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Elle s’appelait Katie. Il s’appelle Jamie. Il a 13 ans et il a tué Katie, cette jeune fille de son collège, de plusieurs coups de couteaux. Cela est révélé et acté à la fin du premier épisode,...
Le défi
Après The Chef qui racontait dans un unique plan-séquence la pression d'un restaurant étoilé le soir de Noël, Philipp Barantini revient avec son acteur Stephen Graham dans un format sériel pour parler d'un autre sujet : Adolescence. Quatre épisodes, d'une durée comprise entre 50 minutes et une heure, filmés chacun en un plan-séquence, mettent en scène la descente aux enfers d'un adolescent de 13 ans accusé de meurtre, et de sa famille. Chaque épisode se passe dans un lieu différent et emprunte un genre différent (le commissariat / film policier ; l'école / teen movie ; la maison spécialisée / film psychologique ; la maison / drame familial). Le brio du premier épisode, excellent en tout point, perd un peu de sa superbe ensuite mais chaque épisode a sa tension (les deux épisodes avec le jeune garçon, acteur débutant qui est incroyable de sincérité et de trouble, étant un peu au-dessus des deux autres). Le dernier épisode est sans doute en trop et inachevé à la fois, il perd la force des trois précédents épisodes
L'utilisation du plan-séquence est remarquable, car elle dépasse le simple exercice de style : la caméra bouge, quitte une scène en suivant tel personnage croisé en chemin, uniquement pour faire avancer l'histoire dans une autre scène. Et si on pourrait reprocher des temps morts dans les moments de trajet (à pied ou en voiture), ils sont rares à être morts, le temps suspendu pesant lourd dans la balance des crispations.
Décrivant une jeunesse inconsciente de ses actes et de ses propos, mais jamais au-dessus de ses fragilités et de son humanité, Adolescence parle d'une génération nerveuse, mal informée de la puissance des réseaux sociaux, d'une masculinité frustrée et instable, bref, de l'adolescence, âge de transition et de grand déséquilibre, dans ce qu'elle a de plus cruel, autant qu'elle évoque une éducation consciente de devoir évoluer dans ses méthodes, mais impuissante, comprenant souvent mal le langage ou les silences des jeunes. À regarder en famille, donc (et d'urgence) !
Créée
le 21 mars 2025
Critique lue 18 fois
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