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le 4 juil. 2025
SuivreLe terrible secret de l'histoire moderne du Moyen-Orient
Avant de rentrer dans le vif du sujet, qui n'est pas une mince affaire, vous pouvez, si vous souhaitez lire cet ouvrage, le télécharger ici en PDF en anglais:...
Serais-je tenté d'écrire au sortir de ce livre. Car si j'avais encore quelques doutes quant à la symbolique du voile avant d'entreprendre cette lecture, la plupart de mes doutes se sont depuis dissipés. Razika Adnani, en bonne intellectuelle et philosophe, sait, souvent avec la seule logique mais avec le concours du Coran, faire force de persuasion.
Un de mes rares reproches à cet ouvrage est que l'autrice se répète un peu trop à mon goût, et donne parfois l'impression de tourner en rond. Quant à savoir qui est cette dame, c'est par ici: https://www.razika-adnani.com/biographie/
Maintenant, je vais entrer dans le vif du sujet, et n'étant pas un spécialiste, allégrement citer de nombreux passages que j'estime pertinents. À vous de voir si vous souhaitez continuer ou tourner les talons. Maints concepts et précisions mériteraient leur place ici, je m'efforcerai donc de synthétiser le plus possible.
Posons les termes
Tout d'abord, l'autrice précise certaines choses, notamment que l'islamisme est un terme inconnu dans l'histoire de l'islam, très peu connu encore aujourd'hui dans le monde musulman, mais qui occupe la scène médiatique et intellectuelle en Occident. "Un islam qui n'est pas politique a cependant existé dans l'histoire de l'islam étant donné qu'il est devenu en même temps une politique en 622 alors que son avènement remonte à 610. Ainsi, pendant les douze premières années de son histoire, la religion musulmane avait une seule dimension celle de la spiritualité. L'islam n'était pas un islamisme, dans le sens qu'on donne à ce terme aujourd'hui, et ses adeptes, qui n'ont pas connu la seconde période, n'étaient pas des islamistes, mais seulement des musulmans." Elle nuance cependant ainsi: "Un musulman qui croit que la charia est une partie intégrante de l'islam sans la pratiquer se distingue assurément de celui qui y croit et veut également la pratiquer, qui se distingue à son tour de celui qui y croit et veut la pratiquer, mais qui veut aussi l'imposer aux autres et à l'Etat parfois en utilisant la violence. Les musulmans ne pratiquent pas tous la charia et quand ils la pratiquent, ils ne la pratiquent pas tous de la même manière et au même degré. Autrement dit, plus le musulman est dans l'application de la charia, plus son islamisme se radicalise."
Et précision importante: "Remplacer le terme islamisme par frérisme qui est une partie de l'islamisme, c'est limiter le problème de l'islam politique à un mouvement particulier, celui des Frères musulmans, alors que l'islamisme est beaucoup plus large. Cela pose problème dans le domaine de la lutte contre l'islamisme, car on ne peut pas lutter contre un problème en luttant uniquement contre une partie du problème."
Islamophobie
Un petit chapitre est dédié à ce terme aussi problématique, car encore une fois défini en Occident et sous-entendant "racisme envers une religion", donc contre des idées, alors que l'accusation d'islamophobie existe également dans les pays musulmans, bien que ce soit plutôt l'expression "la peur de l'islam" qui est privilégiée, visant une minorité de modernistes dans les sociétés musulmanes dominées par le conservatisme. "De ce fait, l'islamophobie comme concept qui désigne l'existence d'une hostilité de la majorité envers la minorité est contraire à la réalité. Dans les pays musulmans, c'est une minorité qui est accusée de haine de l'islam et d'hostilité à l'égard de la majorité. Cependant, ceux qui ont pensé le concept d'islamophobie se sont limités aux frontières de l'Occident et particulièrement de la France alors que la méthode scientifique oblige à explorer tous les éléments possibles pour une meilleure connaissance du phénomène étudié. Le rôle de la science n'est pas de confirmer les idées reçues ni mêmes les hypothèses, mais de s'en débarrasser pour les premières et de vérifier les secondes.
