Frieren: Beyond Journey's End 2
8
Frieren: Beyond Journey's End 2

Anime (mangas) NTV (2026)

Je ne crois plus au temps depuis que ton sourire a fait battre mon cœur comme pour 1000 ans

La saison 2 de Sousou no Frieren s’inscrit, comme la production et le matériel d’adaptation le laissaient supposer, en totale continuité avec la première saison. Je ne reviendrai donc pas en détail sur ce qui fait de Frieren une des œuvres majeures de la fantaisie et un monument de mon voyage imaginaire. J’y ai déjà consacré vingt mille mots répartis en 3 critiques faute de limite de caractères imposée par SensCritique. Je vous renvoie donc vers ces critiques (Partie 1, Partie 2 et Partie 3) si vous souhaitez un avis un peu plus complet sur l’œuvre. Avec cette critique je ne souhaite que relever humblement et sans réel plan les différents points qui ont porté mon intérêt au cours des 10 merveilleux (et trop peu nombreux pour garantir ma satiété) épisodes offerts en ce début d’année.


Premièrement, toujours heureux de voir la symbolique de la fleur (métaphore de la beauté de l’instant présent) perdurer notamment dans le générique. Le pétale bleu vu un peu plus tard dans le générique représente Himmel et montre qu’il n’a représenté qu’un instant dans la vie de Frieren mais que cet instant compte particulièrement, mais sans résumer Frieren. La vie est alors un champ de fleurs dont il faut chérir chacune des couleurs. Durant la série même on le voit très bien avec la beauté du paysage du dernier épisode, impossible à contempler par le passé, détruit (barrière ou non) dans le futur et qu’on ne peut réellement admirer que dans l’instant présent et chérir ce souvenir.


Si l’idée d’une avancée inarrêtable autour d’un décor qui évolue revient dans le générique, je constate qu’elle trouve ses plus belles représentations au fil des épisodes. Le plus flagrant se trouve dans le dernier épisode où on nous montre que le temps a permis de reconstruire le village. Comme dit dans ma critique précédente, cette idée fait écho à la philosophie de « la beauté du voyage surpasse le but » qui construit la série et qu’on observe un peu partout le long des épisodes, des chercheurs de piquette au bonheur inattendu d’un paysage lors d’une quête de source chaude.


La saison 2 incorpore également des idées nouvelles, comme tous ces sous-textes sur l’écrit qui échoue à représenter le passé et surtout de manière objective. Que ce soit de manière voulue (la piquette) ou non voulue (le livre d’Himmel qui parle plus de choses « non héroïques » dans son voyage là où un historien attendrait plus des explications géopolitiques). L’idée n’est pas entièrement nouvelle et on retrouvait déjà des prémices de celles-ci dans la saison 1 avec les faux grimoires de Flamme, mais elle est ici tellement importante qu’elle devient la thématique du générique de fin, toujours chanté par la talentueuse Milet. Le trait grossier du dessin prenant alors, à mon sens l’image d’un souvenir dont on ne peut à la lecture qu’effleurer la réalité perçue par l’écrivain.


J’aime toujours autant la façon dont se construit l’univers autour de la série. Parfois assez brut de décoffrage comme pour le Héros du sud (mais on y reviendra plus tard), parfois plus subtile avec des personnages avouant eux-mêmes n’avoir « aucune idée » à propos d’un élément de construction. Il y a d’ailleurs quelque chose d’amusant, étant donné que la première saison était très évasive sur son lore, on se laisse surprendre sur la révélation des Terres d’or qui ont été introduites par brides d’informations à plusieurs endroits de la série. Dans la construction de l’univers je trouve ça assez amusant que les démons voient les êtres humains comme des animaux dont les comportements doivent être étudiés mais pas forcément expliqués. Pour finir j’aimerai aussi aborder la continuité de la philosophie qui fait l’éloge de la magie comme un ensemble de possibilité à explorer plus que comme un outil permettant d’accomplir une tâche, démontré avec le défi présenté par la brume. Une magie dont on nous expose clairement les limites, parfois de manière grossière quand on nous dit que la magie de vol ne passe pas alors qu’on a déjà vu Fern s’est déjà élevée suffisamment haut pour ne pas ressentir les effets du vent mais bref. On met également en avant l’identité des gens des plateaux pour montrer que l’enracinement géographique les définit et dépasse la raison.


Mais la beauté de Sousou no Frieren réside avant tout dans ses personnages, et on peut dire que cette saison 2 nous gâte particulièrement à ce niveau. C’est notamment le cas de Stark qui est beaucoup plus mis en avant notamment au travers des combats dont il a été assez régulièrement absent pendant un moment notamment à cause de l’arc tournoi de magie. (Même si le moment où il arrive à marcher avec la colonne perforée m’a laissé quelque peu perplexe). Mais Stark est également mis en avant pour son intelligence émotionnelle, comme il le montre en décidant de rester avec Genau pour le protéger. Cette mise en avant est également source de modification pour Fern. On a même le droit à un rendez-vous entre les deux qui changera son comportement. Malgré l’échec, elle en ressortira adoucie et touchée par les efforts de Starks, ce qui conduira à un caractère moins froid, et même des passages de synergie émotionnelle (quand elle et Stark avouent craindre de partir à la chasse) là où elle avait plus tendance à se refermer et à se construire en contradiction par rapport à Stark dans le passé.


