Eh mais c'est qu'elles sont plutôt jolies ces affiches avec le Xenomorphe qui croque ou bave sur la Terre ! J'en mettrais bien une comme fond d'écr... Quoi ? Comment ça "la série" ? Ah... Ahhhhh ouiiii ! La série Alien: Earth ! Comment l'oublier... ou plutôt comment faire en sorte de ne pas l'oublier ?
Parce que c'est quand même étonnant qu'une licence aussi légendaire qu'Alien puisse déboucher sur une série gros budget aussi inoffensive que passable. Moi-même j'avais visionné le premier épisode au moment de sa sortie pour finalement laisser le restant de la série au fond d'un tiroir pendant pratiquement une année . Rien de ce que j'avais vu dans cet avant-goût m'avait franchement donné envie d'à tout prix visionner l'ensemble (aussi, j'avais plus de compte Disney+ à squatter). Mais vlà dis pas que le destin m'a finalement réuni avec le plus vilain des extraterrestres, et le résultat des courses est déconcertant.
Pas aussi malin qu'il ne pense l'être, Noah Hawley livre une série visuellement imprenable mais pas aussi intelligente que le laissait présager le premier épisode. Oui j'y reviens à celui-là, car cette première plongée d'une heure dans l'univers d'Alien: Earth laissait présager des épisodes mêlant habilement horreur spatiale à transhumanisme, saupoudrée de références à notre pop culture et de plans très soignés dans leur exécution. Mais dès le second épisode, l'évidence s'impose : la série ne sait pas ce qu'elle veut réellement être, surtout au niveau de l'horreur qu'invoque cet univers de fiction. Car quand il s'agit de faire des scènes qui font peur, tous les réalisateurs se plantent complétement, livrant des séquences qui tirent en longueur et flinguant toute forme de vraie menace pour les héros. Merde quoi, on parle quand même du Xenomorphe, la machine à tuer ultime, ici incapable de déchiqueter l'un des personnages principaux juste après avoir détruit une escouade de soldats. Où est la logique ? Dans le scénario ? Non plus, car comme la moitié des personnages sont des androïdes, je n'ai jamais peur pour eux car j'en ai rien à foutre qu'une machine trépasse.
Le traitement de l'alien en lui-même ne me gêne pas, la créature ayant été ridiculisée pour de bon déjà en 1986 avec James Cameron qui flinguait la menace comme un vulgaire nuage de moustiques. Autant tenter quelque chose de nouveau et explorer les liens entre monstres et cyborgs, les 2 partageant le point commun de parasiter un autre corps pour un jour devenir adulte. Là je comprends et valide la démarche de Noah Hawley, mais le reste s'avère si peu intéressant que la série perd complétement son air "brainy". En fait, Alien: Earth c'est un peu comme si un étudiant en physique s'habillait tout le temps comme Albert Einstein : on comprendrait l'idée mais on ne verrait finalement qu'une pathétique et présomptueuse façade.
Cela dit, la série en soit ne m'énerve pas plus que ça et a le mérite de me divertir. Le bestiaire qu'elle invoque est d'ailleurs assez amusant, explorant l'univers au-delà du Xenomorphe pour proposer de nouvelles saloperies qu'on rêverait d'écraser sous nos chaussures pour échapper à la mort. À ce titre, l'épisode hommage au premier Alien est riche en séquences bien crasseuses, quoique un brin saboté par un costume pas terrible pour représenter le monstre titulaire dans le vaisseau. J'apprécie qu'on fasse appel aux effets pratiques, mais dans certains plans ça va juste pas du tout : j'arrive à deviner la tête du cascadeur planquée dans le cou de la bête.
Autre grande source de divertissement : une belle galerie de personnages. Entre le cyborg psychopathe, le vilain petit génie aux pieds nus et l'androïde pince sans rire, y'a amplement de quoi passer un bon moment même lorsque les créatures ne sont pas à l'écran. Cela n'enlève toutefois le problème des personnages écrits avec le pied et les décisions stupides qu'ils s'évertuent à prendre. De quoi sérieusement rappeler les 2 dernières tentatives de Ridley Scott dans l'univers Alien. Décidément, certaines choses ne veulent pas changer.
Pas dégouté mais pas impressionné non plus par la série Alien: Earth qui tente des trucs mais qui ne semble jamais savoir ce qu'elle veut être. Un ajout pas désagréable au monde créé par Dan O'Bannon et Ronald Shuset, mais pas non plus nécessaire. Je décèle toutefois un potentiel intérêt inattendu à cette oeuvre globablement conspuée par la communauté de fans : peut-être finira-t-on par enfin revoir à la hausse les sympathiques Prometheus et Alien: Covenant (c'est quand tu veux pour le troisième film, Ridley) ?