Tant de belles promesses pour en arriver à ça.

Avis sur Sword Art Online

Avatar Maximemaxf Sôma
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SAO est, avant d’être une adaptation en animé, une série de light Novel, des romans japonais destinés au jeune public adulte qui a rencontré un succès auprès des lecteurs. A tel point qu’il a été le light Novel le plus vendu en 2012, pas seulement au Japon mais aussi à travers le monde puisqu’il a su atteindre les 16 millions de publications pendant 2014. Et bien sur, au Japon, quand un manga (à rallonge ou pas) ou un light Novel a du succès, on l’adapte en série d’animation pour le public Otaku mais aussi pour les fans de la licence.

Il n’aura d’ailleurs pas fallu attendre plus loin que l’été 2012 pour que soit diffusé la première saison et que la série s’étende sur pas moins de plusieurs arc narratif (sauf que dans mon cas, je n’ai pas été plus loin que les deux arcs de la saison 1 et je vais expliquer pourquoi). Alors très honnêtement, c’est un animé dont l’existence me semble maintenant assez insignifiante. Mais si j’en parle, c’est parce qu’à l’époque ou les deux premiers arcs sont sorties, j’appréciais suffisamment le concept pour me laisser prendre au jeu et que j’étais encore dans l’univers du gaming. Sauf qu’au final, et maintenant encore, j’ai toujours la sale impression de m’être fait escroquer pour tomber sur un animé d’héroïc fantasy de pacotille, un peu à l’image de Vision d’Escaflowne (ça c’est une autre histoire mais j’y reviendrais).

Ceci étant dit, le début de la série démarre plutôt bien et semble assez prometteuse par rapport au concept de départ : visuellement l’univers virtuelle du jeu Sword Art Online est magnifique à regarder. Que ça soit pour les décors en large ou en long, ville comme nature, les niveaux contre les boss, l’éclairage virtuelle et les combats suffisamment bien animé et énergique pour divertir. Les studios japonais A-1 Pictures, également auteur de Shigatsu Wa Kimi no Uso et ayant adapté Black Butler, livre ici un excellent travail pour ce qui est de la présentation dans la forme et font le bon choix de prendre des écarts entre la diffusion de chaque arc narratif pour peaufiner la forme. A l’inverse d’un animé à rallonge comme Fairy Tail qui a tendance à se dégrader sur le long terme, sauf quand il faut utiliser les personnages féminins pour attirer le public masculin.

En plus de cela, les règles imposées par le créateur du jeu vidéo permettent d’explorer de nombreuses thématiques enrichissantes. Comme l’exhibition forcée des joueurs voulant à la base fuir leur réalité à travers le jeu, l’adaptation des gamers à une vie bien plus périlleuse qui gagne beaucoup plus d’ampleur dés lors qu’une mort vidéoludique signifie mourir pour de vrai, les contraignant à murir pour survivre. Ce dernier point permet même de développer des dilemmes quand à l’évolution de Kirito, qui semble de nature taciturne et fermée à autrui dans la vraie vie et voit sa personnalité exposé à tous et on sait qu’il sera forcé d’évoluer pour survivre mais aussi pour régler ses conflits internes. En plus de cela les premiers personnages secondaires qu’on rencontre semblent assez sympathiques, notamment Silica.

Rien de mal à dire que l’ambiance sonore de la série également, c’est d’ailleurs le seul point sur lequel je n’aurais aucun reproche à faire jusqu’à la fin de la première saison. Yuki Kajiura, déjà autrice des musiques de l’animé Noir, nous livre d’excellent morceau de bravoure et d’héroïsme notamment avec le thème principal.

A partir delà, qu’est-ce qui peut mal se passer à votre avis ?

Ben justement, le problème c’est que, il y a le reste et que les problèmes, pour moi, se manifestent à partir des ellipses narratives qui sont très (même trop) nombreuses dans cette première moitié de saison. Même pour le concept d’un MMORPG du futur sachant qu’en vrai on peut se déconnecter et reprendre quand on veut, ça ne passe pas autant d’ellipse et de rusher autant la série, car ça devient difficile de prendre l’évolution des relations entre personnages au sérieux. Celle entre Kirito et Asuna le premier, cette dernière passant d’une guerrière de talent réservée à une leader strict et membre d’une guilde ultra réputée en l’espace de 2 épisodes sans qu’on ne la revoie une seule fois.

