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Je ne connais pas les documentaires, fictions télévisées ni même les deux films pour le cinéma réalisés par Jean-Xavier de Lestrade. Je sais juste qu’en trois séries il est devenu notre réalisateur/showrunner le plus important en France aujourd’hui. Laetitia, basé sur le meurtre de Laetitia Perrais survenu en janvier 2011 à La Bernerie-en-Retz, c’était formidable. Sambre, qui s’inspire de l’affaire du violeur de la Sambre, c’était magnifique.
Des vivants reprend les mêmes codes mais le sujet est plus chaud, plus casse-gueule encore, puisqu’il s’agit de s’inspirer du vrai récit des sept « Potages » (contraction de Potes et Otages) retenus deux heures par les terroristes du Bataclan dans un couloir de la salle de concert. Si la série se concentre essentiellement sur leur reconstruction, elle reviendra souvent dans ce couloir, ce soir de treize novembre.
C’est parfois insoutenable et pourtant toujours filmé à la bonne distance. Si le tournage s’effectue sur les lieux, avec une rigueur documentaire impressionnante, il n’est jamais question d’en faire trop, ni d’être sensationnel ou larmoyant. On ne verra pas d’exécution. On ne verra rien de la fosse. Toute l’action se concentre sur ces femmes et ces hommes, que l’horreur réunira pour un soir et pour la vie. Chacun se reconstruit différemment. Se relève ou non. Il est aussi beaucoup question des proches qui les entourent, de leur impuissance ou de leur importance.
Il s’agit aussi de suivre nombreux des entretiens psys de chacun d’entre eux. Mais aussi du rapprochement inédit (et véritable) qu’il y eut entre eux et les policiers de la BRI qui donnèrent l’assaut ce soir-là. C’est très fort. Après, comme toute série « chorale » il y a des trajectoires qui nous touchent plus ou moins que d’autres, des interprétations qu’on jugera plus ou moins adéquates aussi mais dans l’ensemble, la série impressionne et laisse sur le carreau.
Créée
le 6 févr. 2026
Critique lue 8 fois
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