Curieuse série. Sur les 6-7 premiers épisodes, Empathie réussit le petit miracle d'associer humour décomplexé et gros drama qui tâche en faisant preuve d'une finesse rare, réussissant par la même occasion à dépeindre avec beaucoup de finesse et de réalisme le quotidien d'un service de psychiatrie, qu'il s'agisse de la caractérisation des pensionnaires, du relationnel entre soignants, ou des décisions médicales. Le niveau des acteurs, il faut vraiment le préciser, est stratosphérique. Avec bien sûr une mention particulière pour ceux qui interprètent les malades, la maladie mentale "spectaculaire" étant a priori le terreau parfait pour le cabotinage ultime. Mais le sérieux et l'humanité qui entourent la prise en charge de ces "faux" patients ne laisse aucun doute quant à la bienveillance du projet d'Empathie : redonner de la dignité aux malades mentaux. Seul bémol, quelques tentatives arty peu convaincantes : ralentis inutiles, danseuses en tutu wtf mais honnêtement, aucune raison de faire la fine bouche eu égard à la singularité étincelante de la série. Au-dessus de ces enjeux déjà très forts, plane la relation tout à fait convaincante entre deux être abîmés, la psychiatre Suzanne Bien-Aimé et l'agent d'intervention Mortimer Vaillant, tous les deux brillamment interprétés, on le répète.
Et puis, après avoir évité presque tous les pièges du pathos malgré la poisse phénoménale qui pèse sur les épaules de chaque personnage (absolument personne n'est épargné), Empathie s'écroule un peu brutalement sur la fin, cédant à quelques facilités scénaristiques, à la répétition aussi, et creusant un peu vainement la veine arty évoquée plus haut. C'est dommage mais ça ne remet pas en cause le travail gigantesque accompli sur les premières heures. On entamera bien la saison 2, mais sur ses gardes.