Je regarde mes notes (oui, je prends des notes, y a quoi) et c'est un peu décourageant dans le sens où comme Andor, c'est long, et... je suis pas convaincu que ce soit intéressant ; cela dit vu les retours que vous faites sur la série je me dis… peut-être vous pouvez tanker ?

Je veux dire au bout de... plus de 15 heures, hein, de "contenu" globalement insipide, dont par ailleurs on connait déjà l'aboutissement, je vois des 8, 9, 10 poper je me dis "tiens, peut-être que je viens de trouver mon public".


Bon alors après, sachant qu'on m'a vendu ça et "the mandalorian" comme vraiment le haut du panier de ce qui se faisait en matière de série Star Wars, je dis pas que... je vais toujours être de bonne foi. Voilà. Peut-être même, je sais pas, qu'on pourrait percevoir derrière certains de mes propos, une sorte de rancune. Un peu... de fiel. (puis ça va spoiler à balle, je devrais même pas me sentir obligé de le dire)

Donc on va essayer d'évacuer ça rapidement, premier truc : il est où Danny Trejo?


il est où Gerardo Taracena, il est où Alcázar, Joaquín Cosío, ils sont où ?


-

Non mais attendez, je reviens sur le mandalorien là, je sais c'est tôt pour digresser mais vous voyez, le moment où malheureusement, il retire son casque. Là j'ai eu un petit panneau lumineux qui s'est mis à clignoter devant mes yeux marqué :

"PAPA".


(C'est... c'est hormonal ça quand tu vois un papa et que tu... enfin, normalement ça s'allume.)


terminado le chasseur de prime impavide, maintenant c'est : le dad. ♪

T'aurais préféré Daddy Trejo, voir un peu comment il aurait interagit en rentrant en collision avec la bordure extérieure, non. t'auras le dad vanilla, (parce que Pedro Pascal, en tout cas à ce moment là, il a pas d'enfants connus.)

alors je vois bien le coté baby cart, mais... quand t'as Tomisaburo Wakayama qui arrive, t'as pas le même panneau qui s'affiche, curieusement - est-ce que ça a un lien, avec le fait qu'il a passé sa carrière à mettre des ippon et des namikiri-no-tachi à tout le monde j'en sais rien mais là t'as + le coté "père" qui ressort - d'autant que lui il avait déjà fait le taf avant baby cart.


Le père / le dad.

Jus de chaussette carte noire à 5H à la station esso / Flat White à 6 euros à en terrasse. Je sais pas si je suis bien clair quand je dis de la merde.


D'autant que vous savez quoi en vrai j'ai rien contre Pedro Pascal ; les deux premières saisons de the mandalorian pour le coup c'était pas loin d'être convaincant, même si voilà je suis pas sûr du choix de casting.

T'enlèves le casque de Samus, tac, Sigourney, t'enlèves le casque de Mando, tac, random du stunfest - mais ok.




Ok, parce que Cassian Andor.


Cassian Andor, pendant deux saisons.

Ça aide à relativiser - bon pour être clair, que je structure un peu mon propos : moi vous pouvez me mettre des mexicains dans les rôles principaux tant que vous voulez, j'adore les mexicains.

...Non attendez, c'était pas ça.


Si, oui voilà : moi vous pouvez me vendre un scenar dont je connais déjà la fin, encore faut-il que le voyage vaille le coup d’œil, et je demande pas grand chose, je suis capable de revoir des films ou des séries un peu nul(les), mais ayant deux trois trucs auxquels me raccrocher et je sais d’expérience que ça peut-être n'importe quoi, une musique, une tension, des répliques bien senties, une ambiance particulière, un mec que je connais, un moment de profonde immersion, un joli minois, la bagarre, une révélation philosophique / métaphysique, un asset bien pensé, un cabinet de curiosités, un modèle de bagnole, un calendrier de références, des personnages accrocheurs, tout ça après c'est de la cuisine mais - suffit - vous voyez déjà où je veux en venir.


