Avant d’aller plus loin dans l’analyse, l’explication de mon titre s’impose !
D'abord, le surnom "Lady Death" qui appartenait à Lioudmila Pavlitchenko (d’origine ukrainienne), est un clin d’œil à cette célèbre tireuse d’élite, la plus efficace de l’histoire militaire féminine, redoutable pendant la seconde guerre mondiale. On comprend vite que l’héroïne Yoo Bo-na, incarné par Kong Hyo-jin, excellente dans son rôle, fait mouche à chaque tir.
Mais pourquoi faire référence au merveilleux drama My Mister (qui figure dans mon top 3) ? La raison est à l’origine même de ma critique, car je souhaite simplement compléter les avis déjà bien fournis de mes éclaireurs. Je ne sais pas s’ils ont été interpellés autant que je l’ai été… Ce qui suit ne divulgue aucun élément clé de l'intrigue. Je peux donc évoquer une scène de l'épisode 10 qui, bien qu'elle paraisse anecdotique, a réveillé tous mes sens ! Et je suis loin d’être le seul : en cherchant un peu, on découvre que lors de la diffusion en Corée, ce moment précis a correspondu au pic d’audience de toute la série, culminant à 13,3 % (pour une excellente moyenne générale de 9,2 % sur l’ensemble).
C’est une scène de karaoké où des mères de famille partagent un moment de complicité débridée (aidées, bien sûr, par l’alcool). Yoo Bo-na casse un peu l’ambiance en choisissant de chanter "One Million Roses", cette même œuvre musicale nostalgique qui sert de thème emblématique au fameux drama cité dans mon titre, et qui me touche profondément à chaque fois que je l’entends…
Tout d’abord, il est important de préciser que le point commun entre les deux séries réside dans leur équipe musicale : on y retrouve le directeur musical Park Sung-il et la chanteuse Sondia, cette dernière étant présente sur "Grown Ups" (My Mister) et "Marguerite" (A Bona Fide Killer), deux titres majeurs.
Dès lors, comment expliquer le choix de Yoo Bo-na ?
La chanson qu’elle a choisi est russe à l’origine ("Million Scarlet Roses", 1982, interprétée par Alla Pugacheva) or Yoo Bo-na a précisément vécu, par le passé, une vie trouble en exerçant ses talents en Russie. Parlant la langue, elle en connaît peut-être les paroles originales. En lisant la traduction, on s'aperçoit que le texte parle, entre autres, du sacrifice à faire afin d’offrir un avenir radieux à ceux qu’on aime…
Le plus évident reste la version coréenne et le sens de ses paroles lorsqu’on les traduit. La vie passée de Yoo Bo-na, avant qu'elle ne connaisse l’épanouissement dans sa nouvelle identité d’épouse et de mère, était marquée par la souffrance de l'enfance et par l'illusion d'une résilience de façade, celle d’une justicière entourée, mais désespérément seule dans son cœur. À l'inverse, cette chanson parle d’apprendre à aimer et à répandre l’amour. Ce choix de vie est précisément l'aspiration profonde de Yoo Bo-na, bien qu'il se heurte à son besoin de justice expéditive.
Les retours unanimes de mes éclaireurs sur ce drama - dont cinq ont rédigé les critiques qui me précèdent - m’ont motivé à le lancer. J’ai compris très rapidement leur engouement : dès les premiers épisodes, on prend un vrai plaisir à suivre cette histoire et ses personnages.
J'abonde totalement dans leur sens. Tous les rôles sont remarquablement interprétés, et le mélange des genres est savamment dosé pour offrir un récit à la fois prenant et divertissant. Il est toujours périlleux d’entremêler l’action, le drame, la comédie familiale, la romance et le thriller, mais ici, l’ensemble s’articule avec une habileté rare.
La "brigade de justice parallèle" qui accompagne notre héroïne aurait pu, éventuellement, être un peu plus approfondie, tant l’équipe est bien pensée. Les créateurs ont cependant choisi de privilégier un rythme soutenu en se recentrant régulièrement sur les personnages principaux et le socle familial.
Le thème de la justice, bien qu’intégré à l’histoire, n’est qu’un outil scénaristique plutôt qu’un questionnement de fond qui pousserait au débat. De même, la crédibilité de certains événements peut parfois faire sourire, sans que cela ne dérange vraiment. La fin, un peu alambiquée, aurait pu permettre au drama de gagner encore en qualité. Mais cela ne gâche en rien le plaisir ressenti tout au long de l’histoire et des moments partagés avec tous les personnages.