La famille Miller, un couple et leurs deux enfants à priori sans histoires, va être bouleversée quand la police va débouler chez eux aux aurores arrêter leur fils Jamie, 13 ans, accusé d'avoir tué une camarade de collège.
Durant mes vacances sur Londres, j'avais déjà repéré ça et là des affiches parlant de cette série, sans plus de précisions. Puis le 13 Mars, elle a instantanément des critiques dithyrambiques, et il faut dire que c'est comme une bombe à fragmentation émotionnelle qui nous éclabousse durant les quatre épisodes. Ce qui frappe au départ, c'est au forme ; chaque épisode, durant entre 50 minutes et 1 heure, est un seul plan-séquence, et si l'effet est toujours impressionnant, au point que je me demande où peuvent être les raccords, ça crée une sorte d'atmosphère suffocante autour de cette histoire qui ne concerne pas seulement ce qu'aurait fait Jamie, mais aussi son entourage, son collège ou les forces de l'ordre.
Difficile d'en dire trop, d'autant que si vous êtes comme moi, à savoir découvrir la série sans savoir de quoi ça parle, mais ça interroge sur l'autorité parentale, sur le pouvoir éducatif face à une jeunesse qui semble de plus en plus dans une forme d'extrême dans la violence, à la nuisance des réseaux sociaux... Le tout avec des acteurs qui sont à ce moment-là les meilleurs au monde, aussi bien Stephen Graham (le père de famille), Ashley Walters (le flic), Erin Doherty (la psy), et bien entendu, Owen Cooper qui joue le jeune Jamie. A ce titre, le troisième épisode, qui est un quasi huit-clos pour ne pas en dire plus, est un chef d’œuvre d'écriture et de tension dont on en ressort épuisé. Il faut dire que le réalisateur, Philip Barantini, a déjà réalisé un film en plan-séquence, The chef, avec déjà Stephen Graham.
La communication de Netflix sur cette série étant très importante outre-Manche, je suis très surpris de sa discrétion dans les autres pays mais c'est sans nul doute une de leurs plus grandes réussites.