Le concept d'islamophobie est la preuve que la religion s'est introduite au sein de l'université non pas comme un fait social soumis à l'étude scientifique, mais pour soumettre la sociologie à ses exigences. Les sociologues qui veulent conceptualiser l'islamophobie pour qu'il soit reconnu comme une réalité scientifique pensent le faire dans l'intérêt de l'islam et des musulmans d'Occident, pour les défendre contre une injustice qui les guetterait. En réalité, ils n'ont fait que rallonger la liste des concepts et des théories que les fondamentalistes et les littéralistes musulmans ont mis en place, entre le VIIIème siècle et le Xème siècle, pour bloquer la pensée créatrice et rationnelle et l'empêcher de s'exprimer, ce qui a beaucoup nui à l'islam et aux musulmans. Parmi ces théories celle du Coran incréé, la théorie des salafs, la théorie du naql (ou littéralisme), la théorie du dévoilement chez les soufis et celle de l'imamat chez les chiites. Et parmi ces concepts, celui de "la religion est une question de cœur et non de raison" et celui de "toute innovation est un égarement". À l'époque médiévale, les musulmans qui ne se soumettaient pas aux règles et normes des religieux étaient accusés de Zandaqa et beaucoup y ont perdu leur vie. Le concept de l'islamophobie trouve donc sa place dans la pensée d'une grande partie des musulmans qui sont convaincus que l'islam ne peut pas être approché avec un regard critique.
Le concept de l'islamisme comme un islam politique qui n'a rien à voir avec l'islam rejoint celui de l'islamophobie dans son objectif et les conséquences qu'il engendre sur la pensée. Il empêche, plus précisément les musulmans, de porter un regard critique sur l'islam en l'exemptant de toute responsabilité quant aux problèmes qui se posent. L'islamisme n'est pas l'islam a conforté les musulmans dans la conviction que leur religion n'admettait aucune critique et que celui qui la critiquait n'avait aucune raison de le faire autre que la peur ou la haine de cette religion. Interdire l'esprit critique dans le domaine de l'islam n'est ni dans l'intérêt de l'islam ni dans celui des musulmans. Hier, cela a conduit à la défaite de la civilisation musulmane."
Puis: "l'idée que "l'islam n'est pas l'islamisme" est historiquement et théologiquement fausse. Son objectif est de conforter les musulmans, de les rassurer au sujet de leur religion et de ménager leur sensibilité. Elle place les problèmes qui se posent en dehors de l'islam et de son histoire et met l'islam à l'abri de toute critique. Elle constitue ainsi un obstacle à la prise de conscience des musulmans des problèmes que pose l'islam dans nos sociétés actuelles, prise de conscience pourtant indispensable à la concrétisation du travail nécessaire au sein de leur religion. Le paradoxe est que l'Occident veut que l'islam évolue pour s'adapter à sa culture et ses valeurs, mais, il répète aux musulmans que le problème n'est pas l'islam, mais seulement l'islamisme. Autrement dit, que l'islam ne pose aucun problème, il est bien comme il est et n'a pas à changer ni à évoluer. Dans tous les domaines, il ne peut y avoir de réforme ou de changement que lorsque les personnes concernées comprennent et réalisent qu'il y a un problème nécessitant une solution. Quand on pense qu'il n'y a pas de problème, on ne ressent aucune nécessité de changer ou d'évoluer."
L'origine du problème
Comme nous l'avons vu, l'islam en tant qu'islamisme, donc avec une portée politique et sociale, a commencé dès 622, soit à partir de Médine. "Tout comme l'islamisme remonte à la période de Médine, les privilèges accordés aux hommes remontent à cette période médinoise. Tous les versets concernant la relation entre les hommes et les femmes, et faisant de l'homme un être supérieur et de la femme un être subalterne, appartiennent à cette période. C'est sur eux que le discours religieux s'est toujours appuyé pour pérenniser les discriminations à l'égard des femmes. Cela ne concerne pas seulement les groupes islamistes fondamentalistes ni les États fanatiques comme c'est le cas de l'Iran et de l'Afghanistan. Dans la plupart des pays à majorité musulmane, les femmes sont soumises aux règles de la charia qui les discriminent. Dans les pays où l'islam se mêle de la politique et où la politique s'exerce au nom de l'islam, ce sont les États et la loi qui pratiquent les discriminations à l'égard des femmes, ce qu'ils légitiment par la religion alors que leur devoir, en tant qu’État, est d'être justes."
