Ça y est, les trois premiers épisodes d'Avatar: Les Sept Refuges sont disponibles sur Paramount+ ! Voici donc ma petite réaction à chaud, en essayant de ne pas trop spoiler. Evidemment, mon avis est susceptible d'évoluer au fil des épisodes et des saisons.
Alors apparemment Korra a provoqué un cataclysme il y a deux siècles et le monde ressemble désormais à Mad Max: Fury Road en mode tempête de sable, les aurores boréales en bonus. Derrière l'enceinte d'une ville fortifiée (l'un des sept refuges, superbe en termes d'architecture et de couleurs), des survivants se serrent les coudes et perpétuent la détestation de l'avatar lors d'un festival bariolé. Décidément, il est sacrément multicolore cet univers post-apo... mais c'est fait avec goût et cela confère une identité visuelle singulière à la série. Les enfants qui savent contrôler la terre, l'eau ou le feu sont recrutés d'office par la Brigade pour défendre la cité, car les maîtres sont de moins en moins nombreux chaque année. Quelle sera leur surprise quand ils découvriront le retour non pas de l'avatar, mais d'une paire de jumelles avatars !
J'avoue que j'étais un peu inquiet en découvrant que ce troisième cycle mettrait en scène deux héroïnes de 9 ans. Pour rappel, Aang en avait 12 au début de ses aventures, et Korra 17. Ne serait-ce pas trop enfantin ? Heureusement, le ton caractéristique de la licence, émotionnellement intense et sans mièvrerie excessive, n'a pas changé. Les tempéraments des sœurs Pavi et Nishi, prudente et empathique pour l'une, combattive et impulsive pour l'autre, leur confèrent immédiatement une certaine épaisseur. Sans compter que plusieurs personnages adultes font contrepoint et joueront vraisemblablement un rôle prépondérant dans l'histoire, à commencer par Jae, un jeune maître de l'air dont les maladresses rappellent celles de l'irrésistible Bolin. La beauté du chara-design et le soin apporté aux décors compense la relative simplicité du trait et l'animation un peu raide.
Toujours est-il que, sans tomber dans le piège de la redite, la "recette Avatar" semble respectée à la lettre : un univers vibrant et immersif, des scènes d'action réussies grâce à l'utilisation inventive des pouvoirs élémentaires, des personnages attachants, des enjeux dramatiques forts, un humour charmant et, bien évidemment, des animaux hybrides mignons. Comment ne pas craquer devant ce chat-primate, sorte d'immense peluche lynx vivante ? Momo, Appa et Pabu pourraient bien être détrônés dans nos cœurs. Les esprits chagrins critiqueront probablement les quelques cases cochées au nom de la diversité (ethnicité indienne des jumelles, handicap physique de Pavi, queerness de quelques garçons...) mais qu'importe, car le naturel est au rendez-vous.
S'il est encore trop tôt pour s'enflammer (les antagonistes et leurs motivations seront-ils à la hauteur ?), les fans peuvent se rassurer : aucune trahison n'est à déplorer et le plaisir est bien là. Il n'est pas interdit d'espérer que la série se hisse progressivement au niveau de ses deux illustres prédécesseurs. Le scénario est d'ores et déjà supérieur à celui, franchement paresseux, du long-métrage Avatar Aang, prévu pour les cinémas mais finalement sorti en streaming l'été dernier après avoir tristement fuité sur les internets. On aurait cependant aimé que la qualité technique du film déteigne davantage sur Les Sept Refuges...