Comme si les portes étaient faites en bois de mystère
Normalement, vous devriez vous sentir dégoûté par l'évocation régulière de papillômes verreux sur la verge du héros. Ennuyé par l'existence d'une statue en papier mâché entourée de trophées de bowling. Intrigué par la description de trois frères ex-gendres idéal convertis dans le banditisme de grand chemin.
Mais évidemment rien de tout ça, puisqu'il s'agit de Richard Brautigan.
Normalement, une histoire qui concerne le couple qui habite au dessus (très important, le au-dessus) de celui qui recèle les fameux trophées que recherchent très illégalement les trois frangins devenus sales et méchants, ça ne devrait pas vraiment tenir debout.
Mais les lignes droites ne sont pas ce qui intéresse Richard Brautigan.
Normalement, il n'est pas d'usage de parler d'un livre dont on considère qu'il est, à ce jour, pour ce qu'on en a lu, le moins réussi de son auteur. Mais c'est aussi à ces "moins bons" livres qu'on reconnait l'immense talent d'un écrivain.
Je vous avez dit qu'il s'agissait de Richard Brautigan ?
"Et voilà qui, entre autres choses, est quand même assez bizarre quand on habite un immeuble locatif. Parce que c'est vraiment à peine si l'on sait ce que le voisin, lui, est en train de fabriquer. Comme si les portes étaient faites en bois de mystère"