A partir des tout premiers épisodes on se doute bien, dans les grandes lignes, de ce que ça va être, le parcours d'Andor jusqu'à rogue one - la route a intérêt à être accidentée, faudra quelques bosses, quelques ravines, monsieur, que je ne m'endorme ! (surtout sur le siège passager) Et... Cassian c'est déjà un très mauvais signal qui m'est envoyé, parce qu'en plus du manque évident de charme et de caractérisation qui fait (trop) souvent le propre des personnages principaux dans les "fresques" du genre (encore un random du stunfest, oui) eh bah il est simplement imbuvable, dans 95 % de ses interactions... et non interactions, en fait, affichant systématiquement la tête d'un petit écureuil énervé à qui on aurait volé ses noisettes.



"Gnnnh !"

"de tui énervéééé !"

"Grrr !"


A ce niveau difficile de savoir si c'est une histoire d'acteur ou de direction (je dirais la direction quand même), mais ça il fait de la résistance, oui, à tout et à tout le monde.

Caaalme-toiii, Cass'noisettes, parce qu'il faut tenir deux saisons là, et que les gens, ils font finir par avoir envie de te pincer les joues.


Parlant de ça faut aussi que je prenne quelques précautions oratoires de mon coté - c'est pas parce que je fais le constat qu'on refile les sidequests à des mexicains et des portoricains dans les Star Wars Disney que ça y est, je suis dans une forme d'opposition ricanante à tout ce qui serait "politique institutionnelle de diversité et d'inclusion" (dont Disney se réclame, hein, ça c'est prouvé, voilà.), parce que moi j'adore la diversité. (Et toc.) Et justement le second point qui m'a posé problème, et ce pendant l'intégralité du visionnage de la série c'est le manque flagrant de diversité.




Je sens bien que ça vous la coupe.

95% d'humains représentés à l'écran au bas mot, souvent 100 %, et un deck principal de persos tous humains aussi... des fois c'est à se demander si on est dans le bon univers ; il y a plus d'humains dans cette foutue série disney star wars que dans Bienvenue à Gattaca Mais c'est sûr que c'est pas les twi'leks les zabraks (et les scoubidoubidous ♪ ) qui vont revendiquer des trucs.

Vous me direz (et à raison) :

"ouiii (je sais pas pourquoi je vous imagine insupportables, je vous demande de bien vouloir m'excuser.) ouiii, mais franchement t’exagèèères, tout le monde sait que déjà sur le tournage d'un film le maquillage c'est un enfer pour tout le cast et les figurants, ça fait perdre un temps considérable et donc du pognon - sur 1H30 de film à produire foutre des acteurs maquillés et déguisés dans tous les sens ça s'envisage mais sur 15 heures de série, surtout si faut refaire des prises, re-maquiller des acteurs etc c'est juste pas possible"

Et moi tout comme vous ! Rasoir d'Ockham, trucs du genre. Mais en creusant un peu, c'est pas les explications que fournit Tony Gillroy :

“There’s already so much politics in the show to begin with, and we’re trying to tell an adventure story, really. So adding strong alien characters means that all of a sudden, there’s a whole bunch of new issues that we have to deal with that I don’t really understand that well or I just couldn’t think of a way to bake them into what we’re doing. You’ll see more as we go along, but it’s a legit question and one we’ll be answering as we go along. There is a more human-centric side of the story and the politics of it. There’s certainly no aliens working for the Empire, so that kind of tips it one way, automatically.

En gros : On raconte déjà énormément de choses politiques ; si on introduit des personnages aliens forts, il faut commencer à traiter tout ce que leur différence implique politiquement et culturellement, puis bon t'manière il y a pas d'Aliens qui bossent pour l'empire donc...

Et moi tout comme vous Rasoir d'Ockham, trucs du genre, je me dis "ça ressemble quand même à une grosse disquette des familles" d'autant que :

1 - Non, Star Wars a toujours représenté des Aliens sans forcement chercher à les "caractériser" différemment des êtres humains, la plupart ont en partage avec eux les organisations civiles, religieuses, politiques, sont humanoïdes et adoptent un comportement ne diffère pas tant des humains à l'écran.

