C'est marrant, après avoir regardé le dernier épisode je retrouve les sentiments que j'avais en finissant une série enfant. Oui, à cette époque les séries avaient souvent des fins, je sais pas, Ken le survivant, Ulysse 31, les Chevaliers du Zodiaque, les Mystérieuses Cités d'Or... d'abord l'impression d'avoir achevé quelque chose, parce que parfois la série durait depuis des années, avec plus d'un épisode par jour, et puis de l'autre côté bien sûr, une certaine tristesse de dire adieu à des personnages qu'on s'était vraiment mis à aimer.
C'est le cas pour cette série, le personnage de Spike (Spiegel, nous dit wikipedia) finalement est très attachant et fait le moins "cliché". On le prend pour un chasseur de prime expert en arts martiaux, mais vantard, goinfre et paresseux, avec un côté cynique. Et une grande économie dans les dialogues, certes bien faits, mais rares.
Le reste des personnages, par contre... Jet, le gros ours bourru, me laisse vraiment indifférent, Faye Valentine, la peste avec des gros nichons, bon, elle est énervante, mais elle donne vraiment l'impression d'être là pour exciter le kévin-otaku. A part relancer les intrigues de temps en temps et sortir de nulle part donner deux trois coups de canon, elle sert à rien. Elle est énervante, d'accord, mais les gens aux manettes n'en font rien, ça reste une emmerdeuse inutile.
Ed, je crois qu'elle s'appelle, c'est une fille en fait, qu'ils ont récoltée sur Terre, à la limite c'est le personnage le plus intéressant derrière Spike. Mais c'est pareil, elle est tout le temps en décalage, pourquoi à la fin elle est plus là, j'ai pas compris, il aurait fallu un peu travailler.
Le chien n'en parlons pas, en fait c'est juste un chien. Il est un peu utile à l'épisode 23.
Cowboy Bebop, voilà, c'est une série que je découvre avec vingt ans de retard, c'est pas du tout l'image que je m'en faisais, une espèce d'enquête policière centrée sur Mars, la Lune ou Vénus, il y a vraiment un univers bien élaborée derrière, la bande-son est encore bien meilleure que ce à quoi je m'attendais, mais je m'aperçois qu'il vaut mieux avoir de solides références musicales pour l'apprécier, je ne pense pas qu'elle m'aurait autant plu quand j'étais ado.
Les visuels ont pris un coup de vieux maintenant, notamment les tronches des méchants (ah là là, les méchants des animés japonais des années 80/90) mais grâce à leur inventivité et à la richesse des couleurs, ça reste du jamais vu en science-fiction, un tel soin apporté aux décors et à la musique.
Voilà, même si l'intrigue est moyenne, le son et l'image arrivent à des sommets pas atteints depuis. Dans son côté adulte cette série pourrait faire penser à d'autres séries "adulte" japonaises, Berzerk ou Evangelion, mais elle est très différente. Déjà, bien moins sombre, il n'y est pas question d'inceste ou de viol, il n'y a pas beaucoup de gore, il y a beaucoup d'humour, et puis elle a aussi un côté enfantin, le personnage de Ed ou du chien par exemple, et surtout les vaisseaux, chaque personnage en a un, et comme par hasard c'est produit par Bandaï, ça sent vraiment le merchandising à plein nez, ils ont dû en refourguer des petits vaisseaux Cowboy Bebop aux gamins.
Aaaahhh.
Ça a inspiré quelques bonnes séries, notamment Firefly que je n'ai pas fini, hop, on y retourne.