L’ouverture de « Dinner Mate » est d’une douce élégance.
Sur le fond musical de « Moon River », Seo Ji-Hye rejoue la première scène de Breakfast at Tiffany’s pendant que sa voix off nous conte ceci :
« J’ai une scène de film préférée. (…) Audrey Hepburn descend d’un taxi et marche comme si elle dirigeait le monde. Elle regarde fixement la vitrine d’une bijouterie, elle mange un morceau de croissant et boit une gorgée de café, sans que personne ne l’interrompe. C’est le moment où la vue, le goût et l’état d’esprit d’une personne forment la meilleure des combinaisons. »
J’aurais pu titrer ma critique « La maladie de l’amour », car il s’agit bien, dans ce drama, de la difficulté d’aimer et du sabotage amoureux : de l’incapacité à faire le deuil d’une relation passée, de se rendre psychologiquement ou physiquement malade de ce cœur émietté, ou encore de protéger une solitude plutôt que d’affronter un nouvel amour qui pourrait s’effondrer.
Et puis il y a les remèdes : des mots pour panser des blessures, des repas pour réconforter les paquets d’émotions refoulées, des amis pour se nicher, du temps pour se réparer.
Il est psychiatre, elle est productrice de contenus web. Autour de ces deux-là, leurs ex-compagnons rôdent, prêts à tout pour reconquérir leur amour enterré. Elle est anorexique, il est obsessionnel et psychotique.
Il y a aussi des patients et des parents avec leur plein de culpabilité : d’avoir trompé, abandonné, d’avoir longtemps fermé les yeux…
C’est une comédie pleine de clichés et de moments caricatures, et pourtant l’on rit. C’est une histoire d’amour qui fleurit sur un tas de substances décomposées. C’est un message d’espoir envers les personnes qui suffoquent dans leur solitude et dans leur mal d’aimer.
Il y a de la tendresse dans le jeu des acteurs, de la douceur dans l’œil du réalisateur, de l’intelligence dans l’écriture, et puis surtout de l’humain, de l’aide, de la compréhension et des épaules pour pleurer.
« Dinner Mate » m’a rappelé un autre drama sensible, « Because This is My First Life », avec ce quelque chose d’une page à tourner, d’un nouveau départ, de ce nouveau livre qu’il va bien falloir commencer.