2 - pour les Aliens dans l'empire c'est vrai à quelques vaches prêt (donc pas totalement vrai) mais c'est pas la moitié du sujet de la série, qui parle et qui montre... les prémices de ce qui constituera la résistance, la population qui elle se caractérise par davantage de diversité, les barbus, les gonzesses, les hommes poissons - comme dans la vraie vie, quoi.


Puis bon j'arrive pas la série avançant à avaler ça, et vraiment c'est le premier contenu star wars où je le RESSENS, que c'est... "bizarre", voyez, cette uniformité raciale. A part le mon calamari vers la fin de la S2 qui cause un peu c'est assez fou à quel point le peu des aliens qui apparaissent à l'écran ne servent à rien, c'est même plus des PNJs à ce niveau.

Mais à ce stade (S1 E1, 2) je peux pas savoir, je verbalise pas encore, d'autant que j'ai déjà des problèmes aussi avec le montage, l'illustration de flashbacks là où j'ai mis du temps à comprendre que c'était des flashbacks et pas juste... une autre scène ailleurs au même moment - mais pour l'instant pareil je passe là dessus, je suis un garçon relativement dissipé je me dis "c'est peut-être de ma faute." On va y revenir.

S1, E 3-4 Je commence un peu à voir à qui j'ai affaire - pour ceux qui... voilà, c'est le mec qui va te dire "Ouais non moi Star Wars écouuute (oui il est insup' aussi) j'ai jamais tellement accroché à tout ce qui était sabrolasers, la force et tout. Non mais c'est bien hein, mais est-ce qu'on fait pas un peu l'impaaasse, tu vois, sur le processus d'aliénation des travailleurs conduisant à l'émergence de foyers de contestations pré-révolutionnaires dans la bordure extérieure ?"

- ... -

"Non mais tu comprends pas, ça passe par des petites choses, les petites humiliations de ton N+1 en salle de réu, ou juste... Voilà, le couple dysfonctionnel d'une sénatrice, et puis bah... tout ce que ça engendre de problèmes relationnels avec sa fille, ça compte ça ! Même... tu vois un truc tout con, des problèmes logistiques, comment on s'organise en pleine jungle Cubaine si il y a, mettons, 3 paires de gants pour 4 tenues, comment on partage, comment on gère les petits conflits internes ?"

-Ah oui d'accord, mais il y a Danny Trejo quand même à un moment donné ?

"Ouais non moi tout ce qui est aliens écouuuute j'ai jamais tellement accroché, non là on parle de l'humain avant tout. Tu vois qu'il faut savoir à un moment donné se sevrer par rapport à des objets transitionnels qui, si tu veux..."

-Alors non. Non non.


Le pire c'est que je devrais être habitué à Disney qui plutôt que d'étendre les enjeux des licences sur lesquelles ils font main basse vont racler les fonds de chiotte des trucs secondaires sous forme de séries, spin-off etc, au moindre film qui sort un peu la tête de l'eau (genre rogue one) ça y est c'est le moment de balancer du pognon sur telle backstory de tel perso dont on se foutait déjà de BASE.. Et comment ils te font passer ça ? En mettant en avant un ton "plus adulte" - qui consiste en fait à te retirer tes jouets, voir quand tu vas commencer à brailler. "Alors, on est un gros bébou ? Hein ? T'aimais bien la bagarre avec les néons là regarde, hop, je l'enlève. Tu vas pas pleurer hein ! T'es un grand maintenant."


