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Je n'aurai que dix-neuf mots à vous formuler en guise introduction : «singe évadé d'un laboratoire clandestin à qui on a appris à jouer aux cartes à des fins militaires». Ça, et tout un fatras d'absurdités sorties du cerveau de collégiens embrumés par une beue dont on ne sait trop si elle a été coupée avec des herbes de Provence ou de la javel. Et le chapelet à connerie n'en finira pas de s'égrainer une bille après l'autre. À. Chaque. Épisode.
Y'a pas un indicateur de pH qui pourra mesurer l'acidité de l'encre avec laquelle j'ai écrit cette critique. L'encre ? Je l'ai diluée avec des larmes. Les miennes. Celles qui, de dépit, coulaient alors profusément le long de mes joues rougies par la rage alors que je regrettais chaque seconde des CENT-QUATRE-VINGTS épisodes de Yu-Gi-Oh! GX que j'ai pu regarder. Parce que je les ai comptés et je m'en souviendrai pour longtemps. Quand l'Enfer, sur mon lit de mort, viendra pourlécher mes orteils froid, c'est ce nombre de CENT-QUATRE-VINGTS épisodes qui se rappellera à moi. Je le dis, Dante est est allé moins loin que moin dans son périple. Y'avait des couches de plus à l'Enfer, CENT-QUATRE-VINGTS très exactement.

Je pensais pas que c'était humainement possible d'écrire comme l'ont fait les scénaristes. Il aura fallu que je me soumette alors à une expérience pour mesurer si ce que j'ai vu n'avait pas été tout simplement le fruit pourri d'un songe malsain ; si tout cela, ces CENT-QUATRE-VINGTS épisodes, avaient véritablement existé. Ne serait-ce que pour me rassurer, comme au réveil d'un cauchemar où l'on est encore perdu entre les limbes et la réalité.
Je me suis alors murgé à la polonaise, c'est-à-dire à raison de 10 grammes d'alcool par litre de sang, et sur ce haut-fait, j'ai pris soin d'insérer un stylo dans mon rectum pour me mettre à écrire une fanfic Yu-Gi-Oh!. Et devinez quoi ; ce qui en a résulté était autrement plus cohérent que la saga GX.
Ceux qui ont tenu le stylo pour écrire Yu-Gi-Oh! GX avaient un don : celui de n'en avoir absolument aucun. C'est même pas mauvais au point d'en devenir drôle, ça l'est à un point où on en viendrait à relativiser Mashima. L'horreur, alors, se révèle sous des oripeaux plus ombrageux qu'ils ne l'ont jamais été. L'auteur de cette critique est revenu des enfers pour vous dire de ne jamais y aller. Même un sataniste pratiquant reconsidérerait ses obédiences après un visionnage de Yu-Gi-Oh! GX. Oh non braves gens, l'Enfer, ça n'est pas un sujet de plaisanterie. Je le sais aujourd'hui mieux que personne.

La peur, ça peut venir de l'irrationnel. Quand on ne sait plus interpréter un univers où rien n'a de sens, on s'y perd et on y meurt peu à peu, sans recours si possibilité de sauvetage. Quand la cohérence n'est plus de ce monde, alors l'esprit humain n'a plus d'emprise sur rien. Et ce qui émanait de la cervelle des scénaristes de GX, c'était un brouilleur de rationalité ininterrompu. J'ai eu le sentiment, à chaque épisode, qu'on m'avait arraché l'oreille interne. J'étais pris de vertiges constants alors même que je restais allongé, inerte, à basse altitude. TRÈS basse l'altitude. Car, pour ce qui concerne les petits malheureux en quête d'une expérience inouïe, je souhaite à ceux-là de ne pas venir à Yu-Gi-Oh! GX en étant à la recherche d'une quelconque forme de transcendance. Il y aurait alors des déconvenues qui, sans l'ombre d'un doute, précéderaient des chutes mortelles.