Dans la poursuite du schéma mis en place par la saison 1, Frieren est de plus en plus en retrait de l’histoire. L’envie de se détacher d’elle est d’ailleurs répété durant le rendez-vous entre Stark et Fern où cette dernière exprime l’envie de se construire un peu plus sans elle. L’elfe est aussi bien moins active durant les combats (chose logique si on veut un semblant de difficulté), prétextant une forme d’apprentissage pour Fern et Stark pour ne pas intervenir. De plus elle est également (comme dans la saison 1) descendue de son piédestal d’elfe/protagoniste plusieurs fois durant les 10 épisodes, notamment en finissant en prison, en pleurant comme une enfant ou en se faisant traiter comme une petite fille par Methode ; et c’est sans parler de tous ses défauts évoqués durant la critique précédente. Himmel poursuit également son processus de désanctification, comme la présence du Héros du sud qui vient remettre en question sa force, mais comme vu précédemment, ce processus le rend au final plus humain et plus héroïque comme on le voit avec les réflexions autour des récompenses.


Quelque chose que je n’ai pas assez appuyer dans ma critique précédente est les qualités d’animation et de réalisation qui concernent l’œuvre. Tout ce que j’explique est merveilleusement bien illustré mais surtout trouve un appui des thématiques dans la question de l’image et du mouvement, qui font sans doute de Frieren l’une des meilleures adaptations jamais réalisées.


Pour conclure, j’aimerai parler du Carnet d’Himmel, qui concentre à peu près toutes les thématiques évoquées précédemment. A première vue, il semble futile et à côté de la plaque. Mais quand on se penche réellement sur ce qui est écrit, on se rend compte qu’il y est décrit une réalité d’une beauté insoupçonnée qui n’a rien de grandiose, de parfait ou d’impactant. Pourtant ce sont tous ces petits moments qui, à l’instar des pétales, offrent à notre rétine des décors extraordinaires, colorés et idylliques, sont la raison même de notre passage sur cette terre.


« Maintenant on voyage à l’œil »

[…]

« La tristesse sur ton visage ne peut s’inventer et ne se feint pas »

Créée

le 6 avr. 2026

Critique lue 38 fois

Lordlyonor

Écrit par

Critique lue 38 fois

3
3

D'autres avis sur Frieren: Beyond Journey's End 2

Frieren: Beyond Journey's End 2

Frieren: Beyond Journey's End 2

10

Lordlyonor

285 critiques

Je ne crois plus au temps depuis que ton sourire a fait battre mon cœur comme pour 1000 ans

La saison 2 de Sousou no Frieren s’inscrit, comme la production et le matériel d’adaptation le laissaient supposer, en totale continuité avec la première saison. Je ne reviendrai donc pas en détail...

le 6 avr. 2026

Frieren: Beyond Journey's End 2

Frieren: Beyond Journey's End 2

7

Sofian_DeRochdi

1792 critiques

Critique de Frieren: Beyond Journey's End 2 par Sofian DeRochdi

Bon, il était temps. J’ai vu Frieren Saison 2 et je vous donne mon avis sans spoils. Frieren, Fern et Stark poursuivent leurs aventures vers de nouvelles contrées, le Plateau du Nord. La première...

le 7 avr. 2026

Frieren: Beyond Journey's End 2

Frieren: Beyond Journey's End 2

5

Odin

74 critiques

Critique de Frieren: Beyond Journey's End 2 par Odin

Déjà pas vraiment convaincu par la première saison, qui m'avait laissé assez froid, je me suis lancé dans cette deuxième saison, espérant sans doute que ça allait décoller (spoiler : non).Résumé de...

le 3 juin 2026

Du même critique

Jojo Rabbit

Jojo Rabbit

9

Lordlyonor

285 critiques

L'amour, c'est gagner la guerre, sans commencer la guerre.

Citation de Charles de Leusse Je spiole Après un drame dans un film sur la première guerre mondiale, attaquons nous à la comédie de la suivante. Bon forcément avec ce scénario complètement...

le 29 janv. 2020

Joker

Joker

9

Lordlyonor

285 critiques

C'est beau la folie putain J'ai enfin plus peur de m'ennuyer

Titre extrait de "C'est Beau La Folie" de Lomepal Je spoile Bon on s'attaque à du lourd parce que Le Joker est sans aucun doute le meilleur film de 2019 -"Mais Lyo y'a 20 jours tu nous disais que...

le 9 oct. 2019

Play

Play

8

Lordlyonor

285 critiques

Réaliser cent utopies pour que les espoirs dépassent enfin la nostalgie

Citation de D. Wynot C'est moi ou ce film vous fait pas penser à Casseurs Flowters , Des histoires à raconter ? Commençons 2020 avec un film que je ne voulais pas voir à la base, la bande annonce...

le 1 janv. 2020