Alors je sais, c'est dommage que je le prenne comme ça ; après tout la seule faute de Tony Gillroy c'est d'avoir voulu m'ouvrir sur autre chose, de me sortir de ma torpeur adulescente. Et que si vraiment j'étais réfractaire à sa démarche eh bah il y aurait pour moi du contenu Star Wars pour enfants à foison ; en bref, il irait presque jusqu'à me demander ce que je fous encore ici, sur ma propre critique ! : (



Plus sérieusement, pour ceux d'entre vous qui pensent que je suis en train d’exagérer le trait grossièrement : (source, LA Times)

I was never anti-‘Star Wars,’ but when I came on ‘Rogue’ I didn’t know that much about it,” Gilroy says in an April video call with Luna, the showrunner from New York and the actor in Madrid. “It wasn’t a fascination for me. But the piece of material, the scale of the landscape and its subject matter coincided with a whole bunch of things that I was really interested in doing.
“I was in the mood to sum up all the things I think about history and revolution and betrayal and everything,”
This universe is so rich and interesting as a metaphor to reflect the world you and I live in. It’s a great tool, this galaxy far, far away.
Luna : “It’s fantastic to have the chance to explore very simple things, very simple moments of life, and then pull everything together and say, ‘This is a revolution, and it’s really complex.’”

M'voyez. Et concernant ce dernier point ben oui pourquoi pas explorer les petites choses, qui accumulées participent machin machin ça se défend ! Ce que je critique c'est la démarche globale qui consiste à expurger la SF en ramenant systématiquement les "petites" choses en question à notre réalité - et toute cette série transpire, de ce rapport au mieux "distant" (pour ne pas dire méprisant) avec l'altérité que justifierait le cadre d'une œuvre de science fiction. En gros l'inconnu, l'alien, la transgression des lois physiques et des coutumes, la mystique propre à Star Wars, c'est vu ici comme parfaitement contingent, ou tout simplement ignoré - alors oui, j'ai compris, c'est pas son sujet. Ou SES sujets, sur lesquels il a juste appliqué un skin Star Wars, si vous voulez, Mais à un moment donné il y a marqué Star Wars dessus, donc on peut pas me blâmer de venir y chercher du Star Wars ! Et honnêtement il y en a hein ! Un peu.


Là on en arrive au point où l'on pourrait me rétorquer que "oui bon, c'est bête ta façon de penser, parce qu'à absolument pousser les curseurs dans la direction SF / Star Wars, tu vas passer à coté de la série, qui indépendamment de l'univers dans lequel elle est supposée s'inscrire frise l'excellence, ou tout le moins vaut vraiment le coup d'insister."


Erh. Si il faut en passer par là, moi je dis "Allons-y", quoi.


Donc là on en était au moment où cass'noisettes avait rejoint les clodos de la résistance dans les montagnes pour organiser ce qui constituera le moteur de l'arc, un braquage. Bon faut pas s'attendre à océan's eleven, le plan ressemble plus à : s'enfuir d'une garnison impériale avec plusieurs tonnes d'or à bord d'un vaisseau cargo avec tout l'équipage. Et échapper à des TIE monoplaces hyper maniables à la faveur d'une sorte de pluie de météorites - Bon là même cass' est obligé de souligner la faiblesse de l'idée genre :


"c'est un plan de merde."


-Alors oui, mais on a un vieil appareil de guidage, un genre de polaroid là, pour fuir à bord de notre cargo à gros cul à travers les trajectoires erratique de projectiles volants. Et les tirs ennemis.


-Et les TIE ils ont pas de système de guidage comme ça eux ?"


-Non.


-Mais attends comment ça marche ton truc...


-eeeh, TKT frr ; tu veux lait ?


On peut tout justifier par un objet magique et de jolis discours, mais il n'empêche on se dit pas "ah ouais c'était malin" en voyant le résultat à l'écran. Pourtant ce plan boiteux ben il s'étale sur plusieurs épisodes, tout ça pour nous expliquer comment ils vont s'en sortir miraculeusement inch'Allah .

Qu'est-ce qu'on peut remarquer euh... le retour de l’Hermite baveux ! Alors ça ouais c'est... que mes critiques commencent à développer un lore ; mais en gros faut interpréter ça comme étant de mauvaise augure... bah parce qu'on le déteste, tout simplement, depuis Alien : Earth.