L'exemple de Khadija, première femme du prophète, est ainsi très éclairant. "La vie de Mohammed avec Khadija montre également que celui-ci était entretenu par sa femme jusqu'à la mort de Khadija en 619, ce qui est une preuve que les hommes n'étaient pas toujours ceux qui disposaient de l'argent et qui le dépensaient pour entretenir les femmes comme on le lit dans le verset 34 de la sourate 4, Les Femmes, qui appartient à la période de Médine, et comme l'expliquent les commentateurs tels que le Tunisien Tahar Ben Achour (1879-1973). Pour lui, le fait que ce soient les hommes qui dépensent leur argent pour entretenir les femmes est une chose qui a toujours existé dans les sociétés humaines.
Khadija était-elle la seule femme dans cette situation ? Non, l'histoire de l'Arabie de l'époque de la révélation évoque d'autres femmes puissantes telles que Arwa bint Harb, épouse d'Abd al-'Uzza ibn Abd al-Muttalib surnommé Abou Lahab, et Hind Bint Utba, épouse d'Abou Sofiane, qui était une grande femme de pouvoir qu'elle exerçait aux côtés de son mari. Des fragments de la vie de ces femmes en Arabie à l'avènement de l'islam montrent que celles-ci jouissaient d'un statut social important et qu'elles n'étaient pas effacées socialement ni politiquement, comme l'affirment les musulmans. [...]
Selon l'historienne française Françoise Micheau, l'histoire de la société arabe préislamique écrite par les musulmans et largement reprise par les Occidentaux a été remise en question par les fouilles archéologiques qui ont commencé à partir des années 1970 en Jordanie et en Arabie du Sud, c'est-à-dire au Yémen.
L'Arabie du Sud, appelée l'Arabie heureuse, a connu des royaumes qui montrent que cette partie du monde n'était pas une région d'ignorance, mais une terre de civilisations bien développées. Les études archéologiques sur la société arabe préislamique dévoilent un système matrilinéaire (dans lequel chacun est relié au lignage de sa mère) très répandu et une présence très fréquente des femmes au pouvoir : un nombre important de femmes cheffes de tribu et reines avant l'islam ainsi que des divinités féminines qui étaient vénérées par les Arabes. Selon la chercheuse Nabia Abbott (1897-1981), spécialiste américaine de l'islam, papyrologue et paléographe, parmi les rois qui se sont succédé au cours des seize siècles préislamiques il y avait trente-six reines. L'anthropologue écossais Robertson Smith (1846-1894) affirme dans son ouvrage "Religion of the Semites" que le système matrilinéaire était, avant l'islam, "la règle générale en Arabie". Les femmes arabes jouissaient donc d'une situation beaucoup plus intéressantes en matière de droits que ce que les religieux prétendent."
Vient ensuite un paragraphe qui explique, versets du Coran à l'appui, en quoi les femmes sont discriminées depuis l'islam, et de nouveau, ces versets ne collent pas avec la vie de Khadija, par exemple.
Et vient ensuite un passage particulièrement important, qui expliquent que selon plusieurs commentateurs les femmes du prophète auraient critiqué des passages du Coran qui discriminent les femmes, conclu comme ceci: "Toutes ces histoires rapportées par les commentateurs révèlent que les femmes, dans la société arabe à l'aube de l'islam, ne se gênaient pas pour critiquer le message coranique. C'est la preuve qu'elles vivaient dans une société où elles avaient l'habitude d'être traitées pareillement que les hommes, qu'elles avaient le droit de s'exprimer et surtout qu'elles avaient une parole entendue au point où le Coran lui-même en a tenu compte. L'explication des commentateurs est toutefois très étonnante. Elle montre un Dieu qui se trompe et qui se corrige après qu'un être humain l'ait rappelé à l'ordre, ce qui ne s'accorde pas avec nature d'être parfait."
Et toc.
