Skagboys
8
Skagboys

livre de Irvine Welsh (2012)

Tenant place dans la facture sociale des grosses années Thatcher avec ses contestations syndicales, un chômage de masse alors tout nouveau et des coupes impitoyables à l'aide sociale, Skagboys se pose en préquelle de Trainspotting près de 20 ans après la publication de ce dernier.


Au delà de sa filiation directe avec le premier roman d'Irvine Welsh et contrairement à Porno, sa suite, Skagboys reprend cette narration découpée et ellipsée de différents moments de vie de multiples personnages pour un résultat qui fleur plus avec la suite de nouvelles à un fil rouge qu'à un roman classique.


Que les fans de la premières heure (c'est moi) se rassurent tout de suite, tout le monde est là.
Le très cher quatuor à flutes: Renton, Sick Boy, Spud, Begbie (les deux derniers tristement trop absent du roman) ainsi que les bons copains et la famille: Tommy, Allison, Billy, Second Prize et autres Nicksy et Forrester seront au rendez vous.


Bien plus tourné vers le mal de siècle que son grand frère, Skagboys souffre néanmoins de faiblesses palpables qui je n'en doute pas auront pu faire décrocher plus d'un lecteur, ses principales étant sa multiplication de personnages dont l'intérêt varie simplement beaucoup trop ainsi que la taille de son volume constitué de ni plus ni moins que de 900 pages et si l'idée de suivre les décantes fables noires tragicomiques de nos amis héroïnomaniaques à de quoi réjouir dans l'idée, sur le papier, la chose est toute autre.
Sans se mentir, Skagboys est simplement trop fourni et pas de la meilleure garniture.


Même si beaucoup de chapitres touchent aux moments de grâce/crasse qui font tout le charme d'Irvine Welsh entre sexualité glauque au possible, qui a vite fait remuer une sous-ventrière coupable, humour noir gorgée de vannes odieuses pas possibles, expressions biens écossaises qui donnent à elles seules un sel incontestable à l'ensemble et drame social viscéralement frontal et choc sans tombé dans le trashouille malgré l'affreux, tout y est.


Mais bien malheureusement tout n'y est pas égal ainsi, aussi bien en qualité qu'en compréhension un bon nombre de ses tranches de vie auraient pu se voir retirer ou écourtées et pour le mieux.
On s'ennuie parfois un peu dans Skagboys et tout y est un peu comme à l'image du Journal de réhab' en fin de de livre:
Un récit sur 45 jours qui si il part d'une bonne idée à tendance à trop s'étendre et se répéter pour finalement se révélé un peu fastidieux à lire.
Pourtant le charme opère toujours et l'écriture dans un langage très familier et personnel à chaque personnage souligné par quelques réflexions d'une rare justesse souvent dans la bêtises reste vraiment agréable mais on ressort de ce long pavé avec la douloureuse impression d'avoir lu une réédite de Trainspotting ou plutôt de ses chapitres perdus, le fait que la chronologie des récits ne soient séparés que par une poignée d'années ajoutant à cet effet.
On en apprend finalement peu de plus sur le fameux quatuor qui ne nous avait pas déjà été narré en 1995.


Pourtant loin d'être une lecture désagréable au premier degrés (très loin de ça, tout de même) Skagboys ne réussi pas à transformer l’essai Trainspotting et il est très difficile de le traiter en incontournable. Il est souvent drôle, percutant, tragique et pose un regard intéressant ainsi que très bien documenté sur les années Thatcher mais encore une fois Bigger is not always better et le résultat se trouve être irrémédiablement hypertrophié.


Une lecture que je ne recommande donc clairement pas à quelqu'un qui voudrait découvrir l’œuvre de l'écrivain mais qui pourra tout de même ravir ou tout du moins contenter les fans de Welsheries et ceux en manque d'une lecture du bonhomme au crâne chauve.

Korbensky
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 26 juin 2017

Critique lue 954 fois

Korbensky

Écrit par

Critique lue 954 fois

3

D'autres avis sur Skagboys

Skagboys

Skagboys

8

LouKnox

624 critiques

Critique de Skagboys par Lou Knox

Vous savez c'qu'est bandant quand vous tombez sur un bouquin qui vous fait prendre un putain d'pied ? J'veux dire, en plus de la branlette intellectuelle ? c'est c'qui gravite autour, les références...

le 1 juin 2020

Skagboys

Skagboys

7

trevorReznik

1033 critiques

Critique de Skagboys par trevorReznik

Alors que Porno, la suite, avait une véritable trame narrative (avec un début, un milieu et une fin), Skagboys, le préquel, reprend le même principe que Trainspotting, l’original : à savoir qu’on a...

le 7 févr. 2017

Skagboys

Skagboys

8

Gastonze

2 critiques

Plus qu'un préquel, un mythe fondateur d'une saga d'anthologie.

Un étudiant en philosophie qui décide d’arrêter ses études pour se mettre à la skag — comprenez : héroïne. Avec un synopsis pareil, comment ne pas, à la veille de ses partiels, s'engouffrer dans une...

le 2 mai 2026

Du même critique

The Birth of a Nation

The Birth of a Nation

7

Korbensky

11 critiques

The KKK Took my Baby Away

Attention, Attention cette critique contient des morceaux de spoil et sa sauce blanche tomates oignons et même si ce film ne contient pas de twist dont le dévoilement vous le gâche, ne venez pas vous...

le 5 janv. 2017

Lost at Sea

Lost at Sea

9

Korbensky

11 critiques

La Mélancholie de Raleigh.

Tout d'abord, il est honnête de préciser que je suis très fan de la production de Bryan O'Malley, que j'ai attaquée dans un ordre totalement dissident, en commençant par Scott Pilgrim, pour continuer...

le 2 sept. 2015

Hope

Hope

7

Korbensky

11 critiques

Péché de seconde partie

Ah, Hope, Hope, Hope... ça me fait pas plaisir de te le mettre ce sept, vraiment pas. Pourtant, j'ai senti que ça collait bien entre nous deux au début, tu m'as fait ressentir des choses Hoppy. Tu...

le 1 sept. 2016