Vivre, libre
7.7
Vivre, libre

livre de Amandine Gay (2025)

L'indignation constante finit par émousser le sens. Un cri qu'on respecte, sans pouvoir l'aimer.

Ce n'est pas un livre qu'on lit. C'est un acte qu'on constate.

Amandine Gay publie Vivre, libre comme on dresse un constat d'échec : celui d'un monde qui confond l'égalité avec la bonne conscience. Elle n'explique pas, elle accuse. le ton est ferme, la pensée sans détour. Tout y est frontal, parfois brutal, comme si la douceur du langage n'avait plus sa place dans l'espace public.


Elle parle d'un système, pas d'un accident. D'une mécanique qui broie plus qu'elle ne discrimine. le racisme, ici, n'est pas une idée : c'est une infrastructure.

Et dans ce décor, l'autrice décortique les gestes, les silences, les automatismes d'une société qui se veut « post-quelque-chose » mais ne l'est jamais.


C'est sec, rigoureux, mais vite étouffant. On comprend la rage, on devine la blessure, mais la lecture s'use dans la répétition. Chaque page martèle, aucune ne respire. Ce n'est pas un essai, c'est un manifeste — et le manifeste, par nature, ne laisse pas de place à l'ombre ni au doute. Tout est dit, tout est tenu, jusqu'à l'épuisement.


Vivre, libre échoue donc là où il voulait frapper : dans la capacité à faire entendre, pas seulement à dénoncer. L'indignation constante finit par émousser le sens.

Le texte existe, mais ne vit pas.


Un livre de colère, écrit pour ne pas exploser, mais lu avec la sensation inverse : celle d'un monde qui tourne à vide, où même la révolte semble formatée.


Note : 8 / 20.

Un manifeste utile, mais sans chair. Un cri qu'on respecte, sans pouvoir l'aimer.

Le-General
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le 5 nov. 2025

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Le-Général

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