Les femmes, le terrain de lutte de l'islamisme
Aujourd'hui, dans les sociétés à majorité musulmane où l'islamisme est en pleine expansion et se renforce, le droit des femmes d'avoir les mêmes droits juridiques et sociaux que les hommes se présente de plus en plus comme une utopie. Pire, les femmes sont plus que jamais menacées dans le peu de droits qu'elles ont acquis. Au début du XXème siècle, les Frères musulmans ont commencé leur lutte politico-religieuse en faisant des femmes l'élément primordial de leur stratégie islamiste et en les incitant à reprendre le port du voile abandonné par leurs mères. Ils avaient compris qu'avec le voile ils allaient tenir les femmes, donc tenir l'homme et tenir la société. Cela explique l'importance que le voile a dans leur combat en Occident et cela n'est pas spécifique aux Frères musulmans, mais à tous les islamistes. En Occident les islamistes sont terrorisés par la crainte que les femmes ne soient attirées par ses valeurs grâce auxquelles elles réaliseraient qu'elles sont égales aux hommes.
L'objectif des islamistes, et à leur tête les Frères musulmans, est que ce soient les femmes elles-mêmes qui défendent la charia alors que celle-ci les discrimine. Il s'agit de détourner le sens du féminisme et de son combat afin que les femmes non seulement se soumettent aux règles de la charia, mais aussi qu'elles croient qu'elles le font volontairement. C'est la meilleure manière de garantir que les femmes fassent partie de leur mouvement et qu'elles soient leurs alliées et leurs soutiens, qu'elles soient contre elles-mêmes, ce que les islamistes ont bien réussi dans les sociétés musulmanes et sont en train de réussir en Occident."
Quant au voile
"Concernant les règles qui déterminent la relation entre les hommes et les femmes, les juristes musulmans, qui étaient tous des hommes, ont retenu toutes les règles coraniques qui attestent la supériorité de l'homme sur la femme et qui maintiennent celle-ci en situation d'infériorité. Ainsi, ils ont inscrit dans leur livre de Droit les inégalités successorales (ndlr: moitié moins d'héritage pour une fille que pour un fils), la polygamie, la répudiation, l'autorité masculine, le droit pour l'homme de frapper sa femme, le témoignage de la femme qui équivaut à la moitié de celui d'un homme et d'autres règles. Ils en ont même ajouté d'autres qui n'existent pas dans le Coran qui ont consolidé les privilèges des hommes. Ils ont imposé aux femmes la dissimulation de leur chevelure et de leur visage, de leur voix et même de tout leur corps alors qu'aucun texte coranique ne dit que la femme doit couvrir sa chevelure, son visage, ses mains ou sa voix, même s'ils trouvent dans le Coran ce qui peut la justifier."
Ou encore: "Pour ses adeptes, le naql est possible pour les versets explicites, dont le sens est sans ambiguïté. En réalité, la majorité des textes coraniques demandent beaucoup d'efforts pour les comprendre y compris ceux considérés par le discours religieux comme explicites. Pour les religieux, tous les versets déterminant la relation entre les hommes et les femmes sont clairs. Pour eux, par exemple, la recommandation du port du voile est claire, alors qu'aucun verset n'évoque la chevelure ni la tête de la femme. Autrement dit, la distinction entre les versets explicites et ceux qui sont ambigus est totalement soumise à la subjectivité du commentateur."
Plus loin: "Le verset 31 de la sourate 24, La Lumière: "Dis aux croyantes de baisser leurs regards de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur khimar1 sur leurs djouyoub[...]" est celui qui revient constamment dans le discours des adeptes du voile. Ce verset ne recommande pas aux femmes de dissimuler leur chevelure, mais leur djouyoub. Très difficile de savoir ce que désigne exactement ce terme. Littéralement, le terme djouyoub, pluriel de djaïb, signifie poche.
1: L'objectif d'écrire les termes dans la langue d'origine, c'est-à-dire l'arabe, c'est pour que le lecteur se rende compte que le Coran n'évoque pas le terme voile (hidjab) dans ces trois versets.
