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En artisans de longue date du petit écran, le tandem Michael Schur & Dan Goor ne se lançait pas à l’aveuglette avec Brooklyn Nine-Nine, bien qu’il faille convenir que l’essai à deux donna lieu à un beau succès, car multirécompensé et à même de se relancer malgré l’annulation prononcée par le diffuseur originel (Fox). La NBC ayant donc prolongé l’aventure, c’est un total de huit saisons qui nous plonge au sein du quotidien du 99ème district et de son équipe délurée au possible, une longévité doublée d’une constance dans l’efficacité.
Car après un démarrage peut-être plus timide, la première saison va rapidement poser les fondations de sa réussite, quand bien même sa recette serait en soi répétitive et (finalement) symptomatique de son étiquette « sitcom » : qui plus est, Brooklyn Nine-Nine a pour particularité d’emprunter également aux codes de la série policière, le cadre récurrent des enquêtes s’accompagnant de ressorts et mécanismes non moins récurrents, tandis que le processus de résolution de Jake sera usé jusqu’à la corde d’un bout à l’autre.
Toutefois, le cadre policier n’est pas tant un décor de premier plan qu’un prétexte à des décalages de tons à toutes les sauces, le show ne lésinant pas sur l’invraisemblable et une atmosphère majoritairement légère, dont l’absence de conséquences notables va maintenir le récit dans une posture comique sans réels enjeux. Heureusement percutant et inventif dans ses gimmicks et punchlines référentielles, Brooklyn Nine-Nine sera parvenu à s’imposer dans un registre pourtant surchargé, marchant dans les pas des meilleurs grâce au concours bienvenu de ses personnages (et interprètes au diapason) tous plus drôles, outranciers et attachants les uns que les autres.
La série ne révolutionne donc pas grand-chose, mais réussit peu ou prou tout ce qu’elle entreprend en termes humoristiques, tout en se payant le luxe de faire évoluer, lentement mais sûrement, ces mêmes archétypes sur pattes. C’est dans cet ordre d’idée que, aussi rares soient-elles, quelques séquences plus sentimentales font diablement mouche, la sympathie suscitée tout du long par Jake et consorts élevant Brooklyn Nine-Nine plus haut, faisant du visionnage d’un ou plusieurs épisodes un rituel quotidien bon pour le moral. Du divertissement pur et dur en résumé, mais non moins intelligent de par son efficience, la diversité de ses protagonistes et leurs empreintes respectives, cultes de leur état.
Créée
le 2 janv. 2023
Critique lue 31 fois
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