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Ici y a pas de voix
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le 21 mai 2021
Premier livre d'Aurélien Bellanger que je lis, Téléréalité nous raconte le parcours de Sébastien Bitereau, comptable drômois qui va se transformer en génie de la production télévisuelle française, de l'invention des "enfants de la télé" jusqu'à l'import de "Loft Story" en France et l'imposition de la téléréalité comme incontournable indépassable de ce que peut produire ce média.
On reconnaît (et l'auteur dans des interviews le reconnaît lui même) le parcours de Stéphane Courbit page wikipedia De même, on va croiser tout au long du roman des noms connus d'émission ou de personnage/animateur/producteur. Certains tel quel, d'autres légèrement transformés mais facilement reconnaissables pour quiconque a grandi devant la télé des années 90 (Arthur devient ainsi David dans le roman, mais on reconnaît sans mal le parcours de l'animateur producteur). Bellanger met cependant en garde dans une petite préface : tout est inventé sauf ce qui ne l'est pas. On prend des faits médiatiques comme point de départs, puis Bellanger s'amuse à imaginer des fils qui nous y conduisent ou en repartent.
Par ce mécanisme, on parvient ainsi avec ce roman à questionner ce média qui a été si puissant au tournant du millénaire, tout en cherchant continuellement à se définir. D'abord comme une nouvelle forme d'art
C'était la première fois que Sébastien réalisait que la télévision pouvait être considéré comme un art, et il s'étonnait en même temps de le trouver si moche
qui va s'imposer pour moduler les imaginaires et donc les idées, y compris politiques en France
L'univers fascinant des maîtres de l'audiovisuel – non plus directement celui des fabricants d'images, mais celui de leur riche mécènes. Des mécènes attachés à faire triompher, comme à la Renaissance, leur vision du monde par la manipulation des images
jusqu'à la transformation de l'image même de l'homme politique, expliquant le triomphe de Sarkozy par celui de la téléréalité
Comme il avait fallu, produit dérivé de toute cette excitation médiatique, que le candidat qui passait le mieux à la télé, et dont celle-ci était, après des décennies de candidats littéraires, le média de référence, remporte la première élection présidentielle de l'ère de la téléralité.
L'analyse est intéressante et le travail pour romancer cette histoire de la télévision est remarquable. Mais ce travail parlera-t-il à celles et ceux n'ayant pas connus ce monde télévisé de la fin des années 90 ? Vers la 2e moitié du roman, le name dropping incessant fait parfois tourner la tête, et je me suis surpris à me forcer à poursuivre la lecture comme pour assouvir ma soif de voyeurisme de ce monde que j'avais vu d'un œil naïf sans me douter à l'époque qu'il existait un envers du décor à cet univers. L’expérience méta de lire par pure voyeurisme un livre dévoilant les rouages du voyeurisme télévisuel fonctionne uniquement pour cette génération qui a connu ce monde.
J'ai donc peur que, tout intéressant qu'il soit, cet objet romanesque / documentaire / sociologique vieillisse très mal ou ne parle pas au public qui aura su éviter de tremper dans le monde de la télé-réalité. Mais pour celui qui l'a connu, le style est plaisant, et la réflexion que cela impose sur notre responsabilité de spectateur (le grand absent de ce roman) est enivrante, en particulier lorsque l'on regarde l'évolution naturelle de la téléréalité que sont les chaînes d'infos continues.
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le 9 mai 2021
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