Quant au titre de cette critique, il m'est venu après la lecture de ce passage: "Libérer les femmes du port du voile était l'objectif des réformateurs qui avaient très vite compris qu'il n'y avait aucune possibilité pour leur société de sortir de leur sous-développement sans l'émancipation de la femme de cette pratique. Avec la moitié de la population enfermée et les corps emprisonnés dans des tissus, ils avaient réalisé qu'il était impossible pour leur pays de se développer économiquement, culturellement et socialement. Le voile a été sérieusement critiqué par des hommes et des femmes entre la fin du XIXème siècle et la première moitié du XXème siècle. "L'usage du voile était imposé à la femme dans le dessein d'éloigner la tentation. Cela fait penser à l'usage de la muselière que l'on impose au chien afin qu'il ne morde pas les passants" a écrit Tahar Haddad en 1930 dans son ouvrage Notre femme, la législation islamique et la société."
L'autrice parle aussi de voilemètre, soit que c'est avec le voile qu'on peut mesurer l'étendu d'islamisation d'une société, étant l'arme première des islamistes.
Ainsi, le port du voile n'est en rien la preuve d'une quelconque appartenance à l'islam comme le spécifie encore l'autrice, justifiant que la femme ne porte pas le voile quand elle dort ou sous la douche ; serait-elle non musulmane à ces moments-là ?...
Conclusion
Et là je me rends compte que si je veux citer tous les passages que j'avais annotés cette critique serait interminable, je vais donc conclure ici. Mme Adnani évoque également des versets du Coran qui ne sont pas appliqués par les musulmans, quand d'autres le sont, chose expliquée et prouvée tout au long de l'ouvrage, ou encore des recommandations qui visaient des cas précis, par exemple les épouses du prophète, que les religieux ont étendu à toutes les femmes. Elle cite aussi un Frériste qui disait qu'abolir les inégalités successorales c'est aller à l'encontre de la volonté de Dieu, or, elle précise encore que les musulmans ont déjà rendus caduques des recommandations coraniques (et certaines recommandations se contredisent entre elles, par exemple à propos du vin, une fois loué et une fois condamné). Il y a donc eu une volonté humaine de construire un islam précis, discriminant les femmes, quand d'autres pratiques, comme l'esclavagisme, ont été abolies depuis. Non seulement il y a donc plusieurs islams (tout comme il y a plusieurs christianismes), mais surtout il est ainsi tout à fait possible de réformer l'islam, si tant est que la volonté soit présente. Car bien évidemment, et comme l'autrice le précise, il s'agit aux musulmans de le réformer, toute tentative venant d'un État, par exemple la France, serait vue, à raison sans doute, par les musulmans comme une ingérence dans leur religion.
"Sortir de l'islamisme, c'est sortir de la dimension politique et juridique de l'islam. C'est une sortie de la charia comme système juridique mis en place il y a des siècles pour aller vers un islam qui ne sera pas un islamisme. Ce travail est aujourd'hui nécessaire et urgent afin que le monde ne connaisse pas d'autres Daech et d'autres talibans qui veulent effacer quatorze siècles d'évolution humaine, pour que les femmes et les hommes ne soient pas vendus sur les marchés, les femmes enfermées à la maison à vie et les non-musulmans relégués au statut de dhimmis. L'histoire montre que le monde musulman n'a jamais été exempt de ce genre de mouvements politico-religieux extrémistes en dehors de la période qui se situe entre le début du XIXème siècle et le milieu du XXème siècle, quand les musulmans voulurent se moderniser et l'Occident était en mesure de transmettre ses valeurs humanistes. Sortir de l'islamisme est une exigence de l'époque actuelle où l'islamisme n'a jamais été aussi fort et aussi sûr de lui-même. Les bouleversements politiques et géopolitiques que connaît le monde le rendront assurément plus fort encore dans un avenir très proche.
Pour sortir de l'islamisme, l'honnêteté morale, qui est la condition de l'objectivité scientifique, est indispensable dans l'étude de l'islam. C'est elle qui fait que nous disons la vérité, pas celle que nous voulons, mais celle que les éléments dont nous disposons nous procurent. Elle s'obtient avec un travail dégagé de tout intérêt personnel et qui est animé uniquement par le désir de ne plus jamais voir la dignité des femmes et des hommes bafouée."
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Créée
le 1 août 2026
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le 4 juil. 2025
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