Chroma est le fils spirituel de Crossed, on prend les mêmes (principe de base, la même bande de potes) et on s'émancipe cette fois du genre vidéo-ludique pour parler de toutes sortes de films.
Bon, ça ne parle pas forcément + de bons films (sur les 12 abordés, il y a 2 excellents films avérés, et d'autres films soit clivant soit franchement pas terribles MAIS avec des choses à dire, voir une remise en perspective).
C'est ce dernier point qui fait la force, à mon goût, de Chroma : aborder un film avec un certain angle et, parfois, basculer sur une relecture (non imposée, juste une proposition) qui remet clairement les choses en perspective. Cette émission nous amène à réfléchir l'objet film, par le biais de la motivation de son auteur, des difficultés qu'il a connu pour développer sa vision, de ce qui sortait à l'époque et, in fine, de la place que chaque film a, quoi qu'il en soit, dans la cinématographie mondiale. C'est une vrai réflexion sur cet art (jusqu'à ses origines) et c'est passionnant à regarder. Mais c'est aussi très drôle !
Dernière différence avec Crossed, que je gardais pour la fin pour des raisons que je vais évoquer : les 12 épisodes tissent, en parallèle, une fiction à base de SPOILER, qui en fait un tout. Malheureusement, j'avoue n'avoir pas toujours tout compris des tenants et aboutissants : problèmes d'écriture ? Dilution sur une diffusion éclatée qui nécessiterait de tout remater d'une traite ? Problème de compréhension de ma part ? Je ne m'avancerai pas sur le sujet mais même si c'est le squelette de toute cette saison de Chroma, ne pas apprécier cette partie (ou ne pas la comprendre) n'en fait nullement quelque chose de rédhibitoire pour suivre avec plaisir ces chroniques.
Et enfin, plastiquement, on sent le gap avec Crossed (les éclairages, notamment, ont bénéficié d'un soin tout particulier et lui donne une patine classieuse).
Bref, voilà, Chroma, c'est bon, mangez-en. Et rematez Crossed aussi. Et rematez Chroma ensuite (puisque, pour l'instant, c'est silence radio sur une hypothétique 3e aventure...). Karim, reviens... avec n'importe quoi d'autre mais reviens !