Noah Hawley est une figure reconnue du milieu sériel, et le voir aux commandes d'une série Alien avait de quoi franchement enthousiasmer, notamment pour le potentiel d'imprévisibilité et d'intelligence dans l'écriture dont fait preuve le réalisateur. Alien: Earth se situe chronologiquement deux ans avant le premier film de Ridley Scott, et fait le pari d'amener la créature Gigerienne directement sur Terre. Esthétiquement, les visuels oldschool des intérieurs des vaisseaux (beiges, écrans cathodiques) et de l'imagerie granuleuse terne (aux blancs cassés) répliquent délibérément cette époque cinématographique. En ce sens, la mise en scène d'une SF à l'ancienne et l'ambiance dans l'espace sont réussies. L'esbroufe plus moderne des plans aériens virevoltants convainc moins, tout comme le montage quelque peu hasardeux.
Ce qui est également le cas du focus de l'histoire, bien plus attelée sur l'affrontement de différentes compagnies technologiques et leurs versions du futur de l'homme - androïde, cyborg (digne du T-1000), ou hybride de conscience humaine dans un corps synthétique - plutôt que sur le Xénomorphe se retrouvant surtout spectateur de sa propre série. Son écriture est frustrante tant son comportement s'annonce illogique et inconsistant ; Hawley ne semble pas savoir quoi en faire et le rend souvent ridicule. À vrai dire, les autres créatures extraterrestres et horrifiques qui arpentent les couloirs semblent bien plus intéressantes, même si leur emploi majeur est pour des séquences gores prévisibles.
On peut retenir l'épisode 5 qui est un survival entier dans le vaisseau, un peu en remake du film d'origine, et expose des évènements tus sans trop de raison lors du premier épisode - de quoi s'interroger tout de même sur l'écriture globale du show. À cette image, les personnages sont des archétypes qui intéressent peu, hormis peut-être ceux joués par Timothy Olyphant et Babou Ceesay ; rares figures constantes et charismatiques au long des 8 épisodes. La soi-disant équipe d'experts en charge de capturer des formes de vie extraterrestres manifeste des (ré)actions consternantes. Il y a également ce gimmick daté de finir les épisodes sur des musiques Rock/Metal, désamorçant souvent le peu de sérieux mis en place.
Alors qu'on espérait une série terrifiante en proie aux Xénomorphes semant le chaos, on se coltine les états d'âmes de différents humanoïdes séjournant dans le laboratoire où sont détenues les espèces aliens. Le setting sur Terre ne présente aucun intérêt puisque la plupart des séquences sont en intérieur (vaisseaux, compagnies, labos) et un scénario situant le tout dans un vaisseau colonie aurait déjà largement changé la donne de l'intrigue. Ce n'est pas ce que l'on attend d'une œuvre Alien (qui aurait mieux fonctionné sans attache à la saga) et la pauvreté du finale ne donne aucunement envie de poursuivre sur une saison supplémentaire.