Plus le fait que quasiment tous les personnages secondaires deviennent incroyablement transparents ou carton pâte, le pire exemple étant celui de Silica qui n’a le droit qu’à un épisode et ne réapparaît pas avant la fin du premier arc pour juste 3 secondes. L’animé ne se centre que sur le point de vue de Kirito qui, lui aussi, finit de nous montrer rapidement ses limites en moins de 14 épisodes en plus d’enchaîner une romance pompeuse et inintéressante avec Asuna qui aura vite fait de nous endormir qu’autre chose (désolé pour les fans mais j’insiste : ces deux neuneus deviennent vite trop lisse une fois le dixième épisode passé et c’est pas leur enfant adopté qui arrange grand chose). Dés que Kirito a terminé de progresser en tant que combattant est a déclaré sa flamme à Asuna, il n’y a pratiquement plus rien à tirer de lui en 4 épisodes.

Seul l’antagoniste principal, l’animation, la musique et certaines thématiques survivent à ces ellipses narratives trop longues, l’absence de réel personnage secondaire à qui s’intéresser un minimum et un développement pour Kirito qui a finalement du mal à tenir en 14 épisodes, son parcours étant pratiquement fini environ 3 ou 4 épisodes avant la fin de l’arc Aincrad.

Et malheureusement… la seconde moitié de la saison 1 enterre définitivement tout intérêt pour cette série et accumulent les mauvais choix d’écriture et dilemmes raté quand ça ne se nous prend pas pour des débiles.

Exit le jeu en ligne ou n’importe qui pouvait mourir dans la vraie vie rien qu’en se faisant tuer et bonjour au jeu ALfheim Online, un autre MMORPG du futur ou tout le monde peut renaître à volonté si il se fait tuer. Bye bye un Kirito potable qui devait s’ouvrir et évoluer pour survivre et protéger Asuna et bonjour le guerrier qui reprend toutes ses compétences et devient plus lisse encore, voire même gavant à force de vouloir régler toujours tout seul tel ou tel combat ou problème sans accepter de lui-même l’aide d’autrui. Conclusion : laissons tomber les thématiques de la première moitié de série pour nous montrer Kirito à la rescousse de sa chérie avec qui il s’est marié dans le premier jeu en étant mineur.

Histoire d’enfoncer l’épine un peu plus dans le pied, cette deuxième moitié de série nous oblige à suivre Suguha Kirigaya, la sœur adoptive de Kirito et cousine d’origine amoureuse de son propre frère… je crois que tout le monde aura compris. Et en faire la partenaire de Kirito dans le jeu ou il doit sauver sa chère et tendre ne va pas aider, bien au contraire puisqu’elle le laisse faire tout le boulot au combat et qu’elle joue plus les chialeuse de première dans la vraie vie alors que Kirito aurait plus besoin de soutien que d’engueulade.

Et Asuna devient une excuse pitoyable et honteuse pour du fan-service gratuit pratiquement chaque fois qu’elle apparaît dans le jeu ALfheim Online. Sans parler d’une scène tentaculaire limite dégueulasse (d’accord le Japon est plus exhibé qu’aux USA ou chez nous mais il y a aussi des limites à respecter) qui n’a rien à foutre là et d’un antagoniste réduit au rôle de psychopathe obsédé sans plus de profondeur en la personne d’Oberon.

Même les combats n’ont plus aucun intérêt puisqu’il n’influence absolument pas sur le déroulement de l’intrigue principale. Toute cette deuxième moitié brasse du vent et serait à jeter sans la musique et les belles images. Quel intérêt de rallonger une série qui avait déjà du mal à tenir en 14 épisodes et n’a rien à proposer pour la suite ? Impossible de s’identifier ou de s’attacher à un personnage quelconque, les secondaires étant encore plus insignifiant que dans la première moitié de série, et impossible de s’intéresser sur la longueur à une intrigue qui n’a pas ce qu’il faut pour tenir en 25 épisodes et avait déjà du mal à tenir en 14 épisodes.

Je ne sais pas ce que vaut la saison 2 ni ce que vaudra le film qui sortira prochainement. Mais il n’en reste pas moins que Swort Art Online est une belle arnaque et l’un des pires gâchis qu’on ait pu faire alors que le concept de départ avait tout pour nous livrer quelque chose d’aussi épique que divertissant et bien pensé : en gros, une idée de départ honorable pour un bien mauvais traitement. Préférez plutôt un bon eXistenZ de David Cronenberg à la place !

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