Le vif du sujet ? J'y viens. À reculons, avec ce qu'il faut de tremblements et de sueurs froides, mais j'y viens. J'y viens comme le condamné à mort vient à l'échafaud. Non, vraiment, c'est pas une chose à faire de s'infliger ça après avoir à réchappé à l'expérience GX. Mais bordel... je dois préserver les esprits innocents, les sauver de tourments indus.
Car quel que soit votre pire crime en ce bas monde, ça ne valait pas Yu-Gi-Oh! GX.

Mon sherpa vers les enfers, il s'appelle Judai. C'est qu'ici, il s'y plaît drôlement. Et pour cause, l'environnement dans lequel il patauge, il a été fait pour convenir en priorité à sa petite personne. L'Enfer sur-mesure, rien que pour s'adapter à un personnage dont le nom seul suffit encore à me donner des frissons.
Tout commence - oh ça y'est, ça commence - sur une île éloignée du monde et de la cohérence : Duel Académie. Une île où... pour souligner la loi de l'absurde qui prédomine en ces contrées, on a construit une école pour apprendre aux élèves à jouer au jeu de cartes Duel Monsters. Comment ? Je ne saurais vous le dire, jamais je n'y ai vu la moindre leçon. Je sais en tout cas qu'un professeur y enseigne l'alchimie. Dans le cadre de Duel Monsters. Vous sourcillez déjà ? Mes pauvres... c'est que vous n'êtes décidément pas près pour ce qui va suivre. Car la vérité, c'est que j'en suis même pas aux hors-d'œuvre

Vous pouvez me l'expliquer vous, la pertinence qui consiste à se faire enrôler dans une école où, dès le premier épisode, vous arrivez à vaincre le plus éminent professeur en place ? Personne ne le peut. Le postulat de Yu-Gi-Oh! GX n'a aucun sens et, en ce sens, il ne nous prend pas au traître. La couleur est annoncée dès les prémices, et faut bien dire qu'elle tend vers le marron foncé.
Vingt minutes, il ne s'en faut pas plus de vingt minutes pour violer la cohérence sans vaseline ni même un bisous sur la nuque. Tu l'aimais ce monde rationnel où chaque cause avait ses conséquences ? Fais-en le deuil. Tu ne le retrouveras qu'après CENT-QUATRE-VINGTS épisodes de chroniques infernales.

Vous verrez, grâce à Yu-Gi-Oh! GX, un anime - que dis-je - un monument, dont les trous scénaristiques y sont si béants et pléthoriques qu'on se sent en terrain miné. Ici, la vie n'est pas une boîte de chocolat, on sait dans quoi on va tomber rien qu'à l'odeur. Le fi**l scénaristique raffistolé de part en part qui nous sert d'intrigue**, c'est un parcours d'obstacles dans un champ de mines anti-personnel où il nous faut toutes les désamorcer en sautant dessus à cloche pied. Et avec le sourire, car paraît-il que la joie doit transparaître d'un pareil visionnage.

«Pourquoi» est un mot à bannir de son vocabulaire quand on poursuit - ou plutôt subit - l'aventure GX. Plus ils expliquent et moins on comprend. Rien n'a de sens. Plus tôt on a fait le deuil de tout ce qui peut avoir trait à la logique, et mieux on accepte ce qui nous est servi. Avant d'avaler un plat de merde fumante, il est préférable d'avoir renoncé au goût et à l'odorat. Aussi, abstenez-vous de faire usage d'une quelconque forme d'esprit critique en vous infligeant ne serait-ce qu'un épisode de ce monument d'incohérence de tous les instants. Ne commettez pas mon erreur, ne cherchez pas à nager à contre-courant. Laissez-vous porter ; abandonnez. L'issue sera la même mais au moins, vous vous épargnerez une souffrance psychique comme jamais vous n'en aurez éprouvé jadis. Ce que je me suis infligé, même les cénobites y auraient renoncé.

