dans ce vacarme de pensées.
En conclusion (et si vous ne l'aviez pas encore compris), Sauvage est un roman qui séduira les amateurs d’univers bruts et de territoires indomptés, mais risque de désarçonner ceux qui cherchent une narration limpide et des personnages attachants.