À trop vouloir croiser les genres, Disney nous sert ici un gloubi-boulga scénaristique : trois intrigues intéressantes sur le papier, mais mixées sans cohérence. Résultat : on perd vite le fil et l’envie d’y croire.
Le pire reste ces incohérences ludonarratives. Exemple : pourquoi une créature capable de faire un vrai carnage d'une 10ène de personnes ou plus, en moins de 5 secondes chrono, se transforme en mollasson dès qu’elle croise un héros. Comparez avec Alien (1979) : le xénomorphe ne “choisit” jamais d’hésiter, il attaque froidement, implacablement, et c’est ce qui fait grimper la tension.
Allez une autre aberration qui m'a donner envie d'hurler aux affronts des sciences et de mon petit coeur cyber punk dans l'âme : Moi j'ai péter un câble en voyant les moteurs allumés du vaisseau pendant et poste crache, tout le long du 1er épisode et début épisode 2 avec le 0 conséquences qu'on nous montrée à l'écran ! Putin !
Attention petit spoil : c'est pas comme si le vaisseau ce crachait en partie a cause de son manque de carburant et qu'un vaisseau qui fait une vitesse de croisière interstellaire vas se cracher moteurs allumés plus lentement que ma grand mère ne se déplace en déambulateur HAAA !
Dans LE VRAI Aliens de 1986, chaque détail matériel (portes, tourelles, détecteurs de mouvement) est pris en compte pour nourrir la survie des marines. Là, Disney balance de la déco sans se soucier de cohérence.
Côté biologie, c’est encore pire : larve autonome en 48h, puis monstre géant en quelques heures. TGCM puissance mille. Quand Scott et Cameron définissent le cycle du xénomorphe (œuf → facehugger → chestburster → adulte), ils respectent un rythme crédible et surtout constant. Ici, ça pousse comme un champignon sous stéroïdes selon la convenance du scénario.
Bon allez encore un léger spoil si vous l'avez pas vu celui-là évitez de lire svp ...
Et cerise sur le bunker : la bestiole qui est enfermée dans le bunker à s'occuper en découpant des scientifiques à la pelle, d'un coup, POUF ! Elle se téléporte pile au-dessus d’un perso dehors dès qu’on l’appelle. C'est grisant O_O
Dans Alien 3, la créature poursuit implacablement, on la voit se déplacer, se faufiler, traquer : rien n’est gratuit, tout a un chemin logique. Alien Earth, lui, préfère la facilité du “pop magique”.
Sans parler du mauvais jeu d'acteur un peu généralisé dans cette série :/
En résumé : là où la saga Alien a bâti sa légende sur la cohérence, la logique interne et une peur viscérale, Alien Earth triche, bidouille et multiplie les passes magiques pour sauver ses personnages. Résultat : l’emballage est joli, mais l’angoisse est artificielle.
Bref, de la belle ambition sabordée par une écriture qui force tout et n’importe quoi. À regarder si on aime crier "mais pourquoi ?!" toutes les cinq minutes, mais sûrement pas si on cherche un digne héritier de Ripley.