Il m'aura fallu près de trois mois pour achever la lecture de ce roman pourtant moins épais que les couches de neige qui forment son décor.
J'ai été très mal à l'aise avec le style narratif et notamment les dialogues. Il m'a été difficile d'identifier les locuteurs et j'ai trouvé la forme des échanges très lourde.
Tracy est une jeune femme de dix-sept ans, "musher" comme son père, c'est à dire qui court en chiens de traineau dans des compétitions en Alaska, où elle vit. Orpheline de mère, sa vie est rude et sauvage. Tracy passe beaucoup de temps en forêt, à camper ou à chasser. Une rencontre aux allures d'agression va un jour bouleverser son quotidien à jamais.
Je dois préciser que Tracy a une faculté peu commune : celle de s'immiscer dans les pensées et les souvenirs d'autrui, êtres humains ou animaux, lorsqu'elle boit leur sang. Ce côté "vampire" m'a profondément mise mal à l'aise, voire m'a complètement dégoûtée, or c'est l'axe majeur autour duquel pivote tout le roman. C'est sans doute pour cela que je n'ai pas apprécié ma lecture, au-delà des belles descriptions nature writing. Tracy m'a été antipathique de la première à la dernière ligne et ses actions ou ses choix m'ont interloquée la plupart du temps.
"Sauvage", comme son nom l'indique, est un récit brut, hostile, vorace et effrayant. Il a pour lui d'être très original, notamment par l'immersion qu'il propose dans le monde de la course en chiens de traineau mais ses accents de thriller amènent un mélange des genres qui m'a perdue.