Quand on voit Astérix : le combat des chefs, en connaissant par cœur Astérix Mission Cléopâtre du même Alain Chabat, on reconnaît vite des gags, des références plus ou moins directes (le pop corn que César lance en l'air et dont il rate la réception par la bouche, la mauvaise mémoire des noms, un caméo de la reine d'Egypte, la triche de César à tout vouloir détuire à coups de catapulte). On sait où l'on est, et des jeux de mots fidèles aux albums parsèment joliment les épisodes ("c'était les fameuses années moins 70"). De même, certains plans imitent l'esthétique et la typographie des bandes dessinées, mais en 3D.
Mais disons-le clairement, la série animée est moins une machine à punchlines et à phrases cultes que le film, son propos est plus sage, plus grave. Insistant sur les relations tendues entre les deux amis Astérix et Obélix, Chabat défie son public dès le premier épisode en proposant une enfance à ces deux héros et en révélant un ingrédient secret la recette de la potion magique. Ces digressions osées ajoutent une modernité, une gravité, aux récits originaux (et le personnage de la psychologue goth en est le symbole le plus fort).
Chabat nous parle finalement de santé, et de santé mentale. Sans faire une introspection complète à la Bref 2., mais dans une curieuse ressemblance, les protagonistes vont aller jusqu'à remettre en question leurs réflexes. C'est cela qui oppose globalement les Romains aux Gaulois (Tous ? Non!).
Inégale (il devrait y avoir un gag visuel par seconde, avec ce format) et par moments un peu trop enfantin, animation oblige, qui plus est sur une plateforme qui a coutume de formater ses contenus, Astérix : le combat des chefs ressemble au rêve d'Alain Chabat, qui, dès le début, voulait devenir un genre de Walt Disney, et qui a été reconnu fils spirituel de Goscinny par la fille de celui-ci.
N'oubliez surtout pas la scène après le générique du dernier épisode, en 2D, qui reprend l'histoire qu'on vient de suivre, du point de vue des sangliers (c'est la meilleure scène).