Il y a quelques semaines ou mois, j'ai lu La Petite Sirène des Contes Interdits. S'il y a des similitudes dans la thématique générale (une femme avec des anomalies physiques, des viols répétés, des amitiés), la grande différence est clairement dans le talent. C'est comme comparer le poisson pané de la cantine avec un festin culinaire de créatures abyssales cinq étoiles.
Morgane Caussarieu, c'est le festin.
Ce talent se manifeste dans l'écriture soignée, les idées, les descriptions, la curiosité culturelle (biologie marine, naturalisme, cinéma de genre avec ses hommages aux films de monstres d'avant les années 40, culture fromagère, histoire des années 30/40), la psychologie des personnages, et sa manière très unique d'explorer les corps, leurs limites et leurs déformations. Les dessins ajoutent une originalité bienvenue. On sent qu'elle a énormément travaillé son récit.
Dans les années 30, Arsène, fromager (fruitier), découvre une créature, une vouivre, dans l'étang où il pêche. Il la ramène, la séquestre dans sa cave, la viole… et finit par tomber amoureux. Rongé par la culpabilité, il décide de la remettre aux autorités.
Mais si vous pensez que c'est la fin de son calvaire, vous vous trompez.
Un roman de monstres absolument extraordinaire, qui vous happe jusqu'au dernier mot. Si j'avais beaucoup aimé Vertèbres, je place celui-ci en très haute estime dans les romans d'horreur à lire absolument !