Fervent lecteur de Robert Merle, j'ai dévoré les treize tomes de Fortune de France avec gourmandise en mes vertes années.
Plus récemment j'ai lu l'excellent livre de son fils Olivier Merle "L'avers et le revers" présentant l'intrigue du premier tome du point de vue de Miroul.
J'ai rêvé longtemps d'une adaptation pour le grand écran.... et là le rêve devient cauchemar.
Narration désuete, jeu des acteurs empesé, tout vire à la caricature ou à l'ennui. D'une fresque livresque héroïque cette série en fait une farce sordide où les anachronismes sont légion. Quand on sait le soin documentaire auquel se livrait Robert Merle avant d'écrire, ce travail bâclé en devient une trahison insensée.
Les gens de Mespech sont ravalés à du décor alors que La Maligou, Coulondre bras de fer, J̌onas le carrier, Barberine, campaient des moments inoubliables de drôlerie et de solidarité dans les livres.
La belle histoire de fratrie entre les deux Jean ( Sauveterre et Siorac) est présentée bien trop rapidement quand le prologue s'attarde sur un bûcher qu'on n'en finit pas de filmer.
Enfin, sur les dialogues aucun travail n'a été fourni pour tenter de rendre hommage à l'immense inventivité de la plume de Merle qui a su mettre en valeur une langue sublime émaillée de termes inoubliables de vieux francais. Bref ne perdez pas votre temps devant cette série pour " sotte caillette" et allez vous "ococouler" dans les pages de Fortune de France jusqu'à la pique du jour avec violente amour.