Un loup chasse l'autre commence comme une histoire classique de syndicats américains. Avec les jeunes du syndicat qui débarquent dans un patelin, et qui vont essayer de fédérer les ouvriers d'une usine. Avec la méfiance que cela génère parmi ceux qu'ils contactent. Ou la peur même. Et bien sûr les représailles des patrons.
Et de ce point de vue, toute la première partie de ce roman noir est un petit miracle. Comment la machine infernale se met en place pour broyer le narrateur, qui s'offre sa première expérience de terrain, alors qu'il est en stage et encore à l'université, en se faisant tabasser par des flics sadiques.
Parce que la situation se complique salement. C'est généralement le cas, quand il y a un cadavre. ça fait désordre.
La tension est palpable. Et en même temps, c'est assez drôle. Parce qu'on est chez Donald Westlake, quand même. Peu connu en France, et c'est bien dommage.
Drôle, parce que le narrateur, contre toute attente, ne s'en laisse pas compter. Il cherche à rendre les coups. Pas forcément littéralement, pour ça il n'est pas à la hauteur. Mais le fait est qu'il ne se laisse pas faire. Cela donne des réparties très amusantes.
Et puis, dans la deuxième partie, la tension retombe, c'est un peu dommage.
C'est en fait parce que le roman évolue. Parle d'autre chose.
Ou révèle en tout cas ce dont il parlait véritablement.
Et alors, Un loup chasse l'autre gagne sur un autre niveau ce qu'il perd en tension.
Une surprise. Pourtant Westlake avait malicieusement tout étalé devant nous. On n'avait qu'à voir ce qu'on nous mettait sous les yeux.
Mais la suite, si cela fait l'intérêt de ce livre hybride, ce n'est pas dans ces lignes qu'on va en parler.
Pour ça, vous avez un livre à lire!