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22 critiques
ÉNORME !!
Je viens de m'enfiler les 2 saisons...je crois n'avoir jamais autant ri devant la TV. Les situations délirantes, une surenchère qui met le doute, puis qui remporte l'adhésion. Les dialogues...
le 1 août 2020
Brassic est une comédie britannique portée par un groupe d'anti-héros borderline dans un coin défavorisé du nord de l'Angleterre. Mais dès les premiers épisodes, on perçoit que cette série est une œuvre où la marginalité n'est ni fétichisée ni romantisée, mais explorée comme un mode de survie collective. Ce n'est pas une célébration du chaos : c'est une étude drôle, tendre, parfois brutale de ce que veut dire "résister" quand tout autour se disloque.
Chaque épisode repose sur un schéma simple : un plan bancal, une petite arnaque, une décision stupide, et le groupe s'enfonce dans un enchaînement de catastrophes. Mais Brassic n'est pas une série de "coups". Elle filme la manière dont une bande organisée par accident devient une communauté qui fonctionne : loyautés instinctives, répartitions tacites des rôles, humour comme amortisseur d'angoisse. C'est une écriture de la solidarité, pas idéale, pas morale, mais pragmatique.
Vinnie (Joseph Gilgun) est l'axe fragile du récit. Il n'est pas chef de la bande, mais plutôt un point de gravité : impulsif, drôle, ravagé, vulnérable. Elle montre comment ses crises, les décrochages, ses élans autodestructeurs modèlent sa relation au groupe. Sans emphase, avec tendresse. Ce réalisme affectif, jamais misérabiliste, jamais héroïque, est l'une des forces de Brassic. Les scénaristes montrent comment les autres ajustent leur manière d'exister autour de lui, et comment Vinnie, malgré sa folie douce, est aussi une force de cohésion. Et le récit ne le punie jamais, il ne lui fait jamais la morale.
L'humour de la série, très physique, très verbal, repos sur l'inadéquation : personnages trop ambitieux pour leurs moyens, trop sensibles pour leur environnement, trop loyaux pour leur propre intérêt. On. ne se moque jamais d'eux. Il y a du slapstick, du grotesque, du burlesque rural, mais tout fonctionne parce que la série conserve une conscience très fine des rapports de classe. Chaque épisode rappelle que le rire naît autant du système social que des situations absurdes : ce monde-là n'est pas chaotique par nature, il est rendu chaotique par une précarité structurelle qui oblige chacun à bricoler.
Visuellement, la série adopte une mise en scène vive, saturée, avec un montage nerveux : c'est une manière de rendre la perception des personnages (leur agitation, leur fatigue, leur besoin permanent de courir plus vite que leurs problèmes). Mais au milieu du bruit et du désordre, Brassic ménage des poches de calme où s'expriment la tendresse, l'épuisement, l'amitié. Ces respirations donnent à la série une profondeur inattendue, souvent mélancolique. Et c'est beau.
La réussite de Brassic tient à cet équilibre : elle se laisse traverser par un monde violent et instable sans jamais céder au cynisme. Les personnages ne sont pas définis par leurs fautes, mais par leurs liens. Ils vivent sans modèle, sans futur clair, mais ils vivent ensemble et c'est ce "ensemble" qui fait vivre la série. Elle montre que la solidarité est une compétence, parfois maladroite, parfois sacrificielle, mais essentielle. Et que le collectif peut tout. Et c'est beau.
Au fond, Brassic propose une lecture rare de la working class britannique contemporaine : dénuée de misérabilisme, dénuée d'angélisme, racontée par ceux qui s'en tirent en riant parce qu'ils n'ont pas le choix. Une comédie sociale qui avance vite, frappe fort, mais laisse une trace douce : l'idée que le rire n'est pas une fuite, mais une manière de rester vivants dans un monde qui ne s'adapte à personne.
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Créée
le 10 déc. 2025
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10
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