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le 27 juin 2026
SuivreDans cet essai bien construit et sourcé, Pauline Chanu étudie l’hystérie selon une perspective diachronique, en mettant en lumière le pouvoir sexiste et violent de cette “pathologie” sans définition réelle. Le texte mobilise aussi bien des documents historiques, médicaux, que des extraits de fiction ou de poésie d’autrices concernées, ainsi que des entretiens avec des spécialistes qui abordent le sujet selon différents angles. De cette grande variété de sources, la lectrice tire une impression agréable de complétude et de sérieux de l’ouvrage, sans perte de sa dimension engagée : Pauline Chanu colore en effet ces sources de commentaires clairs qui permettent de bien comprendre le cheminement de sa pensée. Le lien avec son histoire personnelle, que l’on retrouve au cœur de l’ouvrage ainsi que dans la conclusion, témoigne de son point de vue situé et tisse un lien essentiel entre vie personnelle et politisation des réalités : selon le slogan du féminisme des années 70 “le privé est politique”. La lecture de ce texte apparaît libératrice, en ce qu’elle nous permet d’adopter une grille de lecture pertinente face au terme “hystérie”, qui fait - on ne peut que le déplorer - encore partie du vocabulaire courant.
Pourtant, cette critique très positive identifie un bémol, malheureusement fréquent selon mon expérience de lecture dans les textes féministes contemporains : l’autrice cite Simone de Beauvoir, pionnière du féminisme de XXème siècle en France, sans mentionner les accusations dont celle-ci a fait l’objet. Plusieurs femmes affirment en effet que la philosophe avait mis en place un système de prédation de jeunes filles qui profitait à elle-même et à son époux, Jean Paul Sartre (Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir#Controverses_et_critiques partie “Controverses et critiques > Accusations de détournement de mineures et Signature d'une tribune pro-pédophile dans Le Monde et Libération) . Cela me donne la sensation désagréable que le féminisme contemporain clamerait (à raison) d’entendre et de croire toutes les victimes, sauf celles qui dénoncent des violences commises par des personnalités de son propre camp. Si l’on peut comprendre, bien que cela se discute, que les travaux de Beauvoir soient encore cités de nos jours, il semble inadmissible de passer outre cette contextualisation essentielle à l'honnêteté du positionnement intellectuel féministe.
Bien que le texte soit parfois difficile à lire tant les sévices subis par les femmes sont violents, on ferme donc le livre avec une impression de satisfaction, mais un léger goût amer par rapport à cette citation gênante.
Créée
le 1 mai 2026
Critique lue 15 fois
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le 27 juin 2026
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