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Spleen et Idéal
Immédiatement amalgamée avec 13 Reasons Why et Skins, la nouvelle série HBO avait de quoi effrayer. L’appréhension grandit encore à la lecture du synopsis. Rue, 17 ans, est déjà une grosse toxico...
le 20 févr. 2023
SAISON 1
La série adopte une structure efficace — chaque épisode centré sur un personnage — qui, bien que calquée sur Skins, permet de creuser les dynamiques internes du groupe. Malgré que j'ai habituellement une certaine lassitude face au jeu atone de Zendaya, il faut reconnaître que Rue lui offre un rôle à sa mesure, entre errance et lucidité. Autour d’elle, Jacob Elordi, Sydney Sweeney ou encore le désormais regretté Angus Cloud se révèlent convaincants, portés par une photographie pop aussi vive que soignée.
Mais la série trébuche sur ses excès. Les archétypes trop appuyés — la toxico, la bimbo, la dominatrice, le père homo refoulé… — alourdissent la narration. Pire : certains détours scénaristiques, comme Rue en détective ou le final musical, rompent l’équilibre fragile entre drame intime et exposition visuelle gratuite.
SAISON 2
La saison 2 d’Euphoria poursuit sa plongée sensorielle dans les excès adolescents, mais en perdant parfois le nord.
J’ai apprécié que la série s’attarde sur des figures plus discrètes mais bien plus attachantes comme Fezco ou Lexi, qui gagnent ici en profondeur. Leur trajectoire offre un contrepoint salutaire à l’hystérie ambiante. Mais à mesure que la saison avance, les personnages principaux deviennent de plus en plus caricaturaux, comme s’ils ne servaient plus qu’à alimenter l’esthétique clipée de la mise en scène. Le point de rupture est atteint avec la pièce de théâtre mise en scène par Lexi : censée être une mise en abyme audacieuse, elle vire au prêchi-prêcha prétentieux et alourdit considérablement les deux derniers épisodes. Au final, je ne comprends plus trop ce que la série essaie de raconter, au-delà de son enrobage clinquant.
SAISON 3
Un final ou l'esthétique l'emporte encore une fois sur le sujet. On a complétement perdu les dynamiques entre personnages (et pas mal de persos secondaires au passage, y compris la soeur de Rue), leurs liens semblent de plus en plus forcés, et ils s'enferment chacun dans leur caricature.
Le ton est aussi assez insipide, se baladant du narco-polar au western, avec une incursion a Hollywood ou sur les RS érotiques.
Certes c'est relativement divertissant dans l'ensemble, mais on cherche encore comment on est arrivé a un récit aussi éloigné de l'origine du projet. Bref, on ne sait plus trop ou on va, et force est de constater que Sam Levinson non plus.
Je passe également la prêche catholique qui irradie cette saison, car même sans ça elle est au moins dispensable, dommage après une première saison prometteuse.
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Créée
le 29 juil. 2025
Modifiée
le 4 août 2025
Critique lue 19 fois
5
5 critiques
Immédiatement amalgamée avec 13 Reasons Why et Skins, la nouvelle série HBO avait de quoi effrayer. L’appréhension grandit encore à la lecture du synopsis. Rue, 17 ans, est déjà une grosse toxico...
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