3% est une série bien plus profonde qu'il n'y paraît. Au premier abord, en effet, on s'attend à une simple série de science fiction, reposant sur un énième effondrement de la civilisation. Néanmoins, les questions posées sont sérieuses, et ne cessent d'être reformulées, illustrées, contextualisées, au point d'en devenir obsédantes et de s'appliquer avec force à notre monde pas encore effondré :
- Peut-on tout baser sur le mérite ?
- Qu'est-ce que le mérite ?
- Le mérite existe-t-il ?
- La justice n'est-elle réductible qu'au seul mérite ?
Et, dans une société qui se veut meritocratique, la nôtre comme celle brésilienne, ces questions ne sont pas de trop, et en deviennent même viscérales. Vouloir faire du mérite la seule valeur acceptable, c'est forcément négliger sa naissance, sa famille, ses potentiels handicapes, la chance du moment, les autres et, ici, faire dépendre sa vie entière d'un seul et unique moment que l'on ne maîtrise pas.
On voit en cela que 3% est audacieux et réfléchi. Alors, certes, la série se perd parfois dans ses intrigues : certaines sont inutiles, d'autres sont ouvertes sans jamais être achevées... Elle n'est pas parfaite, mais elle vaut le détour.
Seul, finalement, le dernier épisode de la saison 4 me paraît précipité. La saison 4 n'a d'ailleurs que 7 épisodes. Et c'est une précipitation qui provoque quelques absurdités et facilités peu présentes dans la série en général.
Mon seul regret, c'est finalement de ne pas avoir de vue d'ensemble. Car, le continent est clairement un verre grossissant de la société brésilienne. Mais, que devient le reste du monde ? Les autres continents ? Y a-t-il d'autres "autre rive" ?
L'impasse est brutale.