Y'a des moments d'accalmie. Quand c'est... moins pire. Moins pire, c'est un soulagement. Un peu comme si le sida avait des effets corrosifs sur le cancer dans un même organisme. L'organisme.... il s'en remettra pas, mais il aura moins mal quand il respirera. Jusqu'à la prochaine convulsion. Parce qu'on convulse, je vous préviens. Moi, YGO GX, il fallait que je le regarde avec une camisole. Je devenais fou. C'est pas un anime - ah ça non ! - c'est une expérience sociale. On fait son bilan psychiatrique avant, on en fait un après.... et on regarde la différence.
Je suis plus le même homme. Je peux dire que j'ai regardé Yu-Gi-Oh! GX comme d'autres ont pu dire qu'ils étaient en première ligne à Waterloo. Ils en ont réchappé mais... on n'en réchappe jamais vraiment. On y laisse une partie de soi. La meilleure.
J'ai pas fait l'Indochine, j'ai aucune grande guerre à mon actif, mais putain... j'ai fait GX, et ça, ça devrait me valoir assez de médailles pour scintiller comme un général soviétique.

Tous les actes improvisés sur le tas et «inspirés» de poncifs culturels éculés (zombie, etc...) creusent le vide jusqu'à aboutir sur une autre dimension. Une dimension faite d'inanité pure. Mal inspirée de surcroît. Pas juste le vacuum, mais le mauvais vacuum. «Le mauvais vacuum»... rien qu'avec ça, on aurait pu en faire un titre d'épisode Yu-Gi-Oh! GX.

De l'improvisation pure d'un épisode à l'autre. Voire d'une minute à l'autre d'un même épisode. Comme u**ne partie de cadavre exquis jouée dans un asile de cons**, voilà pour la trame globale de Yu-Gi-Oh! GX. Un rendu scénaristique rapiécé de base et débraillé dans le principe sans que cela ne se soit voulu. Une constante et perpétuelle fuite en avant perpétrée par des auteurs cherchant par tous moyens, à fuir aux canons de la logique, de la constance ou bien même la cohérence la plus élémentaire dans tout ce qui est et sera un jour.
Avoir écrit Yu-Gi-Oh! GX, c'est pas un accomplissement ; personne n'a jamais affiché ce haut-fait sur son C.V. Parce qu'avoir écrit pour Yu-Gi-Oh! GX, c'est avoir cherché à lutter contre Dieu Tout Puissant en anéantissant son œuvre. Tout ce que la loi naturelle ou le bon sens le plus instinctif prohibe, les scénaristes de Yu-Gi-Oh! GX l'auront enfreint par manque d'inspiration ; sans faire exprès.

Le Malin pensait pouvoir corrompre les Hommes par des manœuvres tortueuses et alambiquées Hatsuki Tsuji et sa clique scénaristique, eux, seront parvenus à compromettre le potentiel humain en l'occupant à tout ce qui pouvait se faire de pire en matière de rédaction de fiction. Vous tenez les écrits de Sade pour la quintessence du mal ? C'est que vous n'avez scruté Yu-Gi-Oh! GX de votre vie, pas même de loin. Et de ça, je vous envie. Se souvenir d'avoir vu Yu-Gi-Oh! GX - en entier en plus ! - c'est relativiser Alzheimer.

J'ai du apprendre à aimer la douleur pour poursuivre le visionnage de Yu-Gi-Oh! GX. C'était la condition sine qua non pour subir sans broncher une infamie qui n'avait rien de bon à m'apporter. Mais même fouetté la tête à l'envers avec une bougie dans le cul, c'est encore de devoir mater un épisode qui fait le plus mal.
Parce que regarder un nouvel épisode de Yu-Gi-Oh! GX, c'est comme se réveiller un beau matin et découvrir que les lois de la nature ont changé. La gravité n'a plus lieu, l'eau brûle et personne ne semble s'en alarmer. À quoi bon ? Quand le surlendemain viendra, les lois inconstantes et branlantes auront à nouveau vacillé.

S'il y a un arc zombies ? Bien sûr qu'il y a un arc zombie. Et je vous parle de zombies qui errent avec la seule intention de.... faire des duels de carte, voilà une allégorie toute trouvée de la série.
On en vient à regretter les platitudes sur le pouvoir de l'amitié qui, ici, brillent par leur absence. Parce que, d''amitié, il n'y a pas, d'amis non plus. Rien qu'une troupe de personnages secondaires agglomérés au cul du personnage principal comme une excroissance cancéreuse juste bonne à commenter ce qu'il vient d'accomplir. Et ce, jusqu'au moindre détail. Parce que l'absurde n'est pas assez absurde s'il n'est pas en plus agaçant et rébarbatif.
Scénaristiquement parlant, Yu-Gi-Oh! GX serait pareil à un anime dont les fillers - basés sur des fanfics de collégiens très gravement perturbés - constitueraient la trame principale.