Toujours un peu sujet à caution, parce que débattu, le fait que cette fine équipe ait carrément des fusils AK-47 (bien sûr renommés, mais l'apparence ne laisse planer aucun doute d'ailleurs c'est pleinement assumé par Susanna White) l'arme iconique des révolutions modernes et... terrestres, hein, une fois de plus. Bon, moi je trouve le procédé particulièrement bourrin, mais ça souligne à nouveau cette tendance qu'à la série de nous tirer vers notre réalité en permanence - parce qu'en fait si il y avait un client naturel pour remplir le rôle de l'AK-47 bah ça aurait été le fusil blaster E-11, même modifié, tout connement... enfin là dessus je prétends pas avoir un avis éclairé donc je laisse les fétichistes des GUNS s'en dépatouiller.

Non, vu que je cherchais activement des explications à pourquoi je me faisais chier à ce moment là, j'ai pas pu passer à coté des dialogues, qui sont... affligeants tant ils sont MORTS en dedans, quoi. Même mes conneries, là, plus haut, à coté c'est du travail d'orfèvre, bah... j'ai pris une scène au pif, du début à la fin et je vous laisse en juger :


[ouverture, deux impériaux sur une muraille]

lieutenant : "caporal Kinsley ?"

caporal : "Lieutenant"

lieutenant : "vous profitez de la vue ?"

caporal : "oui lieutenant. -...- J'avoue qu'on s'ennuie un peu ici par moment.

lieutenant : c'est toujours très inspirant n'est-ce pas.

caporal : "J'imagine. -...- Ils veulent détruire tout ça, c'est vrai ?

lieutenant : "c'est en cours de discussion"

caporal : "pour en faire une base aérienne, c'est plutôt logique."

lieutenant : "c'est un énorme projet"

...

caporal : "et il n'y aura pas beaucoup d'andaris pour nous ralentir... -(...)- vous pensez qu'ils seront combien demain ?"

lieutenant : "je ne sais pas, il y en avait moins de 100 la dernière fois"

caporal : assez pour continuer à les sentir de loin. -(...)- vous pouvez imaginer cet endroit avec 2000 d'entre eux ?"

lieutenant : "oui, je le peux. Bon, reprenez le travail caporal, je ferais des rondes demain soir et il faudra être à votre poste."

[le lieutenant se barre, cut]


Non mais oskour la PURGE ! Et c'est pas... le pire truc, c'est ça, TOUT LE TEMPS, t'as tes neurones qui te coulent par les oreilles ! Puis alors, anti naturel au possible, ça s'étale, ils attendent bien qu'une ligne soit terminée avant d'en dire une autre, il y a des réponses elles ont l'air de poper de manière complètement aléatoire et hors sujet, les conflits sont introduits au chausse pied... c'est même plus superficiel, c'est... incompréhensible, genre les protagonistes sont énervés pour 0 raison d'un seul coup, alors... j'ai testé un peu en VF et en VO pour voir, et dans les deux cas je suis désolé mais jamais j'accorde plus de 6 à une série dont les dialogues sont systématiquement indigents. - même.. cette scène là, elle a un goût flotte, c'est décaractérisé, interchangeable, et un peu criminel dans le sens ou c'est seulement là pour faire de l'exposition et du foreshadowing grossier et puis c'est CHIANT, quoi !


Vous noterez quand même : "J'avoue qu'on s'ennuie un peu ici par moment."

Ça je reconnais c'est métatextuel.

Je dirais même, ça, plus Cass' qui avoue que tout le plan sur lequel repose la mission c'est ni fait ni à faire, c'est le réalisateur qui se fout de votre gueule. Je les connais ces mecs là !


...


Comment ça, "complotiste", tiens regarde !

Tony Gilroy: I write from dialogue. So for me to plot and write, I mean, it’s my entry point, so it puts me at a little bit of a disadvantage because that’s how I start. That’s pretty much most of my process begins with dialogue almost all the time.

