Notes
"Vivre, c’est pleurer ses rêves. Jeanne le sait, mais ignore comment renoncer à ces songes qui viennent parfois interrompre nos printemps."
Une vie est l’histoire d’une femme, de son mariage et de ses suites, d’un univers subitement rétréci à la courte mesure d’un homme, d'espoir et de rêves déçus. Mélancolique, pessimiste, réaliste.
Grande maîtrise stylistique et psychologique.
Les thématiques chères à Maupassant, les enfants illégitimes, qu'il explorera davantage dans Pierre et Jean, moeurs de province normande.
Le réalisme s'affiche dès l'épigraphe : "L'humble vérité."
P. 60
Portrait de Lison une femme effacée et insignifiante.
"Toute petite, comme elle n'était point jolie ni turbulente, on ne l'embrassait guère ; et elle restait tranquille et douce dans les coins. Depuis elle demeura toujours sacrifiée. Jeune fille, personne ne s'occupa d'elle."
P. 162
Moeurs de la campagne normande, vers 1820
"La fille des Couillard venait d'avoir un enfant et le mariage allait avoir lieu. La servante des Martin, une orpheline, était grosse : une petite voisine âgée de quinze ans, était grosse : une petite voisine âgée de quinze ans, était grosse ; une veuve, une pauvre femme boiteuse et sordide, qu'on appelait la Crotte tant sa saleté paraissait horrible, était grosse."
P.171
Mort d'Adélaïde, la mère
"Celle couchée là, maman, petite, maman, madame Adélaïde, était morte ? Elle ne remuerait plus, ne parlerait plus, ne rirait plus, ne dînerait plus jamais en face de petit père ; elle ne dirait plus : "Bonjour, Jeannette." Elle était morte !
On allait la clouer dans une caisse et l'enfouir, et ce serait fini. On ne la verrait plus.
P. 210
Sur l'importance de l'instruction
"Un soir enfin le baron parle du collège ; et Jeanne aussitôt se mit à sangloter. Tante Lison effarée se tenanit dans un coin sombre."
P. 264
"La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."