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Débutée en 2019, Euphoria vient de s'achever, s'imposant sans conteste comme l'une des propositions sérielles les plus marquantes, esthétiques et viscérales de la décennie. En dynamitant les codes usés du teen drama traditionnel, Sam Levinson a accouché d'une œuvre brute, sans concessions, qui radiographie le mal-être de la jeunesse à travers le prisme de ses addictions : le sexe, la drogue, l'alcool et l'exposition aux réseaux sociaux.
Les deux premières saisons confinent au chef-d'œuvre de télévision. Portée par une mise en scène vertigineuse et une bande-son iconique, la série brille par la trajectoire de ses personnages imparfaits mais profondément bouleversants. Loin de magnifier les déviances de son époque, Euphoria explore avec une grande ouverture d'esprit la dépression, la dépendance et l'emprise psychologique. Parmi cette galerie de portraits, le personnage de Fezco (incarné par le regretté Angus Cloud) restera le cœur battant des débuts, sa poésie timide et sa complicité avec Lexi ayant offert les plus beaux moments de grâce de la série.
Malheureusement, le décès d'Angus Cloud a laissé un vide immense, et cette troisième saison finale en porte cruellement les stigmates. Désormais ancré dans la vie de jeunes adultes, le récit rentre dans le rang et s'avère beaucoup plus ordinaire et consensuel. Si l'esthétisme formel est préservé, les choix scénaristiques s'essoufflent : la trajectoire de Rue prend un virage spirituel très américain, où la foi devient l'axe central de sa reconstruction. Un parti pris thématique un peu lourd qui tranche avec la liberté de ton initiale.
Plus problématique encore, le traitement des personnages secondaires est particulièrement sacrifié dans cette dernière ligne droite. Jules, Nate et Lexi sont réduits à des apparitions ponctuelles. Cassie s'enfonce dans l'overdose du cliché à travers l'hypersexualisation de son corps de bimbo (où tout déborde, dans tous les sens du terme), tandis que Maddy, pourtant intéressante, reste largement sous-cotée. Pour couronner le tout, le caméo de la chanteuse Rosalía relève du pur produit d'appel, son rôle s'avérant totalement inutile à l'intrigue.
Malgré cette dernière saison plus faible qui cherche à boucler la boucle un peu trop vite, l'œuvre globale reste un monument indispensable de l'histoire des séries. Un classique instantané qui aura indéniablement marqué son temps.
Créée
le 7 juin 2026
Critique lue 35 fois
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