Non là au bout d'un moment ça commence à ressembler à de la provocation.


Pour être franc sur 15 heures j'ai du noter 3-4 lignes qui faisaient mouche, alors au risque de donner l'impression, comme ça, de monter sur mes grands chevaux, je dirais que ça fait pas beaucoup.


... Mais ça pourrait être assez si ça ne devait pas contre-balancer des platitudes du genre "la femme du commandant avait besoin d'aide pour déplacer des meubles pour le diner".

J'insiste un peu ; mais je pense profondément que quelqu'un, qui est amené dans sa carrière à écrire ce genre de choses a, dans une vie antérieure, écrasé des bébés hérissons tout mignons - avec une ford fiesta.


Et... oui j'y connais rien - la peinture, le cordonnier tout ça MAIS j'ai l'intuition que c'est le genre de choses qui n'arriverait pas si il y avait un travail de caractérisation des personnages autre que "fonctionnel dans le récit" en amont. C'est quoi ses passions à Andor ? À part être énervé comme ça grr !

Pour qu'on personnage ait SA colonne vertébrale de personnage, sa démarche propre, ses tics de langage, ses habitudes, bref, une façon unique d'interagir avec l'univers dans lequel il évolue au point où le spectateur sente qu'il pourrait continuer à exister en dehors du récit, il y a pas 36 solutions. Soit tu écris pour l'acteur qui est déjà un peu le personnage sans qu'il n'ait à changer grand chose à sa façon d'être au monde, je veux dire il y a des acteurs qui ont fait une carrière sans tellement varier de nuances, ce qui ne pose aucun problème - soit l'acteur est un caméléon et il "crée" artificiellement une colonne vertébrale à son personnage, c'est des trucs qui ont été théorisés ça (Stanislavski, Strasberg, Chekhov) et c'est ce qu'on constate quand un acteur "devient" le personnage en amont en prenant ses tics, ses habitudes, sa façon de penser etc etc, et qu'ils ont même de la peine parfois à sortir du rôle, VOIRE qu'ils portent la contradiction au réa genre "non il ferait / dirait pas ça à ce moment là". Dans le premier cas de l'"acteur personnage" ça se traduirait plus par : "non celle là j'arrive pas à la jouer comme ça."


Est-ce que je vois ça en regardant ce show, ben non. Ni ça ni un peu de vie, de générosité, d'improvisation ; une fois encore c'est pas "mal joué" à proprement parler mais ça n'existe pas assez pour être autre chose que fade.


-


Je retombe sur un truc de montage, là dans mes notes, j'avais dit que je reviendrais dessus donc là c'est pareil hein , il y a "à peine fonctionnel" qui revient à tous les étages puis même "Nolan" qui est cité donc autant dire que c'est du sleeping material de qualité les amis.

Je vais prendre un exemple dans le S2 pour changer un peu e11 vers 32:OO - encore une fois ç'en est un parmi d'autres mais la critique est déjà assez touffue on va éviter de les empiler - Kleya, donc, envoie une transmission cryptée qui est localisée et par l'empire et par les rebelles, qui au moment où ils arrivent sur place voient qu'il y a déjà une navette impériale qui vient d'arriver - donc là en tant que spectateur, on sait déjà qu'il y a de fortes chances pour qu'ils se croisent au point de contact, panipwoblèm.

Cassan et un boug' à lui ils s'aventurent dans les couloirs du bâtiment d'où le signal émet ; ils avancent lennnntement, en silence et aux aguets, plus de musique de fond BREF on sent que le montage te dit "là c'est un moment de tension, normalement dans pas longtemps il y a un stormtrooper qui surgit d'une poubelle : enfin la régina - personne ne peut la louper celle là. Puis ça dure hein, j'ai été obligé de passer en x2; j'ai pas leur temps moi (lulz). Et là cut inopiné, complètement en détente, sur les stormtroopers qui débarquent du shuttle.

Je vous laisse compter les échecs cumulés en 1 cut.