Yu-Gi-Oh! GX, c'est pas lui faire offense que de dire qu'elle est l**'anthologie de tout ce qu'il ne faut pas faire dans le cadre de l'écriture d'une fiction**. Une merveille dans son genre qui ne souffre d'aucune omission en matière de forfaiture déclarée. Le guide à ne pas suivre en CENT-QUATRE-VINGTS épisodes, un projet à peu près aussi absurde que La Stratégie de l'Échec à peu de choses prêt que vous n'allez pas beaucoup rire. Même pas du tout si vous voulez tout savoir.

Au-delà de l'invective globale - justifiée - glissons un mot sur les jeux de cartes et leur parfaite insipidité. Dans Yu-Gi-Oh!, les duels avaient de l'intérêt car les decks étaient assez éclectiques et disparates, même pour ceux répondant à une thématique en particulier. Les dekcs de Yugi et Jonouchi étaient intéressants car, avec les mêmes cartes, il pouvait y avoir des centaines de stratégies avec son lot de variations dans les tactiques de circonstance. Avec Yu-Gi-Oh! GX, les decks sont ultra-spécialisés, si rodés qu'il n'y a plus ni stratégie autre que celle d'avoir un deck parfait, ni intérêt, ni spontanéité. Y'a pas un duel qui vous distraira. PAS. UN.
Ils ont réussi ce prodige. Y'avait une chose à ne pas louper, une seule. Ils l'ont alors sabotée comme si leur vie en dépendait. Avec succès qui plus est. C'en serait admirable si la gerbe ne venait pas si facilement au bord des lèvres à l'aune de cet exécrable constat.

On se retrouve plus d'une fois avec l'impression glaçante, à chaque épisode de duel, d'avoir lancé le précédent par mégarde tant rien ne distingue un épisode d'un autre.
Et il n'est même pas possible d'accréditer la thèse selon laquelle Yu-Gi-Oh! GX serait un simple anime publicitaire pour faire la promotion du jeu Duel Monsters. Parce que si les duels ici m'ont suggéré quelque chose, c'est de ne jamais jouer au jeu tellement les parties sont ici insipides et sans rebondissement ni intérêt. Un duel, ça se scénarise... Takahashi savait y faire pour rendre les siens palpitants, prouvant par là-même qu'il ne s'adonnait pas qu'au marketing. Pas encore.

GX ne peut même pas non plus être considéré comme ne serait-ce qu'une tentative lamentable d'essayer de refourguer des nouvelles cartes. Les concepts - aussi bien graphiques que techniques - des cartes présentées ici sont misérables. Yu-Gi-Oh! GX n'a pas été conçu pour encourager à jouer à Duel Monsters, mais pour dissuader de toucher une seule carte Yu-Gi-Oh! de sa vie. C'est bien simple, je suis aujourd'hui en position de stress post-traumatique chaque fois qu'on parle de faire une belote.

Et figurez-vous qu'avec ces académiciens (Duel Académie, je vous le rappelle), on ne voit que rarement - si ce n'est jamais - le jeu qu'ils ont en main. Qu'à cela ne tienne, cela leur permettra de sortir n'importe quelle carte - toujours celle qu'il faut - au pire moment qui soit. On sent l'application des auteurs, leur volonté de faire les choses bien.

