Entourage fait partie de ces petits plaisirs coupables. 4 amis d'enfance fraîchement débarqués de N.Y à Hollywood suite à la fulgurante ascension de l'un d'entre eux en tant qu'acteur... Une approche sur le papier qui à priori n'avait rien pour me séduire. Mais, la curiosité éveillée par la chaîne HBO qui peut se vanter de produire énormément de séries de qualité, peu importe le sujet, je tentais un épisode. Puis deux. Une saison. Puis deux... Et finalement, même si le monde décrit est à des années lumières de celui de monsieur Toutlemonde rendant toutes identifications impossibles pour le spectateur lambda, on se laisse prendre au jeu. Doug Ellin réussit d'abord grâce à des personnages attachants. Le beau gosse crédule, des étoiles dans les yeux, la tête dans les nuages tout en essayant de garder les pieds sur terre. Le meilleur ami moralisateur. Le frère, acteur raté oublié depuis son heure de gloire sur une série. Et le 4ème mousquetaire, éternel looser en quête de reconnaissance. Ajouter à cela les différents protagonistes qui gravitent autour de cette petite fratrie, avec en tête Jeremy Piven en agent à la punchline ininterrompue et vous venez d'être pris dans les filets du vent de légèreté qui semble souffler sur la chaîne qui a vu naître de véritables blocs de granite tel que Oz, The Wire ou Les Sopranos. Et si dans les premières saisons, Entourage n'est que découverte d'une nouvelle vie (femmes, drogues, soirées, star system et dessous d'un monde faux et surfait), le côté sympathique suffit à nous donner envie de suivre. La suite, un peu plus sombre n'entache en rien la continuité de la série et permet finalement à l'ensemble de se trouver un juste milieu qui nous amènera vers une ultime saison en forme de condensé. Bourrés de guests dans leurs propres rôles, la série dépeint derrière ses airs de show pour ados attardés un monde qui peut très rapidement vous engloutir et semble donner une vision juste de la grosse machine dans laquelle viennent se perdre idées et art, bien souvent submergé par le grand méchant profit. Une bonne série qui jusqu'à son final n'aura pas déçu et, avec un point de départ pareil, c'était loin d'être gagné.