Ah le cut à la Nolan quoi, puis il revient souvent celui-là, avec le même goût pour les nappes musicales qui aplatissent tout, n'importe quand. Un type va récupérer sa bagnole au parking, pour la musique à ce moment là c'est la GUERRE - ou chez Nolan "le démon de l’événement en marche", et vas-y les war drums, les ostinatos zimmériens "mais où nous conduira la folie des hommes" mais caaaalme-toi, là, je traverse la rue c'est tout.

"OUI MAIS CUT, parce que pendant ce temps eh bah la petite vendeuse de pâtisseries maghrébines là eh bah elle est en train d'afficher un panneau "fermeture exceptionnelle du 11 au 14 Aout !"

-Mais... il y a un rapport avec euh...

'OUI MAIS CUT, parce que juste après on voit un fourgon de CRS débarquer dans le 13ème. Mais la circulation est bouchée, d'ailleurs on voit un conducteur s'impatienter là."

-Oui on est deux.

"TINTINTINTINTSIN TINTINTINTSIN TINTINTINTSIN ♫ T'entends la musique ? Eh bah elle te dit que tout est lié. Tout ça nous conduit à l'apothéose, au cataclysme solaire. Tout - est - prévu."

-d'accord mais il y a Danny Trejo qui arrive à un moment donné ?

...

'Fin je suppose que vous voyez le problème avec ce genre de montage, qui passe d'une situation à une autre, d'un personnage à un autre sans qu'il n'y ait vraiment d'autre lien que la temporalité (et les nappes de tintsouin) entre les scènes. C'est que "immersion" et "tension" ça a tendance à vite dégager - et "attention" aussi du coup, surtout avec un montage "vite fait mal fait" tel qu'on a pu le voir. L'esprit ainsi dispersé, bah on a tendance à considérer comme en enchevêtrement complexe d’événements imbriqués 4 scènes qui en "raw" sont juste longues et ne disent pas grand chose d'intéressant.

Faut reconnaître que c'est pas complètement con comme procédé, remarque, puis des fois je sens bien qu'ils essayent de me dire des trucs... sauf que celle à laquelle je pense c'est le moment où ils m'ont cuté 4-5 fois Mon Mothmilf qui se lâche comme la queen qu'elle est sur de l’électro chandrilienne.

Impardonnable.




-


Où j'en suis moi, le montage d'accord, le...


Non. Je reviens là dessus c'est quand même l'un des rares perso qui survivra à l'épopée Gillroyenne dans la trilogie originale et je dois dire que je suis assez convaincu par l'évolution qui nous amènera à cette figure (souvenez-vous) un peu neutre, austère de Mon Mothma - genre directrice d'école primaire à l'ancienne là, sculpturale et bienveillante.

Tout ce qui manquait à ma vie, finalement, c'était de la voir relâcher la pression dans une pub TENA ultra.

Moment indispensable, donc, et seule musique du film qui me restera un peu ; encore une fois c'est pas que les autres sont "mauvaises" - mais contrairement au mandalorien où j'ai retenu au moins deux thèmes, là on est plus sur une espèce d'ambiant, des drones, des nappes... bon.


Du coup musique, je coche, il resterait quoi, plutôt ce que j'ai trouvé de positif, ou mid ? Je sais pas c'est une critique - est-ce que je suis laborieux jusqu'au bout au point de parler des décors, de certains assets, véhicules qui tiennent la route - dans une série de cette ampleurs, les équipes différentes etc - bah c'est clair que tout n'est pas au même niveau, et bon moi faut pas oublier les séries que je regardais plus môme c'était des trucs genre xéna la guerrière, Les nouvelles aventures de Robin des Bois tsé des trucs comme ça, alors niveau SF t'avais Stargate SG1, pareil, tu voyais un vaisseau t'étais refait alors que c'était une merde en 3D mal intégrée là, mais bon tout le budget y est passé et ça y est quoi c'est le futur.

