L’empathie désigne la capacité de comprendre, de ressentir et parfois même de partager les émotions d’autrui. Une qualité humaine essentielle, mais aussi une fragilité, surtout lorsqu’elle confronte sans cesse à la souffrance des autres.
C’est précisément ce que raconte la première saison de la série canadienne Empathie, réalisée par Guillaume Lonergan et écrite par Florence Longpré, qui interprète également le rôle du docteur Suzanne Bien-Aimé.
J’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour cette première saison. Les personnages sont remarquablement écrits. Tous existent avec une véritable humanité, qu’il s’agisse des personnages principaux, comme celui incarné par Florence Longpré, ou des personnages secondaires : les membres du personnel de l’hôpital psychiatrique, les proches, les amis ou les familles des protagonistes. La série parvient à rendre chacun touchant, vivant et profondément humain.
Autre immense qualité de la série : sa réalisation. Empathie est superbement mise en scène, ce qui nous change de nombreuses productions télévisuelles actuelles, souvent plates visuellement, mal éclairées ou filmées de manière purement fonctionnelle. Ici, au contraire, Guillaume Lonergan apporte de véritables idées de mise en scène. La caméra accompagne les personnages avec finesse, les cadres sont travaillés, la lumière est particulièrement soignée, et certains passages possèdent même une vraie dimension cinématographique. La série ne se contente jamais d’illustrer son scénario : elle cherche constamment à créer une émotion par l’image.
Autre point vraiment positif de la série : l’emploi de Thomas Ngijol dans le rôle de Mortimer. Un contre-emploi particulièrement réussi pour un acteur que l’on associe avant tout au stand-up et à la comédie. Figure importante de l’humour français contemporain, Thomas Ngijol surprend ici par sa retenue et sa douceur. Loin de l’énergie nerveuse ou sarcastique qu’il peut dégager dans d’autres registres, il compose un personnage profondément humain, calme et bienveillant. Une interprétation pleine de sensibilité qui participe largement à l’émotion dégagée par la série.
Ajoutons à cela un générique sobre, mais toujours porteur d’un regard sensible sur l’épisode qui va suivre, ainsi qu’une bande-son particulièrement réussie, portée par de nombreux titres canadiens qui renforcent encore l’identité et l’atmosphère de la série.
La première saison d’Empathie est, à mes yeux, une réussite sur tous les plans.
La saison 1 se termine d’ailleurs avec la promesse d’une deuxième saison qui devrait arriver prochainement. Et honnêtement, j’ai déjà hâte de retrouver tous ces personnages.
Un énorme coup de cœur de cette année 2025.