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le 20 janv. 2026
SuivreMédiéval spaghetti
La flemme d'écrire un billet là dessus. Primo parce que j'ai perdu le goût d'écrire. Dezio parce que j'en ai une en tête sur Primate qui m'a bien fait rigoler. Troizio parce que sa sapientissime...
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Ooooh, I am the last of the A Song of Ice and Fire fans
My people are gone from the earth
The last of the nerds obsessed with romantic class-conscious fantasy
who ruled the discourse in the 10's
Bon, pas tout à fait non plus, mais il règne une ambiance de fin d'une ère. La fin catastrophique de l'adaptation télévisée a détourné le grand public, et l'incapacité de GRRM à publier la suite de son oeuvre a épuisé la belle énergie qui avait animé les communautés pendant si longtemps. Les derniers fans se serrent au coin d'un feu mourant dans la neige, discutant toujours des mêmes sujets en attendant la Longue Nuit.
Alors bien sûr, un bref retour de flamme, l'adaptation de l'une des histoires les plus appréciées de l'auteur, ça allait forcément soulever de l'intérêt. C'est une nouvelle compacte, bien ficelée, aux thèmes propres à résonner avec une audience, et aux personnages attachants. Avec un peu de savoir faire, il est facile de la changer en mini-série populaire de qualité, et d'apporter un peu de positivité dans cette terre gaste culturelle.
Et par bien des côtés, c'est une réussite. Déjà, la série part avec l'avantage de ne demander en décor que l'équivalent d'un festival médiéval. Dix tentes, un muret, une estrade et un intérieur de cottage normand à pierre nue, et c'est bon ! De même, un cadre vaguement champêtre suffit largement pour les besoins de l'histoire. Avec cette bonne économie de faite, on peut se permettre d'avoir les meilleures armures de la franchise, de l'action lisible, une mise en scène inspirée, et surtout, des acteurs vraiment bien choisis.
La grosse force de cette adaptation, outre son scénario simple mais brillant par un Martin au sommet de sa forme, c'est le duo formé par les deux acteurs principaux. Tout le monde fait du très bon travail, surtout Sam Spruell en Maekar, mais ce sont ces deux inconnus qui font l'âme de chaque épisode. Une aura de sympathie se crée autour du géant et du marmot, qui effectuent le cliché mais toujours plaisant couple du gros lourdaud et du petit malin. Dunk est naïf, rustaud et bien intentionné, l'Oeuf est taquin, futé mais innocent. L'alchimie marche, et heureusement, car tout le reste en dépend.
Car justement, en réussissant à retranscrire cette relation innocente, quasi-fraternelle, la série réussit à créer un atmosphère confortable, proche du conte de fées réaliste qui imprègne tout cet univers. Enfin, une oeuvre assez sûre d'elle même pour faire quelque chose avec les blasons des maisons nobles et le folklore débile qui en découle. Enfin, une oeuvre qui peut retranscrire certains aspects plus obscurs du lore tout en ayant l'air de rien. Enfin une oeuvre qui n'a pas peur de prendre son temps et de montrer ses personnages faire leur petite vie. Enfin, une oeuvre qui donne l'impression de se balader à l'édition 2024 d'Echos et Merveille (ah, c'est peut être un peu trop spécifique, mais c'est la vibe).
Hélas, et malgré tous ses succès, la série traine son passé comme une patte cassée. Game of Thrones avait déjà établi un ton bien particulier, et encore plus cynique que les livres qu'elle adaptait. Un ton blasé avec des accents britanniques à couper au couteau valyrien ricanant de toute espèce de mélodrama ou de prise au sérieux et plaçant des jurons partout où c'était grammaticalement possible. C'était présent dès les succès des débuts, et ça a finit par cannibaliser tout le reste. Jusqu'au point où cette série, n'ayant pourtant rien à voir, se sent comme obligée de suivre dans la lignée. Les gens sont grossiers, désobligeants, sans illusions. Ils pètent littéralement sur l'honneur chevaleresque. Et c'est pas pour faire ma mijaurée, hein, je n'ai rien contre un peu d'humour rabelaisien, et la saga originelle a sa dose de salauds corrompus, mais tout a sa place. Dunk et l'oeuf a une portée particulière justement parce qu'elle met l'idéal chevaleresque en avant, et conclut que malgré tout, être une personne décente vaut le coup. Ce message a moins d'impact dans un contexte plus froid, ou la bonté du personnage est moins louée.
Sur une note négative plus spécifique, le tournoi lui même est largement ignoré, et c'est dommage, parce que la structure de l'histoire s'en ressent. Les lices permettent de présenter rapidement tout un vivier de personnages mineurs, dont certains vont se démarquer dans le climax. Le fait que ce ne soit pas repris dans un format épisodique (et donc potentiellement plus à même de créer un suspens quand à qui va réapparaitre) est une grosse opportunité manquée.
Mais bon, Valar Dohaerys, et il serait bête de gâter son plaisir pour ce genre de considérations. La série offre un spectacle de qualité, a plutôt bien marché, et dans l'ensemble, le public a compris le propos de l'histoire. Quand les vents de l'hiver n'en finissent pas de souffler, c'est une bonne petite braise à rajouter au feu.
Créée
le 23 févr. 2026
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9
le 20 janv. 2026
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