Quand je vois les moyens qui sont injectés dans les séries aujourd'hui ça n'a plus rien à voir et visuellement bah il y a pas à dire c'est propre, c'est éclairé, étalonné comme au cinoche, niveau décors des fois ça fait un peu "vide" -fin... c'est même plus précis que ça, on ne sent pas que ça VIT. Niveau direction des figurants ça soit être "bon bah vous marchez de là à là" et ça se ressent particulièrement sur coruscant ou ghorman - celà dit je trouve que les décors restent un point fort du show, et parviennent à trouver leur identité tout en racontant une histoire avec par exemple l'usage particulier de la brique dans l'architecture de Férix, qui à la fois fait écho à la condition ouvrière de ses habitants SANS utiliser des décors un peu attendus genre manufactures qui renverraient de manière trop évidente à notre monde.

Tant qu'on est dans les cotés positifs, même en demi teinte - le perso de Dedra est pas inintéressant et pour le coup j'étais assez saucé de voir la vie quotidienne et... globalement dysfonctionnelle d'impériaux après le travail, avec cette relation amoureuse toute pétée là, du potentiel.

L'un des rares moments aussi qui m'aura décroché un sourire est le retour de l'unité K-2SO qui apporte un décalage salvateur par rapport à Cassian qui est irrémédiablement au premier degré. Et... le fait que le personnage auquel je sous le "plus" attaché dans cette série soit un robot est certainement révélateur de quelque chose mais "CUT", il est temps de mettre un point final à ce billet avant d'enfreindre quelques limites légales.


-


Je n'ai bien évidemment pas pu tout dire mais globalement je crois avoir fait vite fait le tour de ce que je reproche à cette série - à laquelle par ailleurs je ne m'étais pas disposé à consacrer plus de temps, en tout cas AVANT de voir les notes, que... j'ai encore peine à comprendre. Si je veux voir un show sf/fan qui parle d'intrigues politiques, de prise de pouvoir, d'entreprises de résistances, de mariages forcés, de renversements hégéliens de de de... magouilles, d'espionnage, de mensonges, d'assassinats de torture, de viols, il y a un show un peu confidentiel qui fait ça très bien. Notamment parce que le coté "pour adultes" c'est dans son ADN et qu'il peut l'assumer jusqu'au bout.

Star Wars n'avait pas besoin d'aller cibler "plus des adultes" ou "plus des enfants" parce qu'il avait trouvé ce subtile équilibre d'être familial tout en pouvant être... même violent parfois, des mains tranchées, des corps calcinés - ok.

Je sais pas, si être "plus adulte" c'est être "plus chiant", c'est peut-être parce que vous vous êtes convaincus que la vie d'adulte devait être comme ça, j'en sais rien, mais vous savez-quoi je peux comprendre. Que ce que je n'ai pas aimé dans cette série, c'est précisément ce qui la rend populaire. Le coté plus prosaïque, terre-à-terre, appelez-ça comme vous voulez - et je n'irais pas jusqu'à dire ouvertement que c'est une série Star Wars pour ceux qui n'aiment pas Star Wars, déjà parce que c'est pas si vrai, et qu'après tout en 2026 et vu ce que la licence est devenue, tout le monde peut s'approprier le truc et faire sa sauce comme il l'entend.

Mais indépendamment de savoir si c'est ou non une bonne série Star Wars, j'ai pas eu l'impression d'avoir affaire à une bonne série tout court - tout juste "moyenne", en en faisant une boule de papier.


Ce qui m'a... finalement ouvert les yeux, c'est encore ce bon vieux Rasoir d'Ockham. Et le fait que chacun soit finalement prompt à ne retenir d'une œuvre qu'un seul détail. Vibrant hommage rétinien, par lequel résiste à tout argument un amour sincère...


...une énergie... une force.



Rilloux
5
Écrit par

Créée

il y a 8 jours

Modifiée

il y a 4 jours

Critique lue 10 fois

Andor

Andor

9

Jb_tolsa

le 3 déc. 2022

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