Les duels y encore plus scriptés qu'au catch. C'est à l'oreille qu'on devine la prochaine action. Il suffit de se référer à la musique du moment pour savoir à qui profitera le tour qui vient. Le tout, réglé comme du papier à musique pour aboutir à une symphonie atonale que même un sourd réprouverait. Une carte piège postée le tour X servira systématiquement pour le tour X+1, il n'y a aucune surprise à attendre d'une dynamique réglée comme une horloge grinçante. De même, le premier à descendre en dessous de la barre des 500 LP est assuré de gagner la confrontation. C'est une science exacte et j'en suis devenu expert. Mais à moi, jamais on me le remettra le prix Nobel.
Les Duels très mal rythmés de surcroît. Un coup d'œil furtif sur Yu-Gi-Oh! Sevens m'a permis de constater la différence majeure entre les deux. Sevens qui, en l'état, est le contre-poison de GX et que je recommande chaudement. Ne serait-ce qu'à titre thérapeutique après vous être infligé la Juju's (pour Judai) Absurd Adventure.

Chaque épisode est un voyage au pays de l'absurde, un jeu stupide où, quand on lance le dé, on tombe sur un as de trèfle. Il n'y a aucune cohérence, aucune constance, aucun suivi d'intrigue, aucune continuité viable ; vous jouez à la roulette russe et, après avoir réchappé aux cinq premiers tirs, vous vous essayez à un sixième.
Et ces gens.... ces êtres perturbés qui ne savent pas écrire un épisode.... ils se disent qu'ils vont faire une intrigue impliquant un univers parallèle. Mais oui, c'est l'évidence. Si on ne sait pas faire du tricycle, c'est une excellente idée de se mettre à la moto. Un nourrisson sur une Harley dont il n'arrive pas à atteindre le guidon : c'est ça l'animal totem des scénaristes de Yu-Gi-Oh! GX. Un animal enragé ayant vraisemblablement réchappé à une lobotomie expérimentale.
Croyez-le ou non, mais on peut passer des épisodes entiers sans que l'intrigue n'avance d'un iota et sans que ça ne soit imputable à un filler.
On introduit même des personnages secondaires interchangeables dans leur médiocrité intrinsèque sans jamais s'être donné la peine de développer les précédents. Juste comme ça, pour la beauté du geste et mieux garnir un bestiaire d'animaux insipides et sans inspiration.

Y'a... y'a même un fusil qui envoie des cartes explosives sur un fond de guitare électrique. C'est plus nanardesque - car on n'en retire aucune satisfaction au visionnage -, c'est plus lunaire ; c'est interstellaire. L'espace infini. Vous savez, l'espace, le vide absolu où on meurt d'asphyxie chaque fois qu'on s'y confronte ?! Parce que je me suis étranglé plus d'une fois en voyant ce qui défilait devant mes yeux.
Un fusil à cartes explosives bordel ! Entre les mains d'enfants qui plus est. Et pas des très malins.

On mélange les genres - encore une fois sans raison - en ne comprenant que trop tard que faire converger tous les ingrédients du monde dans une même soupe n'additionne pas le meilleur de chacun mais résulte en une bouillie indigeste qu'il nous faut ici manger louche après louche sur CENT-QUATRE-VINGTS épisodes. Parce que le délire ne s'est pas tassé rapidement. CENT-QUATRE-VINGTS É-PI-SO-DES. Mesurez la souffrance.
Une souffrance qui va crescendo. Car quand on en vient à considérer la période où Judai affrontait un singe duelliste comme la période bénie de l'anime, on sait jusqu'où on a plongé et on n'est pas sûr de remonter un jour à la surface.

Yugi donne, dès le premier épisode, un Kuriboh Ailé à Judai, soit monstre qu'on pourrait deviner emblématique dans son deck, iconique comme avait su l'être Kuriboh à sa manière. Excepté les premiers duels, la carte finit très vite sur le banc de touche. Il faut croire que Judai aurait préféré lui chourrer son magicien des ténèbres. Et son portefeuille.

Yu-Gi-Oh! GX n'est cohérent que dans son inconstance. L'écriture, ici, se veut incapable de créer seulement un enjeu ou un contexte expliquant pourquoi tout se règle par le duel de cartes. Les jeux des ombres et les prises d'otage diverses le justifiaient dans la première série. Avec GX, quoi qu'il se passe, quel que soit le problème, tout se règle grâce aux cartes. Une fuite dans le toit ? Il faut faire un duel contre lui pour que ça s'arrête de couler. C'est abusif à un point où vous n'avez pas idée, à un point que, je l'espère, vous n'aurez jamais à constater par vous-même.

