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SuivreHell like teen spirit
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Adolescence frappe fort dès les premières minutes. Sa réalisation, d’une maîtrise remarquable, mise sur de longs plans-séquences d’une intensité rare, qui nous plongent au cœur de l’action, dans une proximité presque viscérale avec les personnages. C’est là que la série trouve toute sa force : dans cette immersion totale, cette impression d’être là, avec eux, de ressentir chaque émotion à vif. Le casting, d’une justesse irréprochable, achève de rendre le tout profondément crédible et touchant… difficile de ne pas être happé.
Le sujet abordé (l’adolescence bien sûr, mais aussi les dérives du masculinisme, les non-dits, les violences latentes, le choc des réalités face à une innocence moins naïve qu’on ne le pense, le danger d’un virtuel finalement bien trop réel) est fort, urgent, nécessaire. Et pourtant, une fois la série terminée, un étrange sentiment de vide persiste. Plusieurs pistes, toutes intrigantes et prometteuses, sont lancées… sans jamais aboutir. On évoque des éléments troublants — un entretien psy aux accents obscurs, un ami fuyant et suspect, une camionnette taguée “pedo”, une meilleure amie accusatrice, des plaies inexpliquées — mais rien ne trouve de conclusion. Pas même une amorce de réponse. Tout est effleuré, survolé, abandonné.
On sent qu’il y a là un choix artistique assumé : celui de laisser au spectateur le soin d’interpréter, de combler les vides. Et c’est un parti pris qui peut fonctionner, surtout quand il s’accorde avec le flou émotionnel propre à l’adolescence. Oui, le choix du non-dit peut être un parti pris artistique. Oui, l’interprétation libre est un procédé respectable. Mais ici, ce flou constant finit par creuser un vrai manque : celui du sens. À force de refuser de trancher, la série laisse un certain goût d’inachevé. Une liberté laissée au spectateur qui finit par devenir un peu frustrante, car elle concerne des enjeux lourds, profonds, qui méritaient peut-être plus qu’un survol.
Si le but était de dénoncer certaines dérives sociétales (masculinité toxique, violence symbolique, pressions sociales) alors on aurait aimé que le propos soit davantage assumé, poussé, porté avec clarté. D’autant plus si la série s’adresse à un public adolescent (qui n’est à mon avis que l’un des nombreux publics plébiscités, mais reste le plus directement concerné après les parents à qui ce genre parlera plus), qui, précisément, a besoin d’un cadre, de points de repère, d’un discours qui éclaire.
Reste une œuvre profondément touchante, bouleversante par instants, visuellement marquante et admirablement jouée. Une expérience à vivre, sans aucun doute. Mais dont on ressort autant ému… que perplexe.
Créée
le 17 mai 2025
Critique lue 16 fois
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