« La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »
Cette citation bien que grandiloquente dans le contexte de Flying Witch, m’a semblé fort appropriée pour capturer la nature de cette petite série tranche de vie certes non pas parfaite, mais tout de même très bonne dans ses humbles intentions.
Flying Witch nous entraîne dans la vie quotidienne de Makoto, apprentie sorcière, qui pour préparer son passage à l’âge adulte, décide de s’installer chez des proches non-magiciens à Aomori, région assez reculée au Nord du Japon, et d’y mener une vie normale.
De monde extraordinaire à ordinaire, l’anime brise tout espoir d’élans aventureux avec un épisode d’entrée on ne peut plus calme, un bon test pour dissuader les allergiques chez qui l’effet tournerait trop au soporifique. Flying Witch fait définitivement partie de la catégorie « Iyashikei », bien que peu tourné sur le contemplatif et davantage sur le charme de ses personnages, l’humour et un brin de magie pour tout de même ajouter quelques surprises le long de ses 12 épisodes.
L’effacement du supernaturel et autres explosions pourrait paraître absurde mais l’alchimie qui en ressort est bel et bien réussie. Le but ici est de montrer comment des personnes « anormales » peuvent vivre normalement et comment la magie peut côtoyer le mondain sans jamais parfaitement s'y intégrer. Le résultat de cet entrecroisement est que Flying Witch est autant un anime sur des sorcières qu’un simulateur de vie à la campagne : parfois un épisode se basera sur une journée à l’école ou une récolte dans une pommeraie, parfois nous assisterons à un sort amusant ou rencontrerons un monstre sinistre. Au final, même s’il m’est arrivé de regretter que le côté mystique ne soit pas plus présent, cela ne m’a pas empêché d’être convaincu par l’approche simple mais variée de la série.
L’anime s’avère enchanteur à plus d’un égard mais au-delà de ses caractéristiques, la réussite de Flying Witch vient avant tout d’un aspect tranche de vie finement exécuté. Les différents personnages qui s’insèrent dans le quotidien de Makoto sont particulièrement attachants : tous sont sympathiques (chose rare), chacun des principaux rôles apportent une dose d’humour agréable et/ou une présence chaleureuse. Au fil des multiples rencontres, la série se remplit et crée un monde franchement affectueux. Petit détail quasi-novateur pour ce genre de série Flying Witch donne enfin un rôle principal à une figure masculine, qui surprise !... s’intègre naturellement dans le casting. Voilà qui fait plaisir.
Les compliments ne s’arrêtent pas là : l’adaptation des gags est, comme le reste, faite de manière compétente, les musiques collent et aident à créer une atmosphère d’évasion, tout comme l’aspect visuel qui est solide, que ce soit dans ses décors champêtres ou dans le chara-design, car oui même si c’est peu avouable la beauté des dames est un plus indéniable, bien que concernant certains angles de caméra sur la jeune Chinatsu je ne sais pas trop quoi penser...
... Bref Flying Witch a tout pour nous offrir une escapade gentillette et hormis l’un ou l’autre épisode un peu plus faible (le cinquième pour ma part), il est difficile de ne pas être séduit par ses rencontres plaisantes, ses éléments fantastiques et ses séquences amusantes. Même si l’oeuvre excelle surtout par son manque de défauts plus que par une véritable marque d’excellence, cela n’enlève rien au plaisir immense de l’avoir regardé et mon estime à son égard perdurera certainement avec le temps, dans l’attente d’un éventuel retour espérons-le.