On aura associé le nom de Kaiba à cette école de duelliste sans aucun sens ni objectif. Que ce personnage-ci ne se manifeste jamais quand son établissement - construit sur une île avec un volcan actif - est en danger, même quand il se retrouve en plus téléporté dans un univers parallèle (c'est compliqué Yu-Gi-Oh! GX, quoi que pas si pliqué que ça) me fait penser qu'il a créé Duel Académie pour faire sauter le bousin à la seule fin toucher l'assurance. Parce qu'une idée aussi conne, même venant du créateur égomaniaque de Kaiba Land, ça ne peut et ne doit que se terminer dans les flammes pour bien se conclure.

On nous présente des pans d'intrigue entiers supposés cruciaux et qui n'auront jamais été présentés préalablement. Yubiel était paraît-il une carte primordiale dans le jeu de Judai en des temps jadis. Cela nous est relaté dans un FB aussi piteux que tardif quinze plombes après que Yubiel ait été introduite. On improvise constamment. Mal en plus. Car les éléments absurdes qui surgissent inopinément le temps de un ou deux épisodes (singe duelliste, dormeur avec pouvoir psychique pour lui permettre de jouer aux cartes, cartes envoyées dans l'espace pour apprendre aux aliens à y jouer, femme qui se transforme en tigre parce que, une vampire ET TANT D'AUTRES CHOSES) ça ne ressort jamais par la suite. C'est anecdotique. Y'aurait de quoi écrire des fictions entières sur chaque phénomène qui advient dans GX. Mais ici, dès l'épisode suivant, on est passé à autre chose.
Comment ?! Vous avez vu l'incarnation de Jinzo dans le royaume des humaines et ne savez pas pourquoi il est apparu même après l'avoir battu à un jeu de carte ? Bah ! N'en parlons plus. À quoi bon parler de ce phénomène anodin.
Et ça, SANS-ARRÊT.

Yu-Gi-Oh! GX, c'est une maison qui se construit sans parpaing ni ciment mais avec des travailleurs qui s'agitent. On ne sait pas ce qu'ils font, ni même pourquoi ils le font, et il y a fort à parier que eux non plus. Mais ils le font, et il nous faut nous contenter de cet état de fait. Et le fait est qu'on dormira pas au chaud l'hiver venu.

J'en viens à le regretter ce pouvoir de l'amitié Yu-Gi-Oh!. Mais vraiment, hein. L'âme de cartes, ce genre de trucs, maintenant, je veux bien y adhérer si ça m'exonère de devoir croire au concept "d'énergie de duel". La déconnade va loin. Y'a même un moment Hokuto no Ken. Mais alors... comme ça, venu de nulle part pour y retourner ensuite. Eh puis l'amitié, les valeurs de camaraderie et d'altruisme, alors ici, tout le monde s'en branle. On laisse un ennemi se suicider sans même chercher à l'en empêcher. On ferme les yeux deux secondes et on redémarre en oubliant aussitôt qu'il a existé. Mais vous me direz, le sens de l'éthique dans une école qui reste ouverte sur une île pourvue d'un volcan en activité et, qui plus est, gratifiée de la disparition de dizaines d'élèves... c'est très Kaiba Corp dans l'idée n'empêche. Allez. Un point constance. Le seul. Et celui-là, ils l'auront atteint malgré eux.

Et les règles des duels des ombres, y en a-t-il seulement ? La magie est aussi vaporeuse que la substance qui embrume l'esprit des auteurs ici. En réalité, il n'y en a pas. Jamais on ne parle de jeux des ombres. Techniquement, en cas de défaite, rien ne survient. Et pourtant, il s'en trouve même un qui meurt d'une crise cardiaque en jouant aux cartes. Ce qui, par ailleurs, ne l'empêchera pas de tailler une bavette encore trois bonnes minutes avant d'expirer comme il se doit. Et de revenir à la vie. Bien entendu.
On a beau crier cent fois que rien n'a de sens, on a beau se mordre la langue pour ne pas le crier plus fort encore, on ne surmonte jamais la frustration de chercher un abri dans un édifice qui se croit construit sans que rien n'ait été bâti et où les pierres sont éparpillées n'importe comment.

