Ash vs. Evil Dead, (Sam Raimi, U.S.A, 2015 – 2018)

Après quatre films au cinéma, la saga ‘’Evil Dead’’ connaît en 2015 un renouveau, qui se poursuit à la télévision, sous la forme d’une série Tv. Le tout est chaperonné par les créateurs de la saga originale : Sam Raimi, Robert Tapert et Bruce Campbell. Ils occupent tous trois les postes de producteurs, 23 ans après le dernier volet, et deux ans après le remake/suite/reboot/on-sait-pas-trop.
‘’Ash vs. Evil Dead’’ marque ainsi le retour de Bruce Campbell au affaire. Reprenant son rôle fétiche après deux décennies. Forcément, au départ c’est un peu rouillé. Et à l’image du début de la série, ça pédale un peu dans la semoule. Un peu moribonde, le début de la saison 1 ne semble pas trouver une orientation naturelle.
Elle repart par exemple sur la base du Ash arrogant de ‘’The Army of Darkness’’, une espèce d’Américain débile, imbus de lui-même, une espèce de redneck attardé, hyper patriote et très sûr de lui. Cependant, il incarnait ainsi une certaine idée de la figure du héros. Mais lors de la saison 1, c’est tellement poussé à l’extrême que ça en devient gênant, et surtout pas drôle.
Il faut compter sur une certaine tolérance pour passer les 5/6 premiers épisodes, qui essayent tant bien que mal de retrouver le suc de ce qui fît le succès de la trilogie, et du remake de 2013. Avec une avalanche de gore cradingue, brutale et hyper généreux (on sent que la censure télévisée n’est pas la même qu’au cinéma) les mecs se sont clairement plaisir, et ça se voit vraiment. C’est communicatif. Sauf au début avec la mayonnaise qui a du mal à prendre.
Ash est vraiment insupportable, vulgaire au possible, au paroxysme de l’idiotisme… Bref, il y a un truc qui ne colle pas.
À travers le personnage de Ash, ils ont comme essayé de lui faire incarner une certaine représentions de l’Amérique. Celle des gros beaufs, la majorité silencieuse, celle du fin fond su Michigan. Bien beauf et raciste. La même qui un an après la diffusion du premier épisode, élira Donald Trump comme président. Mais avec Ash c’est un peu gâcher un personnage riche. Le réduire à ‘’ça’’, c’est pas une bonne idée. Pourtant la série s’avère prometteuse. Notamment par une bande-son génial, des plus rock’ n’roll. De Deep Purple à Ted Nudgent…
Puis à la fin de la saison c’est le retour au chalet dans les bois. Et là, d’un coup, par le biais de ce retour aux sources inespéré, tout se remet en place. Bruce Campbell redevient Ash, la saga redevient ‘’Evil Dead’’, tout s’imbrique comme par magie et le récit prend de l’ampleur, venant se greffer à l’univers existant. C’est comme si soudainement les créateurs du show avaient été touché par une nostalgie positive. Car à partir de là, la série devient absolument énorme, et ce, jusqu’au dernier plan de la saison 3.
Du gore en veux-tu en voilà, ça part dans tous les sens, mais à un point tel, qu’il est parfois difficile de le concevoir. C’est complétement décomplexé, politiquement incorrect, corrosif et irrévérencieux, avec une générosité illimitée dans la façon d’étaler le gore à l’écran. Repoussant sans cesse ses limites, à partir du milieu de la première saison, il devient impossible de s’ennuyer, plus une seule seconde. Le show devient d’une richesse inouïe, et défile à un rythme frénétique. C’est bien simple, il se passe toujours un truc à l’écran.
L’inespérée réussite de la série doit beaucoup à sa galerie de personnages (et aux acteurs qui les incarnent), tous plus magique les uns que les autres. Les deux compagnons de Ash, Pablo le mexicain rigolo, et Kelly la Michelle Rodriguez d eservice, apparaissent dans un premier temps comme des sidekick un peu plates. Mais avec l’avancée de la série, ils prennent une ampleur telle qu’ils deviennent indispensables au récit.
Et il y a Ruby… Incarnée par une Lucy Lawless (XENA !!) charismatique des plus bad-ass. Absolument géniale, son rôle, dont je ne peux développer la teneur sans spoiler, tellement il est important à l’intrigue. On peut également noter la présence de Ted Raimi (le frère de…) dans un rôle très drôle. Je ne peux pas en dire plus non plus, mais il reprend un autre rôle à un moment, lors d’une séquence hommage rendu à ‘’Evil Dead II’’.
Pour continuer sur le casting, il y a la présence improbable de Lee Majors, ‘’L’homme qui tombe à pic’’ quoi… Il joue le père de Ash, dans une version vieillissante du personnage, qui promet son lot de scènes… disons… inattendues ! Et enfin, il y a le grand retour d’Ellen Sandweiss, qui jouait Sherill, la sœur de Ash, dans le premier film. Et la femme de Bruce Cambpell dans le film de ce dernier ‘’My Name is Bruce’’.
La série fourmille ainsi de plein de petits clins d’œil, mais ne s’abaisse jamais à du fan service, puisque chaque élément est justifié par un point de l’intrigue. Sous ses airs de joyeux bordel, ‘’Ash vs. Evil Dead’’ s’avère hyper respectueux d’un univers qu’elle passe son temps à étoffer. Tout comme ses personnages d’ailleurs, car Le Ash à la fin de la saison 3 n’est plus le même que celui du premier épisode. Il en va de même pour Pablo et Kelly, qui gagnent vraiment en texture au fil des épisodes.
Une série vraiment géniale donc, absolument pas réservée aux afficionados de la saga. Au contraire, avec son approche universelle du zombie, la série utilise des codes inhérents au genre. Quiconque est amateur d’horreur et de gore trashouille, peut ainsi prendre son pied.
Malheureusement le show a été annulé en 2018, et il n’y aura pas de saison 4. Ce qui est bien entendu absolument frustrant. Même si la fin du dernier épisode est plutôt ouverte, et peut s’apprécier sans suite directe, l’imaginer peut-être tout aussi enrichissant.
Cependant, Sam Raimi et Bruce Campbell ont récemment émit le souhait de poursuivre l’aventure sur… Grand écran ! Dans une suite directe à la série, pour continuer la saga. Ce qui marquerai le retour de Ash dans les salles obscures, près de 30 ans après sa dernière incursion…
Groovy !!



  • Stork. _

Peeping_Stork
9
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le 13 févr. 2020

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