On ne parlera pas du plagiat ostensible de Digimon, le procès contre GX est assez chargé. Mais y'a ça aussi. Et tant d'autres choses que vous ne voulez pas savoir.
Quand Toriyama - désolé de vous associer à cette chienlit maître - ne voulait plus d'un personnage.... il se contentait de l'oublier. Le cas Lunch est légendaire en la matière. Quand les scénaristes de Yu-Gi-Oh! GX ne savent plus quoi faire d'un perso, ils inventent une histoire... délirante serait un mot trop faible mais situerait l'idée dans ses bases. On sait pas quoi faire de Misawa ? «Je vais rester dans cette dimension parallèle obscure parce que.» Et ça lui prend dix minutes après y être entré dans la dimension obscure. Comme une envie de pisser. Il aurait pu au moins les suivre et accompagner les autres. Mais non. Et des cas d'école du même tonneau, à raison de treize à la douzaine que ça vous tombe dessus. Parce que des épisodes, y'en a de trop, des personnages secondaires inutiles aussi, mais des raisons de regarder Yu-Gi-Oh! GX pour son plaisir... j'en cherche encore.

J'aurais pu en faire des choses durant ces 180 fois 20 minutes. Des choses constructives en plus. Bah non, je les ai irrémédiablement perdues dans un puits sans fond fait de médiocrité et d'animation bon marché.

J'ai regardé la version japonaise, aussi, musicalement parlant, je pourrais qualifier le style musical de la bande-son présentée ici de VAS-Y MOLLO AVEC LE SYNTHÉ BORDEL. En ré mineur.

Avec GX, on prend les poncifs de Shônens en les caricaturant à outrance. Mais alors, comme personne d'autre ne l'a jamais fait. Le «Dark side» (officiellement nommé ainsi, je précise) de Judai qui survient avec un Zangetsu de rayon discount à son bras, la tentation maléfique de Ryou parce qu'il a changé son manteau et connu UNE-SEULE défaite à son palmarès... ce genre de choses, ce sera notre lot quotidien.

Une critique pour Yu-Gi-Oh! GX, c'est finalement trop peu. Il en faudrait une pour chaque épisode. Et elles seraient fournies... Il y aurait des chroniques, que dis-je, des sagas et des épopées à rédiger pour commenter chaque épisode. Et sans un seul compliment à faire. Mais une seule critique, finalement, c'est déjà de trop pour ce que c'est. Un panneau signalétique «Anime ultra low cost» suffirait. Un autodafé aussi. Un de ces brasiers où on y jetterait même les scénaristes.

Il faudra attendre centre-trente-sept épisodes (sur CENT-QUATRE-VINGT rappelons-le) avant que Shou ait un rôle. C'est le personnage le plus important après Judai, ce qui en dit long sur le caractère envahissant de ce dernier pour ce qui est de l'intrigue et de la part léonine qu'il s'y est taillée.
Quand il y a trop de personnages à gérer, on en sacrifie de manière purement artificielle au court d'un événement (spoiler : un duel) absolument sans enjeu. Comme ça, les scénaristes n'ont plus à gérer des personnages introduits inconséquemment durant un temps donné au prétexte que ça leur paraissait être une bonne idée à l'époque.

Et puisque le ridicule ne connaît aucune borne et trouve même un coefficient accélérateur sous la plume des scénaristes, Judai en vient à rechercher les pouvoirs occultes pour gagner ses duels. Je répète : Judai pactise avec le malin pour mieux jouer aux cartes face à Yubel. Alors, à l'attention des quelques naïfs qui souhaiteraient céder au pacte faustien, faire appel au Hollow en soi, au pouvoir du Démon Renard entre autres sceaux Majin, ça ne rend pas plus doué à Duel Monsters. Il suffit pour cela de bien piocher et de lire l'instruction sur chaque carte. C'est comme ça qu'on faisait avant GX. Et comme ça qu'on fera après.

Parodique sans le vouloir, c'est ici le cimetière de la morale qui nous abreuve de ses leçons didactiques et empoisonnées. On cherche à inculquer des leçons à des personnages qui ne retiennent rien. Tout l'arc narratif de Shou - de bien grands mots pour faire étalage de sa figuration bruyante - n'aura servi à rien. Il n'a pas appris à surpasser son frère par ses propres moyens, il a attendu que ce dernier ait une crise cardiaque pour lui piquer son deck. Ah, c'est sûr, trois Cyber Dragons sous la main, ça change tout de suite la donne quand on est habitué à Veloroid.
Le fait est que Shou n'aura pas grandi, qu'il n'aura rien à appris. Personne ne ressort grandi d'un visionnage de Yu-Gi-Oh! GX.... pas même ses personnages. Eux moins que personne d'ailleurs. Ils sont des formes animées et colorées à qui on a attribué des noms. En venir à prétendre qu'ils seraient plus que ça, c'est déjà présumer. Soutenir que ce sont des personnages construits, alors, c'est se mentir à soi-même.

Manifestation de l'inconscient des créateurs de GX ou bien sabotage volontaire : le titre du dernier générique d'ouverture est «Keep holding on» soit «Continue de tenir bon». Les paroles sonnaient à mes oreilles comme des encouragements m'étant personnellement adressés.
J'ai passé la dernière saison à me demander quel était l'objectif d'un l'antagoniste habillé en cosplay matrix. L'anime est terminé, je vous pose alors la question, c'était quoi son projet ? Parce qu'ânonner «Les ténèbres», même plein de fois, c'est pas un motif. Même pas un prétexte. C'est un nom précédé d'un déterminant qui, sans contexte, ne fait pas sens. C'est une intrigue de Yu-Gi-Oh! GX en gros.

L'adversaire final de Judai, (vous m'en voulez pas si je vous épargne la balise spoiler ?), c'est une une entité mystique se voulant littéralement l'équivalent de Dieu. Judai gagne contre lui, bien évidemment. On disait de Dieu qu'il ne jouait pas aux dés, personne n'a pensé à demander s'il jouait à Duel Monsters.

La seule intensité qu'on peut ressentir en suivant GX c'est la perspective de se libérer un jour du visionnage de ses CENT-QUATRE-VINGTS épisodes.
Et cette fin... Tout le blabla sur l'amitié pour finir sur quoi ? Judai, seul contre Yugi, Judai, toujours seul, dans le désert, sans avoir dit adieu à ses amis ni trouvé le moindre sens à sa vie. J'en viens à regretter les discours de Téa sur le pouvoir de l'amitié... GX aura été désastreux à ce point.
Qu'est-ce que ça aura été Yu-Gi-Oh !GX, finalement ? Une expérience mithridatique qui vous permettra de survivre à tout si vous ne succombez pas à l'issue de ses CENT-QUATRE-VINGTS épisodes. Ça et rien d'autre.
Et avoir écrit tout cela, après relecture, ça n'aura pas suffi à véhiculer le millième du mal que j'avais à en dire. Ne regardez pas Yu-Gi-Oh! GX, je l'ai fait pour que vous n'ayez pas à le faire. De grâce, ne gâchez pas mes efforts, vous seriez alors aussi perdant que moi dans l'affaire.

Josselin-B
1
Écrit par

il y a 9 mois

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Josselin-B
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L'arnaque des gitans

Ça nous a sauté à la gueule un jour de printemps 2013. Il y a sept ans de ça déjà (et même plus puisque les années continuent de s'écouler implacablement). Du bruit, ça en a fait. Plein, même. Je...

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il y a 2 ans

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Dragon Ball
Josselin-B
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Dragon Ball

Quand la couleuvre indolente fait sa mue

Dans les coulisses de l'Histoire, les grands hommes restent dans l'ombre, voués à l'oubli et l'ingratitude d'une masse qui leur doit tout ou presque. Dragon Ball a fait l'histoire. Cheval de Troyes...

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il y a 2 ans

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